IDENTIFIEZ-VOUS Mot de passe oublié Problème de connexion ? Inscrivez-vous
Accueil Ajouter aux favoris
Edimark
moteur de recherche PanierMon panier : 0 article

>> Accueil >> Publications >> La Lettre du Cancérologue >> N° 10 - Novembre 2014

La Lettre du Cancérologue

Novembre 2014
SOMMAIRE ÉDITORIAL OURS ARCHIVES S'ABONNER  

ÉDITORIAL

La préservation de la fertilité féminine : un enjeu thérapeutique

La préservation de la fertilité féminine prend une place prépondérante dans les préoccupations des oncologues et des spécialistes de la fertilité. Depuis les années 1980, le risque d’insuffisance ovarienne profonde après une chimiothérapie est étudié, mais nous ne disposions alors que de peu de moyens technologiques pour le prévenir.
Aujourd’hui, nous assistons à la naissance d’une toute nouvelle discipline. Elle justifie tout l’intérêt qu’on lui porte en raison de 2 avancées médicales fondamentales : d’une part, les progrès dans le traitement des cancers de la femme jeune, qui aboutissent à une augmentation de l’espérance de vie ; d’autre part, les nouvelles techniques de vitrification ovocytaire et embryonnaire, grâce auxquelles le potentiel reproductif des cellules est presque équivalent après décongélation. Ainsi, l’oncofertilité doit sa réussite à l’intervention multidisciplinaire et coordonnée des cancérologues ainsi que des médecins et biologistes de la reproduction.
E. Adda-Herzog, A. Benachi, N. Achour-Frydman, R. Fanchin

DOSSIER "CANCERS FÉMININS ET FERTILITÉ : MÉTHODES DE PRÉSERVATION"

Le modèle du Nord-Pas-de-Calais : un exemple de coopération en oncofertilité

» L’aménorrhée et les altérations de la fertilité causées par les traitements (molécules, durée, etc.) ne sont à ce jour pas prédictibles.
» Informer les patientes de l’impact des traitements sur leur capacité de reproduction est indispensable et entre dans le cadre de la loi.
» Une étroite collaboration entre oncologues et médecins de la reproduction dans la région Nord-Pas-de- Calais est en place depuis plusieurs années.
» L’évaluation de la réserve ovarienne et, pour les patientes en situation adjuvante, la préservation de la fertilité par cryopréservation ovocytaire ou embryonnaire doivent faire partie de l’offre de soins mise à la disposition des jeunes patientes traitées pour un cancer du sein.
A. Mailliez, C. Decanter

Préservation de la fertilité féminine avant chimiothérapie : stratégies thérapeutiques

» Le traitement de référence dans la préservation de la fertilité féminine est actuellement la préservation d’ovocytes ou d’embryons obtenus après stimulation ovarienne. Celle-ci est limitée du fait du temps nécessaire à sa réalisation (2 à 4 semaines) et de l’augmentation importante des taux sériques d’estradiol et de progestérone indésirables dans les cancers hormonodépendants. Elle est impossible également chez les jeunes filles prépubères.
» Deux techniques peuvent alors être envisagées : la cryoconservation d’ovocytes obtenus après maturation in vitro ou la conservation de fragments ovariens.
» Toute patiente doit bénéficier d’une information sur les risques d’insuffisance ovarienne chimio-induite et les possibilités de préservation de la fertilité.
A. Le-Bras, E. Adda-Herzog, N. Achour-Frydman

