TRAITEMENT DE L’HÉPATITE B
Efficacité et tolérance à 2 ans du ténofovir disoproxil fumarate (TDF) chez des patients cirrhotiques infectés par le VHB
Evolution de l’élasticité hépatique sous entécavir dans l’hépatite B chronique
Résultats d’une étude observationnelle italienne : 95 % d’indétectabilité obtenue sous entécavir à S 72
Tolérance du ténofovir dans l’hépatite chronique B, AgHBe négatif ou positif : résultats à S 96
TRAITEMENT DE L’HÉPATITE C
Evaluation de l’élasticité hépatique pendant et après PEG-IFN alpha-RBV dans l’hépatite C chronique
L’élasticité hépatique est-elle un marqueur adapté de régression de cirrhose dans l’hépatite C traitée ?
COMPLICATIONS DE L’INFECTION À VHC
Hépatite C et mortalité cérébro-vasculaire
CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE
Le score de CHILD influence-t-il la tolérance du Sorafenib ?
Efficacité et tolérance du Sorafenib: sous-analyse de l’étude SHARP selon le stade BCLC (Barcelone Clinic Liver Cancer).
TRAITEMENTS DE LA NASH
AUDC forte dose dans la NASH : étude multicentrique, randomisée, contrôlée.
NASH et rosiglitazone : quelle efficacité à long terme ?
CIRRHOSE ET COMPLICATIONS
Des marqueurs non-invasifs prédictifs de la survenue de varices oesophagiennes
TRAITEMENT DE L’HÉPATITE B
Efficacité et tolérance à 2 ans du ténofovir disoproxil fumarate (TDF) chez des patients cirrhotiques infectés par le VHB
Buti et al. - Abstract 21
Quatre-vingt-un patients cirrhotiques parmi les 426 patients inclus dans les études de phase 2 (étude 0102 chez les patients AgHBe-positif et étude 0103 chez les patients AgHBe-négatif) ont reçu 300 mg de TDF pendant 96 semaines dans le cadre de deux sous-études de phase 3, GS-173-0102 et GS-174-0103.
Chez la grande majorité des patients (respectivement 85% et 83%, analyse en intention de traiter), l’ADN du VHB était indétectable (<400 copies/mL, soit 69 UI/mL), et l’activité sérique des transaminases était normale (<30 U/L). Parmi les patients AgHBe-positifs, 31% avaient seroconverti dans le système e, avec apparition d’anticorps anti-HBe. Des anticorps anti-HBs étaient présents chez 2 patients infectés par un VHB de génotype D. La tolérance du TDF ne différait pas de celle rapportée chez les patients non cirrhotiques. Aucune toxicité rénale (augmentation supérieure à 0,5 mg/dL de la créatinine ou clairance de la créatinine < 50 mL.min-1) n’a été observée.
Au total, l’efficacité et la tolérance du ténofovir sont satisfaisantes et ne sont pas différentes chez le patient cirrhotique et le patient non cirrhotique.
Dr Stéphane Chevaliez
Evolution de l’élasticité hépatique sous entécavir dans l’hépatite B chronique
M. Vigano et al. Poster 382
Dans cette étude, l’élasticité hépatique a été évaluée par FibroScan à l’initiation et au cours du traitement par entécavir (0,5 mg/jour) chez 103 patients avec hépatite chronique B (âge médian à 57 ans, 70 % d’hommes, 73 % avec AgHBe négatif, 41 % de cirrhoses). A l’inclusion, les valeurs médianes de l’élasticité étaient de 10 kPa (extrêmes 4 à 65) et étaient significativement plus élevées chez les patients cirrhotiques (13,5 vs 8,1 kPa ; p<0,0001), avec une association avec le niveau des ALAT (r=0,33 ; p<0,0001). Après une période de 6 à 18 mois de traitement (médiane de 12 mois), 92 % des patients présentaient une CV ADN-VHB indétectable et des ALAT normales. Un suivi de l’élasticité était disponible pour 103 patients, avec une diminution globale de 3,5 kPa (extrêmes 0,4 à 37)(Figure). Les valeurs sont passées sous traitement de 13,5 à 9 kPa chez les patients cirrhotiques et de 8,1 à 5,3 kPa chez les non-cirrhotiques (p<0,0001). Près de 50 % (48 %) des patients présentent une diminution de l’élasticité de plus de 30 % et un niveau inférieur à 12,5 kPa a été obtenu chez 69 % des patients au cours de 12 mois de traitement.

