Sans maintenance point de salut !

L’ennui avec les congrès, c’est le dernier jour ! Enfin, à l’ASH et ici aussi, à l’EHA.
On aimerait pouvoir profiter tranquillement des dernières communications. D’autant plus qu’elles sont particulièrement riches, mais bousculées par les horaires, les rendez-vous de navettes, encombrées par des bagages devenus pesants des abstracts et autres « educational books », on en loupe forcément.
Alors, la grande équipe de l’e-journal va essayer de pallier ces loupés.
Hier, grande journée lymphoïde. Avouez que les rédacteurs et journalistes de cet e-journal se sont décarcassés !
Aujourd’hui, du myélome d’abord. On regrette que l’IFM ne montre pas à l’Europe les résultats de la maintenance avec le lénalidomide. Certes, Nicolas Blin y fait allusion, certes, l’ASCO en a profité, certes enfin les membres de l’IFM connaissent ces résultats, mais tout de même on aurait été contents de vous monter l’intérêt, dans le myélome aussi, d’un traitement d’entretien. Pour qu’un traitement d’entretien soit utile, il semble nécessaire d’avoir obtenu une réduction préalable de la maladie la plus importante possible, dans le myélome aussi, Jean Luc Harousseau nous dit comment il faut s’y prendre aujourd’hui. Nous vous laisserons juges de l’intérêt du zolédronate.
Il y a, comme à l’ASCO la présentation des résultats des grands essais comparant les ITK de deuxième génération au déjà vieil imatinib pour les LMC en première ligne. Comment imaginer que les petits nouveaux ne soient pas meilleurs ? François Xavier Mahon nous explique ce qu’il entrevoit comme perspective pour les LMC, grâce à eux. Au moins aussi intéressants à mon sens, les résultats d’essais combinant imatinib et interferon. En particulier l’essai Français. Pourquoi, encore une fois, ne pas être fier que ce soit la France qui donne l’exemple ? François Guilhot montre que l’association imatinib- peg-interferon permet un taux de réponse moléculaire majeur de 70% environ à un an, taux d’ailleurs assez reproductible d’une étude à une autre et assez proche de ce qui est obtenu avec les ITK de deuxième génération (comparaison faite sous réserve d’une comparabilité des méthodes et des seuils de mesures choisis pour déterminer la réponse moléculaire). Faudra-t-il un jour comparer ITK de deuxième génération à imatinib + peg interferon… ?
Pas question de passer en revue tout ce qui est présenté en ce dimanche matin. Il faudrait parler de la surprenante efficacité du panobinostat, un inhibiteur d’histone déacétylase, dans les maladies de Hodgkin réfractaires, de la session passionnante concernant les mutations d’IDH dans les LAM…
Et la greffe dans tout cela ? C’est vrai, à part l’évocation de l’autogreffe dans la LLC pas un mot dans ce e-journal. On se rattrape aujourd’hui avec l’interview de Vanderson Rocha sur l’algorithme du choix d’un donneur. Pour le reste, que des bonnes nouvelles ! Les Hollandais nous montrent, une fois de plus, que le tandem auto greffe allogreffe ne fait pas mieux que l’autogreffe seule dans le myélome (abstract N° 1098) et que les cellules leucémiques quiescentes résistantes à un traitement par ITK ne sont pas ciblées par les cellules T ou NK alloréactives (abstract N° 1153).
Décidément, le salut est dans la maintenance !
A la prochaine
Noël Milpied
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