Préservation de la fertilité dans les cancers pelviens

» Un traitement conservateur est possible pour les cancers du col de type épidermoïde ou adénocarcinome lorsque les lésions font moins de 2 cm, en l’absence d’emboles et d’atteinte ganglionnaire.
» La fertilité peut être préservée en cas de cancer de l’endomètre de stade IA et de grade 1, avec une prise en charge active de l’infertilité car celle-ci est fréquente. Une totalisation est recommandée après l’obtention des grossesses.
» Devant une tumeur ovarienne chez une femme jeune, il faut rechercher les marqueurs qui peuvent orienter vers une tumeur non épithéliale, celle-ci devant toujours bénéficier dans un premier temps d’un traitement conservateur.
C. Uzan, S. Gouy, E. Bentivegna, C. Lhommé, P. Pautier, C. Haie-Meder, A. Léary, C.Balleyguier, C. Généstie, P. Morice

De la difficulté d’évaluer la fonction ovarienne après une chimiothérapie

» La chimiothérapie entraîne une aménorrhée aiguë, potentiellement réversible, qui doit être distinguée d’une ménopause précoce.
» La récupération de la fonction ovarienne après la chimiothérapie est inconstante et peut être différée dans le temps. Il n’existe pas de facteur prédictif individuel validé de la réversibilité de l’atteinte ovarienne.
» L’hormone antimüllérienne (AMH) semble être un marqueur prometteur, mais ne permet pas encore de prédire la fertilité ultérieure des patientes. Des études complémentaires longitudinales de grande envergure sont nécessaires pour déterminer le moment où effectuer son dosage, la méthode optimale à utiliser, ainsi que sa corrélation avec la survenue de grossesses et de naissances vivantes.
A.S. Hamy-Petit, P. Guichard, A.L. Hermann

Désir de grossesse après cancer du sein : que répondre au couple ?

» Un tiers des patientes traitées pour un cancer du sein sont en âge de procréer ; la plupart ont un désir de grossesse. Pour autant, ce projet n’est pas toujours concrétisé à l’issue des traitements.
» La chimiothérapie entraîne des aménorrhées et une altération de la fonction ovarienne pouvant être réversibles, qui devront être évaluées.
» La grossesse ne modifie pas le pronostic maternel, qui dépend des caractéristiques de la maladie.
» Les recommandations actuelles sont d’attendre 2 ans en cas de tumeur n’exprimant pas les récepteurs hormonaux, et la fin de l’hormonothérapie en cas de tumeur les exprimant. En l’absence d’hormonothérapie et face à un bon pronostic, un délai minimum de 6 mois après la chimiothérapie sera recommandé afin d’éliminer la foetotoxicité des traitements.
N. Douay-Hauser, C. Ngo, A.S. Bats, C. Bensaïd, J. Seror, J. Médioni, F.Chamming’s, B. Dessart-Diana, F. Lécuru

CAS CLINIQUE

Lymphome hodgkinien

La préservation de la fertilité des jeunes filles a ses spécificités. La présentation de ce cas de maladie de Hodgkin chez une jeune femme nous permet de les illustrer.
Mme V, âgée de 17 ans, est adressée en consultation de préservation de la fertilité avant le traitement d’un lymphome hodgkinien. Son état général est altéré ; elle a perdu 5 kg (poids actuel : 48 kg, pour 1,58 m). Le scanner thoraco-abdominopelvien et le PET scan montrent une atteinte sus-diaphragmatique : atteinte ganglionnaire basicervicale, médiastinale, sus-claviculaire et axillaire gauche. La biopsie ganglionnaire confirme le diagnostic de lymphome de Hodgkin. Le myélogramme et la biopsie ostéomédullaire ne révèlent aucune cellule tumorale.
Sur le plan gynécologique, elle a eu ses premières règles à l’âge de 12 ans, et ses cycles sont réguliers (30 jours). Elle n’est plus vierge et est sous contraception estroprogestative depuis 1 an. Une échographie endovaginale permet de dénombrer 20 follicules de 3 à 8 mm. Le dosage de l’hormone antimüllérienne (AMH), qui s’élève à 2,9 ng/ml, est en concordance avec le compte folliculaire antral (CFA), ce qui témoigne d’une bonne réserve ovarienne.
E. Adda-Herzog, A. Le-Bras, N. Achour-Frydman

MISE AU POINT

Utilisation pratique de PubMed : comment chercher ?