Figure : évolution de l’élasticité hépatique
au cours du traitement par entécavir
Dr Jean Philippe Madiou
Résultats d’une étude observationnelle italienne : 95 % d’indétectabilité obtenue sous entécavir à S 72
P. Lampertico et al. Poster 916
Présentation en poster des résultats d’une étude observationnelle Italienne (11 Centres) ayant inclus 272 patients présentant une hépatite chronique B et naïfs de traitement qui ont reçu de l’entécavir (0,5 mg/jour) sur une durée moyenne de 16 mois. L’âge moyen était de 58 ans, avec 74 % d’hommes, 84 % de patients avec AgHBe négatif et 49 % de cirrhotiques. La fonction hépatique et l’ADN-VHB ont été mesurés tous les 3 mois et la résistance évaluée à l’inclusion et tous les 6 mois. Les résultats montrent qu’aucun patient n’a présenté d’échec virologique au cours de la durée de l’étude, qu’un ADN-VHB indétectable a été obtenu à S 72 chez 95 % des patients (Figure 1) et que 85 % des patients avaient normalisé leurs ALAT à S 48. Les taux de réponse virologique sont de 100 % en cas d’ADN-VHB initial < 5 log U/ml, de 96 % avec des valeurs comprises entre 5 et 8 log U/ml et de 77 % en cas d’ADN-VHB initial > 8 log U/ml (Figure 2). L’élasticité hépatique, mesurée par FibroScan chez 73 patients, a diminué de 9,3 kPa à 7 kPa avec une diminution ≥ 2 points chez 64 % des patients.

Figure 1 : probabilité cumulée de réponse virologique (ADN-VHB < 12 U/ml) à l’entécavir entre l’inclusion et S 72

Figure 2 : probabilité cumulée de réponse virologique (ADN-VHB < 12 U/ml) à l’entécavir en fonction du niveau initial de CV ADN-VHB
Dr Jean Philippe Madiou
Tolérance du ténofovir dans l’hépatite chronique B, AgHBe négatif ou positif : résultats à S 96
(P. Marcellin et al. Poster 925)
Antirétroviral bien connu dans l’infection par le VIH, le ténofovir (TDF) dispose de moins de données de tolérance à long terme dans le traitement de l’hépatite B, d’où l’intérêt de ce poster qui présente des données à 96 semaines disponibles pour 389 patients. Il s’agit des études de phase III 102 et 103 où des patients porteurs d’une hépatite chronique B AgHBe positifs ou négatifs ont été randomisés selon un schéma 2 :1 pour recevoir en double aveugle TDF 300 mg/jour ou adéfovir (ADV) 10 mg/jour. Après 48 semaines d’étude, les patients chez qui une biopsie hépatique avait été réalisée ont pu continuer le traitement par TDF pour une durée supplémentaire de 7 ans. Les résultats sur le profil de tolérance à S 96 montrent une faible incidence des effets indésirables (EI) liés au traitement (6 %) et 5 % d’EI de grade 3 ou 4. L’incidence des EI sérieux est de 4,4 % et 0,5 % des patients (n=2) ont présenté des EI sérieux considérés comme imputables à l’administration de TDF : un spasme facial et un cas d’insuffisance rénale (pic à 1,4 mg/dl de la créatinine avec retour à 1,2 mg/dl à S 96). Les arrêts de traitement en raison de la survenue d’EI sont au nombre de 3 (0,8 %). Concernant le profil de tolérance biologique, les anomalies de grade 3-4 (incidence > 1 %) sont représentées par des glycosuries (2,8 %), une élévation de l’amylasémie (1,5 %) et du temps de prothrombine (1,8 %). Au cours de la période de suivi en ouvert, aucun patient n’a présenté une diminution de la clairance de la créatinine à moins de 50 ml/mn ou une augmentation de la créatinémie de 0,5 mg/dl. Aucune fracture n’a été attribuée à l’administration de TDF.
