Pr Pierre Labauge (CHU Nîmes)
Histoire naturelle des formes adultes de maladies liées au gène EIF2B : une étude multicentrique de 16 cas.
Quelle est cette maladie liée à EIF2B ?
La maladie a été décrite originellement dans les années 90 chez l’enfant et se manifeste radiologiquement par une leucoencéphalopathie et cliniquement par une ataxie, ce qui a donné son nom au syndrome clinique : CACH pour childhood ataxia with cerebral hypomyelination. Sur le plan radiologique la maladie est caractérisée par des plages de leucopathie associées à des zones de disparition de la substance blanche (VWM pour vanishing white matter disease). Ce n’est que très récemment que des formes adultes ont été décrites et le but de cette étude était donc de connaître l’histoire naturelle de cette maladie chez l’adulte dans l’ensemble des cas rapportés sur le territoire français.
Devant une atteinte de la substance blanche de l’adulte quels sont les éléments qui doivent faire évoquer le CACH ?
Le signe radiologique le plus évocateur est la présence de lésions cavitaires de la substance blanche, même si on a vu des CACH n’en ayant pas et qu’on observe dans les formes évoluées de sclérose en plaques de telles lésions.
Comment se manifeste le CACH/VWM ? Pour quelle raison ?
Dans notre étude, la maladie qui est récessive, se manifeste par des symptômes neurologiques essentiellement et plus rarement psychiatriques ou gynécologique avec une atteinte ovarienne. Le début des symptômes était lié à un facteur précipitant dans 13% des cas, un traumatisme ou une infection par exemple. De plus, les facteurs stressants induisent des aggravations des symptômes. Le gène EIFB2 code pour une protéine qui permet la protection cellulaire et les mutations rapportées dans notre étude, c'est-à-dire une modification de l’arginine en position 113 pour une histidine, entrainent ici une perte de fonction. Cette mutation est présente dans notre série dans 80% des cas…
Quel est le devenir des patients dans votre série ?
Deux des 16 patients sont décédés et pour les 14 restants 62% d’entre eux présentent un déclin cognitif et 79% sont sévèrement handicapés. Cependant on pourra noter qu’un des patients est complètement asymptomatique. De la même façon, un des cas a été révélé chez une patiente de 62 ans après un traumatisme cérébral mineur qui a été cependant responsable d’un coma prolongé chez elle puis de son décès alors qu’elle avait été complètement asymptomatique auparavant.
|