Une nouvelle molécule très attendue dans le traitement du VHC
Pr Stanislas Pol, CHU Cochin, Paris
La lettre : Professeur Pol, vous venez de présenter les résultats préliminaires de l'étude de phase 2b utilisant l’inhibiteur de la NS5A développé par les laboratoires Bristol Myers Squibb. Pouvez-vous résumer ces résultats ?
La molécule BMS-790052 est un inhibiteur très puissant de la NS5A du virus de l'hépatite C (VHC), première molécule de cette classe en développement clinique. Les études réalisées dans le modèle replicon ont montré une activité antivirale supérieure à celle des inhibiteurs de protéases et inhibiteurs de la polymérase, indépendamment du génotype testé. Cette étude de phase 2A montre que plus de 80% des patients traités avec des doses supérieures ou égales à 10 mg de BMS-790052 par jour associé à l’interféron pégylé alpha 2a et à la ribavirine avaient une charge virale VHC indétectable (< 10 IU/mL) dès la quatrième semaine de traitement. Dans le bras contrôle (bi-thérapie pégylée conventionnelle), seuls 8% des patients avaient une charge virale indétectable à S4. La dose de 3 mg a une efficacité réduite par rapport aux doses plus élevées (10 et 60 mg/j), moins de 50 % de patients traités avec cette dose ayant une charge virale indétectable à S4.
Quelle est la prochaine étape dans le développement de cette molécule ?
Des études de phase 2b et de phase 3 doivent débuter prochainement chez les patients non-répondeurs et naïfs de traitement avec des doses au moins égales à 10 mg. Le BMS-790052 sera associé à l’interféron pégylé et la ribavirine pour une durée de 48 semaines, a priori, sachant que des réductions de durée de traitement seront certainement à considérer puisque la grande majorité des patients traités dans l’étude présentée à l’EASL avaient une charge virale indétectable à S4.
Comment voyez-vous l’évolution de la prise en charge de l’hépatite virale C dans les années à venir ?
L’arrivée en phase de développement clinique de molécules comme BMS-790052 ouvre la porte à l’évaluation de multi-thérapies antivirales sans interféron, comme cela a déjà commencé notamment avec l’étude INFORM-1. BMS-790052 est une molécule particulièrement intéressante puisqu’il ne semble pas exister de résistance croisée avec les autres classes comme les inhibiteurs de protéase et inhibiteurs de polymérase.
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