Dr Jean Philippe Madiou
TRAITEMENT DE L’HÉPATITE C
Evaluation de l’élasticité hépatique pendant et après PEG-IFN alpha-RBV dans l’hépatite C chronique
(C.Hezode et al. Poster 615)
Cette étude française a évalué chez 115 patients porteurs d’une hépatite C chronique (âge moyen 51,9 ans ; 43,5 % de génotypes 1 ; élasticité ≥ 7 kPa) l’évolution de l’élasticité hépatique (mesurée par élastographie) au cours d’un traitement par PEG-interféron alpha – ribavirine (105 patients traités ; 10 non traités en groupe contrôle). Cette évolution a été ensuite appréciée en fonction de la réponse virologique. Les résultats figurent dans le tableau ci-dessous.
|
Réponse virologique prolongée* – n=58 (65,2 %) |
Absence de réponse virologique prolongée – n=31 (34,8 %) |
Groupe contrôle – n=10 |
J 0 (kPa moyenne, écart type) |
13,7 (1,3) |
18,4 (2,5) |
18,7 (3,8) |
S 4 (kPa moyenne, écart type) |
12,0 (1,3) |
15,0 (1,5) |
19,5 (3,8) |
S 12 (kPa moyenne, écart type) |
11,5 (1,2) |
16,1 (2,1) |
18,6 (3,4) |
S 24 (kPa moyenne, écart type) |
12,4 (1,4) |
15,9 (1,9) |
18,5 (3,3) |
Suivi à partir de S 24 (kPa moyenne, écart type) |
10,0 (1,0) |
16,4 (2,2) |
24,4 (6,3) |
* ARN-VHC < 12 UI/ml à la fin de la période de suivi
Tableau : dynamique de l’élasticité hépatique en fonction de la réponse virologique chez les 89 patients avec un suivi d’au moins 6 mois après la fin du traitement
Pendant la période de traitement ( de J0 à S24), l’évolution de l’élasticité ne diffère pas significativement entre les patients ayant présenté ou non une RVP et ceux du groupe contrôle. Après S 24, ces valeurs diminuent significativement en cas de RVP (12,4 à 10,0 kPa ; p < 0,01) mais pas en absence de RVP (15,9 à 16,4 kPa ; p=0,6) ou dans le bras contrôle (18,5 à 24,4 ; p=0,22). La différence est significative (p=0,017) entre les patients avec RVP ou non. Cette amélioration de l’élasticité s’est poursuivie au cours du suivi (6 à 12 mois) en cas de RVP (10,0 à 9,4 kPa). Vu la rapidité d’évolution de la valeur de l’élasticité on peut s’interroger sur la validité de cette méthode pour évaluer l’évolution de la fibrose.
Dr Jean Philippe Madiou
L’élasticité hépatique est-elle un marqueur adapté de régression de cirrhose dans l’hépatite C traitée ?
(P. Sultanik et al. Poster 421)
Le principal objectif de cette étude française rétrospective de l’hôpital Cochin était d’évaluer l’intérêt de l’élastographie par FibroScan en tant que marqueur de la régression de la cirrhose chez des patients avec une hépatite chronique C traitée. Au total, 65 patients avec une cirrhose Child-Pugh A prouvée histologiquement ont reçu un traitement à base d’interféron et 32 ont eu une biopsie hépatique post thérapeutique. La régression de la cirrhose était définie par une diminution du score Métavir de 4 à ≤ 2.
