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Une valse à 3 temps

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Rédacteurs
Dr Stéphane Chevaliez
Dr Charlotte Costentin
Dr Jean-Philippe Madiou
Dr Anaïs Vallet-Pichard

Coordinateur
Pr Philippe Sogni


 

Une valse à 3 temps

Vienne, capitale de l’Autriche et de la valse, la ville où Johann Strauss fils a créé « le beau Danube bleu », accueille donc l’EASL. Ce rythme enivrant à 3 temps va devenir celui du traitement de l’hépatite C. Bientôt en effet, fini le rythme à 2 temps de l’association interféron-pégylé + ribavirine et place au rythme à 3 temps de l’association interféron-pégylé + ribavirine + inhibiteurs de protéase. Ce rythme enchanteur fait déjà tourner les têtes. Des taux de guérison virologique multipliés par 2 ou 3 en ajoutant du Bocéprévir ou du Télaprévir sont obtenus dans les études de phase II que ce soit chez les patients naïfs ou en échec du traitement standard, et les résultats des études de phase III sont attendus pour 2011.

 

Au-delà de cette future avancée majeure, des questions doivent dès-à-présent être abordées car elles vont immanquablement se poser dans un avenir proche :
1- Que faire pour les patients de génotype non-1 et non-répondeurs à un premier traitement standard ? En effet, les premiers résultats obtenus avec les inhibiteurs de Protéase pour les génotypes non-1 sont décevants.
2- Quels nouveaux effets secondaires faudra-t-il gérer ? La balance bénéfice / risque sera à préciser pour affiner notamment la dose et la durée du traitement par inhibiteur de Protéase.
3- Que faire pour éviter les résistances à ces inhibiteurs de Protéase ? Si la charge virale n’est pas rapidement négativée (en 2, 3, 4 semaines ?), le risque de mutation de résistance devient élevé. Faut-il faire une « lead-in phase », c’est-à-dire débuter par un traitement de bithérapie standard pendant quelques semaines et rajouter l’inhibiteur de Protéase pour bénéficier d’une charge virale déjà diminuée voire arrêter le traitement si le patient ne diminue pas sa charge virale ? Les données des études de phase II du Bocéprévir incluant une « lead-in phase » ne permettent pas de conclure définitivement sur ce point même si le concept est validé par ailleurs.
4- Enfin, si le traitement a échoué, que faire d’un patient ayant développé une mutation de résistance à cet inhibiteur de Protéase ? En sachant qu’il existe des mutations de classe, le risque d’avoir « grillé » toute cette classe de molécules est réel.

Finalement, beaucoup de questions déjà en suspens alors que nous n’avons pas la réponse pour notre valse à 3 temps !

 

Philippe SOGNI

>> Interview


Ceci est un compte-rendu de congrès dont l'objectif est de fournir des informations sur l'état actuel de la recherche ; ainsi, les données présentées sont susceptibles de ne pas être validées par la commission d'autorisation de mise sur le marché de l'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) et ne doivent donc pas être mises en pratique.
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