A propos de l’étude SYREN
Interview du Dr Hézode
(Hôpital Henri Mondor, AH-HP, Créteil, France)
Question : Vous venez de présenter une analyse intermédiaire de l’étude Syren. Pouvez-nous nous en exposer les grandes lignes ?
L’objectif de cette étude était de traiter des patients vrais non- répondeurs (c'est-à-dire ayant présenté en moyenne, 1 log de croissance de la charge virale lors du premier traitement) à un traitement par interféron pégylé alfa 2a + ribavirine bien conduit (au moins 12 semaines de traitement, au moins 80% de la dose d’interféron pégylé alfa-2a et 80% de la dose de ribavirine). Parmi les patients inclus, 45% étaient cirrhotiques. Nous nous sommes donc intéressés à une population particulièrement difficile à traiter. 22 centres ont participé à cette étude multicentrique française, et ont inclus 104 malades.
Les patients sont retraités avec une forte dose de d’interféron pégylé alfa-2a (Pegasys®), 360 µg une fois par semaine ou 180 µg deux fois par semaine, associé soit à une dose standard de ribavirine adaptée au poids, soit à une forte dose de ribavirine allant jusqu’a jusqu’ 1600 mg/j en fonction du poids. Il y avait donc 4 bras de traitement. La durée du traitement est de 72 semaines.
Nous avons présenté aujourd’hui les résultats d’une analyse intermédiaire, à la semaine 24, portant sur la population totale de l’étude.
A la 12ème semaine de traitement, 53% des patients ont une chute de leur charge virale de 2 log10 copies/ml ou plus, dont 8% ont une PCR indétectables. La diminution moyenne de la charge virale à S 12 était de 2,3 log10 copies/ml, comparée à une diminution moyenne de 1 log10 copies/ml lors du premier traitement. A la 24ème semaine de traitement, la proportion de patients ayant une chute de 2 log10 copies/ml ou plus était maintenue, et la proportion de patients avec une PCR indétectable augmentait, atteignant 22%.
La tolérance était comparable à celle observée lors d’un traitement aux doses standards. Très peu de patients ont présenté des effets secondaires hématologiques de grade 4. Il est à noter que 45% des patients ont eu recours à des injections d’érythropoiétine. On notait 22% d’arrêt prématuré de traitement, dus dans la moitié des cas à un manque d’efficacité. Des événements secondaires graves liés au traitement intensifié survenait chez 12% des patients : neutropénies <500/mm3 (5%), syndrome parkinsonniens (1%, n=1), et un décès de cause inconnu (1%).
Quels enseignements tirez-vous de vos résultats ?
Dans cette population très difficile à traiter, on induit une réponse à l’interféron chez 55% des patients mais cette réponse est probablement insuffisante pour atteindre une réponse virologique soutenue. Cependant, cette réponse pourrait permettre, à la fin d’une lead-in phase, d’introduire un inhibiteur spécifique du VHC, et potentiellement de prévenir l’émergence de variants résistants.
Quelles sont les perspectives pour les patients vrais non-répondeurs ?
Un patient vrai non-répondeur ne devrait pas être traité en dehors d’un essai thérapeutique, en particulier un essai avec inhibiteurs spécifiques du VHC, et avec de fortes doses d’interféron pégylé.
Voir également la brève consacrée à cette étude |