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Pr Philippe Sogni

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Rédacteurs
Pr Philippe Mathurin
Dr Arnaud Pauwels
Dr Stéphane Chevaliez
Dr Jean-Philippe Madiou

Coordinateur
Pr Philippe Sogni

Webmaster
Arnaud Lacaze-Masmonteil pour Edimark Santé


 

Sorafénib et récidive du carcinome hépatocellulaire après transplantation hépatique

Interview du Dr Sébastien Dharancy
(CHU Lille)

Sébastien Dharancy a coordonné un travail multicentrique français (résumé n° 3) afin d’évaluer la tolérance et d’obtenir des résultats préliminaires de l’effet du Sorafénib dans la récidive du carcinome hépatocellulaire après transplantation hépatique.

Pourriez-vous nous préciser le rationnel de votre étude ?
Une étude récente (étude Sharp) publiée  dans le New England Journal of Medicine (Llovet et al.) a démontré l’efficacité du sorafénib, un inhibiteur multikinase, dans le carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé. Dix à 20% des patients transplantés pour un carcinome hépatocellulaire présentent une récidive dans les 5 années suivant la transplantation hépatique. Cette récidive survient dans 80 % des cas dans les 2 ans et est, le plus souvent, d’emblée métastatique. Chez ces patients on ne dispose actuellement d’aucune molécule permettant d’améliorer la survie. L’objectif de notre étude a été de tester la tolérance du sorafénib et d’obtenir des données préliminaires sur son efficacité à l’aide des critères RECIST.

Quels sont les principaux résultats de votre étude ?
14 patients transplantés pour un carinome hépatocellulaire avec une récidive tumorale ont été traités par sorafénib. Nous avons comparé ces patients à des patients cirrhotiques non transplantés ayant été traités par sorafénib pour un carcinome hépatocellulaire avancé. La durée moyenne de traitement par sorafénib était de 122 jours dans le groupe transplanté et de 183 jours dans le groupe non-transplantés (ns). Une interruption du sorafénib a été nécessaire chez 36% des transplantés et 31% des cirrhotiques (ns). Cependant, une réduction de la dose a été plus souvent nécessaire chez les transplantés (45% vs 0% ; p=0,04), et seuls 30% des transplantés ont été traités à pleine dose. La toxicité cutanée était plus fréquente chez les transplantés et semblait exacerbée par la prescription conjointe d’inhibiteurs de mTor.

Critères RECIST

Transplantés
n=9

Non-transplantés
n=9

p

Réponse complète
(disparition des lésions)

0

0

na

Réponse partielle
(au moins diminution de 30%)

0

0

Maladie stable

4/9 (45%)

8/9 (89%)

0.05

Maladie en progression
(au moins 20 % d’augmentation)

5/9 (55%)

1/9 (11%)

Quelles perspectives envisagez-vous ?

Ce travail souligne que le sorafénib peut être utilisé chez les patients transplantés. Cependant, une adaptation de la posologie est nécessaire en raison probablement d’interaction médicamenteuse chez ces patients poly-médicamentés. Une étude randomisée avec un effectif important et donc une puissance statistique suffisante, est nécessaire pour démontrer le bénéfice de l’utilisation du sorafénib chez les patients ayant une récidive tumorale après la transplantation hépatique.



Ceci est un compte-rendu de congrès dont l'objectif est de fournir des informations sur l'état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par la commission d'autorisation de mise sur le marché de l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) et ne doivent donc pas être mises en pratique.
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