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On se met sur son trente et un ! Les paris sont ouverts ! Trente et un ! TRENTE ET UN ! 31 travaux originaux, prospectifs, pratiquement tous randomisés, multicentriques, internationaux, sont présentés en vedette, en seulement trois jours au congrès de l’ACC. Dans les séances gigantesques au décor rococo (très moche), c’est un festival de « Late-Breaking Clinical Trials » (« laitebréqueurze » pour faire short et in tout aussi laid). Lundi, feu d’artifices avec seize « granzéçais ». Mardi, relâchement avant récupération, avec une petite journée à cinq. Dans l’intervalle, quelques milliers de présentations n’auront pas les honneurs et le retentissement de ces présentations courues. Elles sont loin d’être inintéressantes.
Il semble quand même que les nourritures (intellectuelles) de l’ACC vont être un peu lourdes à digérer. Il y a des plats fins et beaucoup de mauvais plats. La première journée (dix) est faite d’amuse-bouches un peu insipides (Pre-RELAX-AHF, stimulation électrique des gènes myocardiques), de plat réchauffé (HF-ACTION déjà consommé au congrès de l’AHA 2008). On nous sert aussi les plats classiques, rituels et pas meilleurs pour autant (AOMI traitée par des injections d’une nouvelle sauce pleine de virus et encore une nouvelle méthode, un nouveau score de « kikéarisque »). Il y a les plats bizarres du genre « C’est quelque chose, mais quoi ? » (l’Eprotirome) et le plat auquel personne ne va toucher (SPECT Pilot Study). Il nous reste heureusement quelques plats pour le palais (STICH, JUPITER, PRIMA).
Le plus amusant maintenant, c’est de parier sur les conclusions de ces trois études avant d’en lire les résultats. Dans une autre vie cardiologique, on a bien fait réséquer de volumineux anévrysmes ventriculaires, convaincus du bien-fondé de cette reconstruction ventriculaire. Certains nous ont même répété que la réduction ventriculaire chirurgicale transformait radicalement (en bien, évidemment) la vie des insuffisants cardiaques. Tout cela méritait quand même une petite évaluation rigoureuse. C’est fait (ou à peu près) avec l’étude STICH. Alors, vous pariez sur quelle chirurgie pour améliorer les insuffisants cardiaques par dysfonction systolique ventriculaire gauche d’origine ischémique : pontage seul, pontage et réduction ventriculaire, ni l’un ni l’autre. On vous aide : « ni l’un ni l’autre » n’est pas (encore) une réponse. Attention, nous cherchons maintenant une classe médicamenteuse. Vous êtes prêts ? Top ! On me dit vasodilatateur, anti-agrégant plaquettaire, fibrinolytique, anti-inflammatoire, antioxydant, hypocholestérolémiant. Je suis… Je suis une… statine ! Après JUPITER, je suis peut-être aussi antithrombotique veineux ? Qui parie ? Enfin, avec PRIMA, vous jouez le BNP ou la clinique pour adapter le traitement de l’insuffisance cardiaque ?

Au fait, tout le monde sait ce qu’on veut dire par « se mettre sur son trente et un », mais qui en connaît l’origine ? Cherchez bien, vous ne trouverez pas d’explication définitive. À l’ACC 2009, non plus, il n’y aura pas d’explications définitives à tout. Heureusement !
Jean-Philippe Kevorkian
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