» PubMed est un outil puissant quand il est employé en suivant une stratégie adaptée. Les étapes essentielles sont :
1. Commencer par une recherche très spécifique qui s’élargira secondairement si nécessaire.
2. Bien choisir ses mots-clés est l’étape essentielle. Le moteur de recherche MeSH et les mots-clés des articles sont une aide précieuse.
3. Agencer sa recherche selon la règle booléenne.
4. Affiner les mots-clés avec les marqueurs. Une recherche en [tw] évite de perdre les derniers articles en cours de publication.
5. Utiliser les filtres pour éliminer une partie des résultats inutiles.
J. Viala

VIE PROFESSIONNELLE

Patient expert ou patient ressource ?

La critique des fourvoiements et des conflits d’intérêts de certains experts scientifiques, l’existence d’un réel savoir profane expérientiel, la pertinence de contre-expertises développées par des associations de citoyens ou de patients ont conduit à l’émergence du concept de “patient expert”. L’oxymoron a fait florès dans une société inquiète où la méfiance à l’endroit des experts se transforme en suspicion à l’égard de la science. Le concept nécessite clarification.
Qu’est-ce qu’un “patient expert” ? Un patient qui en sait long sur sa maladie et qui a su prendre le recul indispensable pour l’accepter et la gérer au quotidien ; un patient expert de lui-même qui, lors de la consultation avec le professionnel, pose des questions, discute les réponses et, parfois, apporte des informations à l’expert scientifique. Cet expert profane apprécie que l’expert scientifique n’hésite pas à reconnaître les limites de son savoir et de son expertise. Mais ce patient a besoin de valider son expertise profane en la confrontant à celle de l’expert scientifique. Dans notre expérience de diabétologue, il est d’ailleurs rare que ce patient expert change de médecin. Ce patient peut accéder à la demande de l’équipe professionnelle d’être un “patient ressource” pour des patients novices ou en difficulté, en les faisant bénéficier de son expérience personnelle. Il peut encore participer au sein des associations de patients à différentes activités d’aide aux patients ou à leur entourage. Il peut enfin participer, à la demande des médecins universitaires, à l’enseignement de la relation médecin/malade, comme cela se fait à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Ce patient expert est nécessairement un bénévole, donnant de son temps à la demande des équipes de soins ou d’associations de patients reconnues.
A. Grimaldi

ACTUALITÉS

Ebola 2014-2015 : le prix à payer d’un fiasco à tous les étages

Fin septembre, aéroport de Bujumbura, Burundi (Afrique de l’Est) : accueil à la descente de l’avion par un pistolet… thermique appliqué sur la tempe. La voix électronique annonçant “la température corporelle est de 37,4 °C” permet de franchir le barrage (qu’arriverait-il si d’aventure la voix s’affolait et annonçait une température de 39 °C ? Mystère, car rien autour n’annonce une suite adaptée…).
Comment en est-on arrivé là ? Pour la deuxième fois de toute son existence (la première remonte à la crise rwandaise), Médecins sans frontières (MSF), par la voix de sa présidente “internationale”, annonce être débordé et réclame l’aide des États industrialisés (et même, de façon sous-entendue, de leurs armées, seules capables d’apporter une réponse opérationnelle à la hauteur des enjeux). Les chiffres officiels de 5 335 victimes et de 2 622 morts (au 18 septembre 2014) ne correspondent à rien, ou plutôt ne reflètent que les cas officiellement identifiés, tout comme la prévision de 20 000 cas début novembre (dont la moitié au Liberia). Les personnes qui se trouvent sur place parlent de 3 à 5 fois plus de cas et de décès réels.
O. Bouchaud



LIENS UTILES CULTURE GENERALES INDEX BOUTIQUE CALENDRIER DES CONGRÈS