Les résultats (Figures 1 et 2) montrent que 62 % (24/39) des non-répondeurs et 81 % (21/26) des répondeurs présentaient une élasticité hépatique ≤ 14,6 kPa. Parmi les sujets répondeurs, 7 ont une régression de la cirrhose et 9 ont une cirrhose persistante à la biopsie post thérapeutique. Tous les patients régresseurs ont une valeur du Fibroscan < 14,6kPa. Parmi les non régresseurs, 67 % (6/9) ont des valeurs ≤ 14,6 kPa. Le délai médian entre la fin du traitement et la réalisation du FibroScan était comparable entre les deux groupes et, chez les répondeurs, ce délai n’était pas différent entre les régresseurs et les non régresseurs. Les auteurs en concluent à une absence de précision diagnostique pour l’élastographie en tant que marqueur de régression de la cirrhose dans l’hépatite C chronique. La biopsie hépatique demeure l’examen de référence dans cette indication.


Figure 1 : élasticité hépatique chez les patients
présentant ou non une RVP
Figure 2 : élasticité hépatique chez les patients
présentant ou non une régression de la cirrhose
Jean Philippe Madiou
COMPLICATIONS DE L’INFECTION À VHC
Hépatite C et mortalité cérébro-vasculaire
(MH. Lee et al. Poster 406)
Etude Taiwanaise prospective ayant inclus 23 820 personnes (dont 1 313 VHC +) sur la période 1991-1992 avec suivi jusqu’en décembre 2007. Ont été recensés les décès ainsi que les décès d’origine cérébro-vasculaire avec calcul du risque après ajustement sur différents facteurs de risque : âge, sexe, tabagisme, consommation d’alcool, niveau d’éducation, IMC, taux de lipides, notion de diabète ou d’hypertension et anomalies de la fonction rénale. Les résultats montrent un taux global de mortalité de 66 /100 000 personnes.années pour les VHC négatifs et de 171 pour les pour les VHC positifs. En prenant comme comparateur le groupe des VHC négatifs, le risque de décès en analyse multivariée est de 1,36 (IC 95 % = 0,64-2,91) pour tous les patients VHC positifs et de 2,80 (IC 95 %=1,81-4,33) pour les VHC positifs avec multiplication virale (ARN-VHC positif).
Dr Jean Philippe Madiou
CARCINOME HÉPATOCELLULAIRE
Le score de CHILD influence-t-il la tolérance du Sorafenib ?
O Romano, S Cattan et al. CO abstract 66
Le Sorafenib améliore la survie chez les patients Child A avec carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé, mais sa tolérance chez les patients Child B est controversée.
Le but de cette étude prospective était d’évaluer la tolérance du Sorafenib en pratique clinique et l’influence du score de Child sur cette tolérance à l’aide d’une étude cas-contrôle. Chaque patient Child B était apparié avec 3 patients contrôles Child A pour les critères suivants : âge, score ECOG et score CLIP (associant la taille de la tumeur, le taux d’alpha-foeto-protéine et l’existence ou non d'une invasion macrovasculaire). La tolérance était évaluée par l’incidence d’effets secondaires liés au produit, les réductions de doses et l’évolution du score de Child.
Entre mars 2007 et octobre 2008, 120 patients ont été inclus. La répartition selon le score CLIP était la suivante : 46% avaient un score 0-1, 47% un score 2-3 et 7% un score 4. Il s’agissait majoritairement d’hommes (90%), d’âge moyen 64 ans. L’étiologie de la cirrhose était alcoolique dans 71% des cas. Dans 1/3 des cas, il s’agissait d’une récidive du CHC après un premier traitement et 18 patients Child B (15 B7 et 3 B8) étaient appariés à 102 patients Child A.
La durée médiane de suivi était de 250 jours. La dose de Sorafenib à l’instauration du traitement était de 800 mg par jour chez 93% des patients, et la dose moyenne au 2ème mois et 6ème mois de 494 et 409 mg par jour respectivement. La survie globale était de 48% à un an. Le syndrome mains-pieds et la diarrhée étaient les effets secondaires les plus fréquents, avec un impact important sur les doses de Sorafenib reçues. Seuls 60% des patients recevaient la dose totale au 3ème mois, et 40% au 6ème. Les autres causes d’interruption de traitement étaient la fatigue (24%), la décompensation hépatique (17 %) et les complications hémorragiques (10 %). En analyse univariée, les facteurs pronostiques étaient le score de Child, le score CLIP et l’origine alcoolique de la cirrhose. En analyse multivariée, seul le score de Child restait significatif.
