Zai jian Beijing, ni hao Bangkok
Ainsi s’achève cette 20e conférence de l’APASL. Comme toutes les précédentes, cette édition aura été dominée par l’hépatite B et ses complications, carcinome hépatocellulaire en tête. Dans cette partie du monde, l’infection par le VHB est un fléau majeur. Sur les 350 millions de porteurs chroniques du VHB dans le monde, 75 % vivent dans la région Asie-Pacifique, dont près de la moitié en Chine ! Plus de 250 000 Chinois meurent chaque année des conséquences de cette infection. Alors comment faire face à un problème aussi démesuré ?
Dans le domaine de la santé publique, comme dans beaucoup d’autres domaines, le pragmatisme de la Chine vient interroger notre modèle occidental. En France, le processus de décision est souvent long car il faut obtenir l’aval de tout le monde (culture du consensus oblige), ensuite on fait, mais souvent tout aussi lentement en vertu du respect d’un grand nombre de règlements. On a le sentiment – et même la certitude – que, en Chine, les choses se passent différemment. Ce serait plutôt : d’abord on prend les décisions (c’est l’apanage d’une élite), ensuite on fait des discours pour les expliquer. Et, pour l’hépatite B, la Chine a fait le choix de la vaccination universelle. Toutes les communications auxquelles nous avons assisté durant cette conférence étaient bien intéressantes, mais pour l’Empire du Milieu, où seuls quelques happy few peuvent bénéficier des traitements antiviraux, cela reste anecdotique. En 2006, le gouvernement chinois a donc mis en place un programme national de prévention de l’hépatite B. La vaccination est ainsi devenue gratuite pour tous les enfants. Aujourd’hui, selon les autorités, le taux de vaccination à la naissance serait supérieur à 99 % pour la région de Pékin. Nul doute que ce chiffre soit trop beau pour être vrai. Mais il y a fort à parier que, en comparaison avec la couverture vaccinale des nourrissons français, la différence puisse être statistiquement significative.
Le message, c’est que les traitements antiviraux c’est formidable quand on a les moyens de les offrir aux malades d’aujourd’hui. Mais que la vaccination c’est encore mieux pour s’éviter d’être malade demain. Que ce soit la Chine qui nous le dise, c’est Louis Pasteur qui doit se retourner dans sa tombe !
Arnaud Pauwels
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