« Am I number 12? »
Le 20e congrès de l’APSL (Asian Pacific Association for the Study of the Liver) ouvre ses portes à Pékin du 25 au 28 mars 2010. Il accueille cette année environ 4 000 participants de tous les pays du monde. La grande majorité des communications est en rapport avec l’hépatite B. Avec 350 millions de porteurs chroniques dans le monde, soit environ 5 % de la population mondiale, le virus de l’hépatite B (VHB) représente un problème majeur de santé publique. La mortalité de l’hépatite B est en grande partie liée au risque de développer une cirrhose associée à la survenue d’un carcinome hépatocellulaire (CHC), responsable de plus de un million de morts par an au niveau mondial. Le CHC est l'un des cancers les plus fréquents dans le monde (et particulièrement en Asie et en Afrique) et le VHB en est la cause dans 75 % des cas. Environ 75 % des porteurs chroniques du VHB vivent dans la région Asie Pacifique et, concernant la Chine, on estime qu’il y a 93 millions de porteurs chroniques et approximativement 280 000 décès liés au VHB par an. A titre de comparaison, en France, il y a environ 350 000 porteurs chroniques du VHB, et 1 500 décès par an imputables au VHB.
Le traitement de l’hépatite chronique B a nettement progressé au cours des dernières années. Plusieurs molécules sont actuellement disponibles : l’interféron pégylé (IFN-PEG), la lamivudine, l’adéfovir, l’entécavir, la telbivudine et le ténofovir. Chaque traitement a des avantages et des inconvénients. L’IFN-PEG peut induire une réponse virologique après une durée d’administration limitée. Cependant, ce traitement est efficace chez une minorité de patients et entraîne de nombreux effets secondaires. Les analogues nucléosidiques ou nucléotidiques ont l’avantage d’être administrés par voie orale avec une bonne tolérance, de présenter une forte efficacité antivirale et un bon profil de résistance. L’efficacité de la lamivudine est limitée par l’émergence de virus résistants. L’incidence de la résistance à l’adéfovir est faible, mais son efficacité antivirale n’est pas optimale. L’entécavir présente une efficacité antivirale accrue, avec un profil de tolérance favorable et un taux d’incidence de la résistance très faible à long terme (6 ans). La telbivudine semble avoir une efficacité antivirale supérieure et un taux de résistance inférieure à la lamivudine, mais son taux de résistance reste sensiblement supérieur aux autres thérapies disponibles. Le ténofovir possède un profil de résistance et une efficacité antivirale supérieurs à l’adéfovir.
Le 19 mai 2010 aura lieu la Journée mondiale pour les hépatites ("Am I number 12?") où l’accent sera mis sur l’importance de la vaccination, du dépistage et des traitements. Il y a environ 350 millions de porteurs chroniques du VHB et 170 millions de porteurs du VHC dans le monde, soit environ 520 millions parmi 6,8 milliards d’habitants : ainsi, une personne sur 12 dans le monde est porteuse d’une hépatite (B ou C).
Tarik Asselah
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