L’étude cas-contrôle montrait que les groupes (Child A et Child B) étaient comparables en terme d’âge, de score ECOG PS pour l’état général, et de score CLIP pour les caractéristiques tumorales. La tolérance était comparable dans les 2 groupes (tableau). La survie globale à 1 an était statistiquement supérieure chez les patients Child A (47% vs 22%, p=0,01 [Figure]).
Syndrome mains-pieds |
18,2 % |
20 % |
NS |
Diarrhée |
6 % |
15 % |
NS |
Réduction de dose |
11 % |
28 % |
NS |
Arrêt du traitement |
28 % |
35 % |
NS |
Doses Moyenne/j
M0
M3
M6
|
791
501
410
|
755
444
400
|
NS
NS
NS
|
Décompensation hépatique |
29 |
16 |
NS |
Augmentation du score de Child
à M2 |
+0,3 pt |
+1 pt |
NS |
Tableau : Tolérance

Figure : Survie globale Etude cas-contrôle Child A vs B
En conclusion, la tolérance du Sorafenib est comparable chez les patients Child A et B, mais le mauvais pronostic des patients Child B avec carcinome hépatocellulaire avancé soulève la question de l’impact du Sorafenib sur la survie dans cette population.
Dr Charlotte Costentin
Efficacité et tolérance du Sorafenib: sous-analyse de l’étude SHARP selon le stade BCLC (Barcelone Clinic Liver Cancer).
J Bruix et al. Communication orale abstract 67.
L’étude SHARP, phase III randomisée contre placebo, a montré que le Sorafenib était une option efficace et relativement bien tolerée pour la prise en charge des patients avec un carcinome hépato-cellulaire (CHC) avancé (Llovet et al. NEJM 2008). Par ailleurs, il a été démontré que la survie globale (SG) était supérieure chez les patients ayant un CHC au stade B de la classification BCLC par rapport aux patients ayant un CHC au stade C (Llovet et al. Hepatology 1999) (tableau 1). L’objectif de cette étude qui est une sous-étude SHARP, était donc de comparer l’efficacité et la tolérance du Sorafenib chez les patients ayant un CHC au stade B vs stade C de la classification BCLC.
Stade |
Performance status |
Stade tumoral |
Fonction hépatique |
Précoce |
A1 |
0 |
1 nodule < 5 cm |
HTP = 0 & bilirubine N |
A2 |
0 |
1 nodule < 5 cm |
HTP + & bilirubine N |
A3 |
0 |
1 nodule < 5 cm |
HTP + & ↑ bilirubine |
A4 |
0 |
3 nodules < 3 cm |
Child-Pugh A – B |
Intermédiaire |
B |
0 |
Multi-nodulaire |
Child-Pugh A – B |
Avancé |
C |
1 – 2* |
Invasion vasculaire ou extra-hépatique |
Child-Pugh A – B |
Terminal |
D |
3 – 4* |
Indifférent |
Child-Pugh C* |
Stades A ou B : tous les critères doivent être remplis
Stades C ou D : 1 seul de ces critères* suffit
Tableau 1 : Score BCLC
Cent cinq patients stade B (Sorafenib n=54 et placebo n=51) et 497 stade C (Sorafenib n=245 et placebo n=252) étaient randomisés pour recevoir le Sorafenib 400 mg deux fois par jour ou le placebo. Les critères étudiés étaient : la survie globale, la survie sans progression, le taux de contrôle de la maladie défini par une réponse complète ou partielle ou une stabilité de la maladie selon le RECIST, maintenue pendant 28 jours après la première mise en évidence de la réponse, ainsi que la tolérance.
