Traitement de l’hépatite B : la fin de l’histoire ?

Pr Philippe Sogni
En 1992, Francis Fukuyama publiait son livre célèbre intitulé « la fin de l’Histoire et le dernier homme ». La thèse de ce livre était que l’Histoire arrivait à un point d’arrêt en raison de la fin de la guerre froide et d’un consensus mondial sur une démocratie libérale. On sait depuis ce qu’il advint de ce concept…
Pour le traitement de l’hépatite chronique B, on pourrait également penser que l’Histoire pourrait s’arrêter là : deux molécules de 2° génération sont disponibles, l’entécavir et le ténofovir. Ces 2 molécules sont facilement utilisables. Elles ont une grande efficacité virologique puisqu’à 1 an, 9 patients AgHBe négatif sur 10 ont négativé leur charge virale. Elles ont une barrière génétique élevée.
En fait les choses ne sont pas si simples. D’abord qui faut-il traiter ? Les recommandations 2008 de l’EASL clarifient ce point, en donnant un seuil de charge virale B à 2.000 UI associé à une maladie du foie significative pour décider d’un traitement. Pour l’instant la PBH est la méthode de référence puisque les tests non-invasifs de fibrose restent, dans cette indication, en cours d’évaluation. En revanche, nos schémas actuels n’incluent pas encore les données asiatiques, certes critiquables, qui montrent une association nette entre multiplication virale et risque de carcinome hépato-cellulaire quelque soit le degré d’atteinte hépatique. Ensuite, quels sont les risques à très long terme de ces traitements ? Les données de tolérance pour ces durées ne sont pas connues et les risques de mutation de résistance en monothérapie non plus. Enfin, quel traitement universel ? Le prix de ces molécules ne permet pas pour l’instant d’envisager une couverture maximale dans les pays en voie de développement où le besoin serait le plus grand.
Finalement, la vaccination universelle contre le virus B reste sans doute la méthode qui permettrait le plus de se rapprocher de la fin de l’Histoire…
Pr Philippe Sogni
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