Efficacité de l’entécavir chez les patients naïfs de nucléosides : résultats d’une étude de cohorte rétrospective
Interview du Pr Pietro Lampertico
(Milan, Italie)
Pr Lampertico, vous présentez une étude rétrospective ayant inclus près de 200 patients avec une hépatite chronique B, naïfs de nucléosides pour recevoir de l’entécavir 0,5 mg/j sur une période de suivi d’un an (2007-2008). Quels étaient les principaux objectifs de cette étude ?
Nous avions deux objectifs principaux : d’une part, vérifier que dans des conditions de pratique médicale courante, les résultats obtenus sont comparables à ceux rapportés dans les études d’enregistrement et, d’autre part, évaluer l’impact des mutations présentes à l’inclusion sur la réponse virologique. Sur le premier point, la réponse est positive puisque le pourcentage de patients avec un ADN-VHB indétectable à moins de 12 UI/l est de 89 % à S48 avec un profil de tolérance très satisfaisant (seulement 5 % de sorties d’essai). La normalisation des ALAT est obtenue chez 82 % des patients à S48.
Avez-vous mis en évidence un impact des mutations présentes à l’inclusion sur la réponse virologique ? Quels sont les facteurs susceptibles d’impacter cette réponse virologique ?
Globalement, 20 % des patients étaient porteurs de souches mutées à l’inclusion dans l’étude (181, 202, 204, 250) - correspondant à des variants minoritaires - et une réponse virologique à S48 a été obtenue chez 88 % de ces patients (contre 90 % pour les souches de type sauvage). Parmi les facteurs impactant la réponse, on retient la positivité de l'AgHBe (65 % de réponse virologique à S48 vs 95 % en cas d’AgHBe- ; p<0,0001), et le niveau de charge virale à l’inclusion (92 % de réponse en cas d’ADN-VHB initial < 8 log10 copies/ml vs 75 % si > 8 log10 copies/ml ; p<0,0001). Chez 3 patients ne présentant pas de mutations à l’inclusion et avec une charge virale demeurée détectable (réponse partielle), un génotypage réalisé à M6 et à M12 n’a pas montré d’apparition de mutations de résistance. Au total, la réalisation d’un test génotypique de résistance n’apparaît pas nécessaire chez les patients naïfs de nucléosides avant la mise sous entécavir.
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