Les résultats figurent dans le tableau 2. Le bénéfice du Sorafenib était comparable dans les deux groupes (stade B et C de la classification BCLC) et en accord avec les résultats observés dans la population globale de l’étude. L’incidence des effets secondaires de grade 3-4 (principalement une diarrhée et des syndromes pieds-mains) était comparable dans les deux populations et semblable à celle observée dans la population globale de l’étude.
population |
n |
survie sans progression (Sorafenib vs placebob) |
survie globale |
Sorafenib (Sor) |
Placebo
(plb) |
Médiane ( mois) |
Hazard ratio
(95 % IC) |
Médiane ( mois) |
Hazard ratio
(95% IC) |
totale |
299 |
303 |
5,5/2,8 |
0,58
(0,45-0,74) |
10,7/7,9 |
0,69
(0,55-0,87) |
BCLC stade B |
54 |
51 |
6,9/4,4 |
0,47
(0,23-0,96) |
14,5/11,4 |
0,72
(0,38-1,38) |
BCLC stade C |
245 |
252 |
4,9/2,8 |
0,59
(0,45-0,77) |
9,7/7,0 |
0,70
(0,56-0,89) |
Tableau 2 : Résultats
En conclusion, le bénéfice du Sorafenib est maintenu aux stades avancés de la maladie
Dr Charlotte Costentin
TRAITEMENTS DE LA NASH
AUDC forte dose dans la NASH : étude multicentrique, randomisée, contrôlée.
V Ratziu et al. Communication orale Abstract 47.
A ce jour, il n’y a pas de traitement efficace prouvé dans la NASH. Les traitements hépato-protecteurs visant à lutter contre l’inflammation et/ou la fibrose pourraient constituer une nouvelle approche thérapeutique. Le but de ce travail était d’évaluer l’efficacité et la tolérance de fortes doses d’acide ursodésoxycholique (AUDC) chez des patients ayant une NASH dans un essai contrôlé, randomisé en double aveugle.
Des patients ayant une NASH prouvée histologiquement et des ALAT > 50 UI/L recrutés dans 15 centres ont été randomisés pour recevoir de fortes doses d’AUDC (28-35 mg/kg/jour) ou un placebo pendant 12 mois. L’objectif primaire en terme d’efficacité était une réduction du taux d’ALT entre l’initiation du traitement et le 12ème mois. Toutes les mesures biologiques étaient centralisées.
Cent vingt six patients ont été inclus dans l’étude : 64 dans le bras placebo et 62 dans le bras AUDC fortes doses (population en intention de traiter). Il y avait 75% d’hommes, la moyenne d’âge était de 50 ans (± 12) et l’index de masse corporelle (IMC) moyen était de 30,9 kg/m2 (± 5,1). Le syndrome métabolique, l’hypertension artérielle et le diabète de type 2 étaient présents dans 40%, 32% et 35% des cas, respectivement. Après 12 mois de traitement, le taux d’ALT diminuait de - 28 ± 55% sous AUDC fortes doses versus - 2 ± 35% sous placebo (p<0,001) (Figure 1). Les ALAT se normalisaient chez 25% et 5 % des patients sous AUDC fortes doses et placebo, respectivement. (p= 0,003). Les diminutions moyennes des taux d’ASAT et de GGT étaient de -8 ± 59% et -51 ± 28%, respectivement sous AUDC fortes doses comparé au placebo où les taux moyens augmentaient de + 9 ± 37% (p<0,001) et +19 ± 48% (p<0,001), respectivement (Figure). Tous les résultats étaient confirmés en per protocole. Probablement, le résultat le plus intéressant et en tout cas inattendu est que l’AUDC à forte dose entrainait une amélioration de l’insulino-résistance. En effet, les patients traités par AUDC fortes doses avaient une diminution significative de la glycémie, de l’insulinémie et du HOMA test comparé à ceux traités par placebo (Tableau) sans différence concernant le taux de cholestérol (total, LDL, HDL), de triglycérides. Il n’y avait pas de différence concernant les variations pondérales (Tableau).
