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Un point sur l'évolution du CHC en France en 2010
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Rédacteurs
Dr Stéphane Chevaliez
Dr Charlotte Costentin
Dr Jean-Philippe Madiou
Dr Anaïs Vallet-Pichard

Coordinateur
Pr Philippe Sogni


 

Un point sur l'évolution du CHC en France en 2010

Dr Isabelle Rosa, CHI Créteil

Dr Rosa, vous avez coordonné une étude longitudinale descriptive de la prise en charge du CHC en France qui a impliquée plus d’une centaine d’hôpitaux, principalement des hôpitaux généraux, quels en étaient ses objectifs ?

Les objectifs principaux de cet observatoire national, qui a permis le recrutement de près de 1 300 malades, étaient de décrire l’épidémiologie des CHC nouvellement diagnostiqués dont l’incidence est en constante augmentation, mais également les modalités de prise en charge (traitement curatif, palliatif, symptomatique), ainsi que l’évaluation des pratiques professionnelles. L’objectif secondaire était un suivi des patients sur une période de 5 ans.
Les critères d’inclusion des patients étaient un CHC nouvellement diagnostiqué sur des critères histologiques ou les critères radiologiques de Barcelone.
Aux termes de la période d’inclusion (mai 2008 à octobre 2009), 1 287 patients atteints de CHC ont été inclus. Les résultats de notre observatoire sont des résultats préliminaires avec 1027 patients analysés. Nous disposons pour 427 patients d’un suivi à 1 an. La quasi totalité (90%) des CHC était survenue sur foie cirrhotique.

Dr Rosa, quelles étaient les causes étiologiques de la cirrhose et les circonstances de découverte du CHC ?

De façon assez surprenante les principales causes de cirrhose par ordre de fréquence décroissante étaient l’alcool dans 73% des cas, la NASH dans 18% des cas associée dans deux tiers des cas à un DNID et une obésité (BMI >30 kg/m2), les virus des hépatites responsables d’infections chroniques dans 27% des cas (VHB :10% et VHC : 17%). Chez 20% des patients l’étiologie de la cirrhose était multiple.
En ce qui concerne les circonstances de découverte du CHC, il s’agissait dans 44% des cas d’une découverte au décours d’une complication (ascite, hémorragie digestive, encéphalopathie, …) et dans 20% des cas au cours de la surveillance semestrielle du patient cirrhotique. Les autres circonstances de découverte étaient une hépatopathie méconnue, une cirrhose non connue ou une découverte fortuite dans 5% des cas. Le diagnostic du CHC a été basé sur des critères histologiques dans environ un tiers des cas, les deux autres tiers s’appuyant sur les critères radiologiques de Barcelone.
La sévérité de la cirrhose a été évaluée à l’aide du score Child-Pugh : 44% des cirrhoses étaient classées Child A, 38% Child B et dans 18% Child C.
Le CHC était unifocal chez 37,5% des patients, paucifocal (1 à 3 nodules) chez 20% des patients et multinodulaire chez 30,5% des patients. La présence de métastases était observée chez 13% des patients.

Dr Rosa, pouvez-nous indiquer quelle était le type de prise en charge éventuelle ?

Parmi les 1027 patients, environ un tiers des patients ont bénéficié d’un traitement curatif, tandis que 28% d’un traitement palliatif et 39% d’un traitement symptomatique. Onze pourcent des patients avaient subi une résection chirurgicale de leur CHC, 8,5% avaient eu une radiofréquence et 8,5% avaient bénéficié d’une transplantation hépatique. Si l’on regarde les patients qui ont bénéficié d’un traitement palliatif, 16% avaient été traités par chimio-embolisation et 17% avaient reçu du sorafenib. Chez plus d’un tiers des patients, la prescription de sorafenib était hors AMM (patients score Child-Pugh B ou C). En termes de survie à 1 an, la survie globale est de 34%, significativement plus importante lorsque le CHC a été diagnostique au cours de la surveillance semestrielle de la cirrhose que lorsque le CHC a été diagnostiquée en dehors de la surveillance (60% versus 24%).

Dr Rosa, on est surpris de voir que seul 20% des CHC nouvellement diagnostiqué l’étaient dans le cadre de la surveillance semestrielle des patients cirrhotique, pouvez-vous faire un commentaire sur cette observation ?

Effectivement on est surpris de voir que seuls 20% des patients sont diagnostiqués dans le cadre du bilan semestrielle de leur cirrhose. Le dépistage est d’ailleurs d’autant plus important que la survie à 1an des patients diagnostiqués au cours de la surveillance semestrielle est bien meilleure.

Propos recueillis par le Dr Stéphane Chevaliez

 

>> Brèves


Ceci est un compte-rendu de congrès dont l'objectif est de fournir des informations sur l'état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par la commission d'autorisation de mise sur le marché de l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) et ne doivent donc pas être mises en pratique.
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