L’ACR : le baromètre de la Rhumatologie (Pr Jean Sibilia)
L'ACR est en compétition avec l’EULAR ; mais cela est à l’origine d’une saine émulation comme en témoignent les liens tissés pour la rénovation attendue des nouveaux critères de la PR… la vieille Europe et le nouveau continent rassemblés !!!
Ce congrès est depuis quelques années le témoin d’une mondialisation de la connaissance que véhicule la « grande toile ».
Les échanges innombrables génèrent des projets qui vont de l’étude ésotérique des structures intimes d’une cellule à l’analyse épidémiologique ou médico-économique de dizaines de milliers de malades. Et cela pour le bien de nos patients, finalité de toute recherche biomédicale.
Après une journée de congrès bien remplie, harassés par la course à l’information, quelques minutes de repos et de réflexion nous donnent conscience de l’immensité de la connaissance dans un petit monde qui est le nôtre… celui de la rhumatologie !
Il est loin ce temps (pré)historique où un seul homme, Jean Pic de la Mirandole, pouvait s’enorgueillir, au XVe siècle, d’avoir lu tous les livres des hommes, d’avoir lu l’intégralité de la connaissance du monde ! Il est loin aussi le temps, pourtant si proche, où les pères de la « microbie » et de l’immunologie (Louis Pasteur, Paul Ehrlich, Jules Bordet, Elie Metchnikoff) pouvaient s’affronter pour savoir si nos défenses dépendaient d’une cellule ou d’un constituant plasmatique, pressentant avec intuition l’existence d’anticorps sans pouvoir les observer !
Aujourd’hui, la science dissèque, avec une patience homérique, les pièces de cet immense puzzle qui constitue notre machinerie biologique. Pour être compétent, il faut être maintenant un spécialiste de la structure moléculaire du récepteur d’une nième cytokine ou d’un adaptateur d’une voie de signalisation auquel l’on donne un nom exotique comme « Ikaros » ou « Spazzle ».
Mais ne perdons jamais de vue l’immensité de notre ignorance et surtout l’essentiel esprit critique qui permet de relativiser et surtout de rebondir sans s’égarer dans une pensée circulaire inhibitrice. Cela doit être la qualité d’un médecin rhumatologue du XXIe siècle qui vient participer à l’ACR !
Interview du jour :
> Facteur prédictif de réponse au rituximab – Pr Xavier MARIETTE (Hôpital Kremlin Bicêtre)
Brèves du jour :
> Certolizumab (CZP) : la décision se prend à 10 semaines
> TLR4, récepteur de l’immunité innée, est une nouvelle cible dans la PR
> Baminercept bien toléré mais peu efficace dans la PR
> Tout est plus beau sous le soleil : les patients qui commencent une PR en été ont un meilleur pronostic à 6 mois que ceux qui la déclarent au printemps ou en hiver
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