Asthénie et douleur de l’hypochondre droit étaient plus fréquemment notées à l’initiation du traitement chez les patients traités par AUDC fortes doses comparé à ceux traités par placebo ; cette différence disparaissait précocement pendant le traitement (3 mois).
Il y avait une diminution de la fibrose mesurée par Fibrotest entre M0 et M12 chez les patients ayant une fibrose significative à l’initiation du traitement traités par AUDC fortes doses de – 9,6% contrairement aux patients traités par placebo dont la fibrose progressait + 1,3% (p<0,001). Les patients traités par AUDC fortes doses ont eu plus de diarrhée, de douleurs abdominales et de désordres de la motilité intestinale que ceux traités par placebo.
En conclusion, ce travail démontre une réponse biochimique significative et marquée chez les patients ayant une NASH traités par AUDC fortes doses et suggère une amélioration symptomatique de l’asthénie et des douleurs de l’hypochondre droit sans effets secondaires significativement gênant. Une diminution de la glycémie et des marqueurs d’insulinorésistance indépendamment des variations pondérales est notée ainsi qu’une réduction des marqueurs non invasifs de fibrose.
|
AUDC fortes doses |
Placebo |
p |
Glycémie* |
- 2,2 (20) |
3,8 (24) |
0,002 |
Insulinémie* |
- 19 (39) |
0 (60) |
0,038 |
Homa test* |
- 20 (58) |
6 (83) |
0,009 |
Delta poids (kg) |
- 1, 65 (3,82) |
- 0,37 (4,14) |
0,09 (NS) |
* : % de réduction à partir de l’initiation du traitement en médiane (IQR)
Tableau : Réponse métabolique

Figure : Réponse biochimique
Dr Anaïs Vallet-Pichard
NASH et rosiglitazone : quelle efficacité à long terme ?
V Ratziu et al. Communication orale Abstract 56
Des essais de courte durée avec les glitazones donnent des résultats controversés dans la NASH. Le but de ce travail était de déterminer les effets histologiques à long terme de la rosiglitazone (RSG).
Quatre mois après avoir terminé l’essai FLIRT (essai randomisé de 1 an comparant rosiglitazone au placebo avec ponction biopsie hépatique à l’initiation du traitement M0 et à M12), 53 patients (33 hommes et 20 femmes) ont été inclus dans un essai ouvert où la rosiglitazone était donnée à la dose de 8 mg/j pendant 2 ans supplémentaires de M16 à M40. Quarante quatre patients ont fini cette phase additionnelle et 40 d’entre eux ont eu une 3ème ponction biopsie hépatique. Parmi ces 40 patients, 22 avaient reçu le placebo lors de la phase randomisée (PLB-RSG) et 18 la rosiglitazone (RSG-RSG). Quatorze des 53 patients étaient diabétiques.
Pendant les 2 ans de la phase d’extension du traitement entre M16 et M40, l’insulinémie et le HOMA test ont diminué de 26% et 30%, respectivement et les ALT de 24% sans échappement. Dans le groupe PLB-RSG la stéatose a diminué significativement après 2 ans de traitement (diminution médiane de 15%) ; dans le groupe RSG-RSG après une diminution initiale dans la 1ère année de 20%, les 2 années supplémentaires de RSG n’ont pas permis d’amélioration supplémentaire (Figure).
Dans le groupe PLB-RSG, il n’y a pas eu de changement histologique significatif entre M12 et M40 en terme de NAS score, de ballonnisation, d’inflammation intra-lobulaire, de stade de fibrose, de fibrose périsinusoidale ou d’aire de fibrose en micromorphométrie (Tableau).
Dans le groupe RSG-RSG, 2 années supplémentaires de traitement par RSG n’ont pas entrainé une amélioration additionnelle du NAS score, de la ballonnisation, de l’inflammation intra-lobulaire, du stade de fibrose, de la fibrose péri-sinusoïdale ou de l’aire de fibrose en micromorphométrie entre M12 et M40 (Tableau).
