Election day : quelle nouvelle molécule antiVHC
sera l’heureuse élue ?

Pr Philippe Sogni
En ce jour du 4 novembre 2008, l’élection présidentielle américaine va peut-être élire, pour la première fois, un noir qui passe aux yeux de bon nombre d’Américains pour un dangereux socialiste, et qui serait apparemment élu haut la main par les Français. Les congressistes restent pourtant concentrés en ce dernier jour de l’AASLD à San Francisco. Ils se demandent s'ils pourront répondre à la question que tous vont leur poser au retour, leurs collègues restés là-bas, comme les patients à qui ils ont dit fièrement qu’ils allaient aux Amériques : « Alors quelle nouvelle molécule pour l’hépatite C ? »
La réponse est pour l’instant : aucune, les études continuent. En effet, même si les études de phase III débutent pour au moins deux molécules (le télaprévir et le bocéprévir), les autres molécules sont encore à des phases précoces de développement et, au mieux, des phases II ont été rapportées à ce congrès pour les inhibiteurs de protéases ou de polymérases. Les hépatologues ont appris à être prudents avec les effets d’annonce pour ces produits, tant les poubelles sont remplies de molécules prometteuses… mais en définitive pas tant que celà. Finalement, l’optimisation du traitement interféron-pégylé + ribavirine qui guérit une fois sur deux, qui diminue les risques de décompensation et de carcinome hépatocellulaire et qui peut entrainer une régression de la cirrhose, reste à l’ordre du jour. La politique irait-elle plus vite que la science ?
Pr Philippe Sogni
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