Il y a quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark...William Shakespeare, Hamlet, I, 4
Pr Philippe Sogni
C’est sans doute la réflexion des promoteurs de la Clévudine. Cette molécule qui a une bonne efficacité anti-virale B est déjà disponible en Corée du Sud et était en phase 3 de développement en Europe et aux USA pour espérer une mise sur le marché proche. Une atteinte musculaire avait déjà été décrite dans les études de développement mais cette atteinte était habituellement peu symptomatique et réversible à l’arrêt du traitement, se traduisant le plus souvent par une simple augmentation du dosage sanguin des enzymes musculaires. Cet effet peut d’ailleurs être observé a minima avec les autres analogues nucléosidiques.
L’élément nouveau est la publication dans Hepatology de 7 cas de myopathies chez des patients traités au long cours en Corée du Sud par Clévudine (Seok JI et al. Hepatology 2009 in press). Les particularités de ces cas sont le caractère tardif, progressivement graves et prouvés histologiquement avec atteinte sévère des fibres musculaires striées et donc a priori irréversible. Ces données ont conduit à l’arrêt du développement de cette molécule au moins en Europe et aux USA. Cette décision a été rendue publique par un communiqué de presse en date du 20 avril 2009 et a fait l’objet de nombreux commentaires à l’EASL.
Cet exemple montre l’importance des données de pharmacovigilance à long terme, après la mise sur le marché de ces nouvelles molécules, notamment dans le traitement des hépatites B et C. |