Les principaux effets secondaires étaient une prise de poids médiane de 2 kg (36% des patients ont pris plus de 3 kg), une asthénie dans 36% des cas, des crampes et une sensation de jambes lourdes dans 26% et 25% des cas, respectivement.
En conclusion, la rosiglitazone a un effet substantiel anti-stéatogénique la 1ère année de traitement sans bénéfice additionnel avec un traitement plus long. Un traitement long n’améliore pas les autres lésions hépatiques histologiques, incluant la fibrose, en dépit d’un effet bénéfique maintenu sur la sensibilité à l’insuline et les taux de transaminases. Ceci suggère que l’amélioration de la sensibilité à l’insuline ne serait pas suffisante pour améliorer les lésions histologiques hépatiques de la NASH et d’autres cibles thérapeutiques doivent être explorées.

Figure : Réduction de la stéatose
|
PLB-RSG (n=22) |
RSG-RSG (n=18) |
M0 |
M12 |
M40 |
M0 |
M12 |
M40 |
NAS score |
3,82 |
3,73 |
3,45 |
4,5 |
3,89 |
3,94 |
Ballonnisation |
0,73 |
1,05 |
1,05 |
0,67 |
0,89 |
1,22 |
Inflammation lobulaire |
1,23 |
1,1 |
1 |
1 |
1 |
1,11 |
Stade de Fibrose |
2,14 |
1,89 |
1,93 |
1,86 |
1,61 |
1,75 |
Fibrose périsinusoïdale |
1,36 |
1,27 |
1,09 |
1,17 |
1,17 |
1,28 |
Tableau : Modification des lésions histologiques hépatiques
CIRRHOSE ET COMPLICATIONS
Des marqueurs non-invasifs prédictifs de la survenue de varices oesophagiennes
(G. Sebastiani et al. Poster 224)
Cette étude internationale multicentrique a inclus 510 patients cirrhotiques (58 % d’hommes, moyenne d’âge de 59,5 ans, 79,4 % de cirrhoses de stade Child A) dans 5 Centres en France et en Italie sur la période Janvier – Septembre 2008. Elle avait pour principal objectif d’évaluer la valeur prédictive (présence de VO, présence de VO de grade 2-3) de 7 marqueurs non-invasifs de fibrose hépatique (plaquettes, ratio ASAT/ALAT, score APRI, index de Forn, de Lok, Fib-4 et Fibroindex). Les résultats montrent que des varices osophagiennes ont été retrouvées chez 57 % des patients (19 % de grade 2-3). Parmi les marqueurs sériques, les plaquettes, l’index de Forns et de Lok s’avèrent les plus prédictifs (Tableau) et la présence de VO de grade 2-3 peut être exclue avec une valeur prédictive négative de 96 % par l’index de Lok (cut-off = 1,5). Les meilleurs résultats sont obtenus en combinant l’index de Lok (cut-off = 0,9) et l’index de Forns (cut-off = 8,5) avec une valeur prédictive positive de 88 % (ASC=0,82) pour la survenue de VO de tous grades.
|
Plaquettes |
Ratio ASAT/ALAT |
Score APRI |
Index de Forns |
Index de Lok |
Fib-4 |
Fibroindex |
Cut-off (%) |
89 |
1,1 |
1,5 |
8,8 |
1,5 |
4,3 |
2,5 |
Sens (%) |
54 |
68 |
54 |
62 |
74 |
68 |
59 |
Spéc (%) |
78 |
53 |
63 |
60 |
63 |
57 |
50 |
VPP (%) |
40 |
28 |
28 |
29 |
36 |
30 |
24 |
VPN (%) |
87 |
86 |
83 |
85 |
90 |
87 |
82 |
Précision diagnostique (%) |
70 |
56 |
61 |
61 |
70 |
63 |
52 |
ASC |
0,66 |
0,61 |
0,6 |
0,61 |
0,71 |
0,63 |
0,55 |
Tableau : performance des différents marqueurs non invasifs de fibrose en terme de prédiction de survenue des VO de grade 2-3
Dr Jean Philippe Madiou
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