IDENTIFIEZ-VOUS Mot de passe oublié Problème de connexion ? Inscrivez-vous
Accueil Ajouter aux favoris
Edimark
moteur de recherche PanierMon panier : 0 article

>> Accueil >> Publications >> La Lettre du Cancérologue >> N° 7 - Juillet 2015

La Lettre du Cancérologue

Juillet 2015
SOMMAIRE ÉDITORIAL OURS ARCHIVES S'ABONNER  

ÉDITORIAL

Congrès américain en oncologie clinique 2015 : un leitmotiv, l’immunothérapie

Plus de 5 000 études ont été sélectionnées pour présentation au congrès américain en oncologie clinique 2015.
Dans les travaux qui ont retenu l’attention, l’immunothérapie se taille la part du lion.
Pour les cancers bronchiques non à petites cellules, les anticorps anti-PD-1 s’affirment comme un nouveau standard de prise en charge. Ces anticorps sont, en deuxième ligne de traitement, supérieurs à la chimiothérapie classique par leur impact sur la survie globale et leur tolérance satisfaisante.
L’éventail clinique de ces mêmes anticorps s’élargit régulièrement. S’inscrivent à leur tableau de chasse, cette année : l’hépatocarcinome ainsi que les cancers de l’oesophage, de l’estomac, de la tête et du cou et les cancers urothéliaux.
L’arsenal thérapeutique s’enrichit de nouveaux anticorps.
Jean-François Morère

TRIBUNE

Cancer et économie de la santé : l’impossible impasse

Cela avait commencé l’année dernière : pour la première fois, l’ASCO® mettait les questions économiques liées à la prise en charge du cancer parmi ses priorités. Les diverses problématiques soulevées par les pratiques nouvelles en oncologie ont été, cette année encore, largement évoquées.
Un séminaire spécial en préambule à l’ouverture des sessions générales a permis de faire le point sur ces sujets, en insistant sur le fait que les oncologues, qu’ils soient médecins, chirurgiens ou radiothérapeutes, ne pouvaient plus se tenir à l’écart des enjeux économiques du cancer. Cela ne vaut pas que pour les traitements, et notamment pour les thérapies les plus innovantes. Le renchérissement est observé dans tous les aspects de la prise en charge, de la prévention et du dépistage aux soins de suite chez les patients “survivants”. De l’imagerie aux diagnostics compagnons ou aux tests de génétique moléculaire, la bonne pratique, conforme aux recommandations, impose des examens et, donc, des coûts supplémentaires.
Pourtant, le questionnement sur les questions économiques est surtout soulevé du fait de la mise à disposition de thérapies aussi coûteuses qu’innovantes.
Dès lors se pose la question de la valeur effective de ces innovations. Ces interrogations sur la “value” ont fait l’objet de nombreuses interventions, tout au long de cette édition 2015. La revue distribuée chaque matin aux participants titrait en page une de son numéro d’ouverture, “La réunion annuelle 2015 au croisement de l’innovation et de la valeur partout dans le programme”.
Jean-Jacques Zambrowski

FOCUS

Étude SHAVE

L’étude SHAVE, présentée au congrès américain en oncologie clinique cette année (Chapgar AB et al., abstr. 1012) et publiée de façon contemporaine dans le New England Journal of Medicine, a étudié de façon prospective, randomisée et monocentrique, la réalisation de recoupes systématiques des berges d’une tumorectomie en peropératoire dans le but de limiter le nombre de reprises chirurgicales. Au total, 235 patientes atteintes d'un cancer du sein de stade 0 à III, traitées par traitement conservateur, ont été incluses. Avant toute randomisation, les chirurgiens procédaient à une recoupe des marges qui leur semblaient macroscopiquement atteintes (36 versus 34 %, non significatif), sans examen histologique extemporané. Les critères de jugement étaient le taux de berges envahies, définies comme la présence d'une tumeur au contact de la marge encrée, pour les carcinomes invasifs ou une marge inférieure à 1 mm pour les carcinomes in situ. Le volume de tissu excisé et le résultat cosmétique étaient évalués.
R.J. Salmon, A. Thoury

DOSSIER : COMPTE-RENDU ET ANALYSE DU 51E CONGRÈS AMÉRICAIN EN ONCOLOGIE CLINIQUE

Cancers du sein

Les inhibiteurs de Cyclin-Dependent Kinase confirment leur intérêt avec les résultats de fulvestrant + palbociclib dans l’essai PALOMA3, laissant entrevoir pour bientôt un nouveau standard de traitement des tumeurs exprimant les récepteurs hormonaux. MARIANNE confirme l’efficacité du T-DM1 dans les cancers HER2+ métastatiques, mais l’absence de supériorité de la combinaison avec le pertuzumab maintient le T-DM1 en deuxième ligne. L’hétérogénéité des tumeurs triple-négatives laisse émerger un sous-groupe sensible aux traitements antiandrogéniques. Un traitement préventif par dénosumab associé à l’hormonothérapie par inhibiteur de l’aromatase réduit le risque de fracture ostéoporotique quel que soit le statut densitométrique initial des patientes. La prolongation du traitement adjuvant anti-HER2 au-delà de 1 an par un ITK comme le nératinib est une option à envisager si la toxicité digestive peut être maîtrisée. Enfin, l’étude SHAVE montre l’intérêt d’une réexcision peropératoire systématique des marges pour réduire les taux de reprise chirurgicale en cas de tumorectomie.
J.Y. Pierga, O. Trédan

Cancers digestifs

»» “L’augmentation immune” par le pembrolizumab (anti-PD-1) est très prometteuse pour divers cancers digestifs avancés réfractaires (CCRm dMMR, cancers oesogastriques, CHC).
»» L’adjonction d’un traitement par radio-embolisation intra-artérielle hépatique ou par radiofréquence hépatique augmente l’efficacité de la chimiothérapie systémique de première ligne en cas de métastases hépatiques colorectales.
»» Le statut tumoral KRAS, BRAF et MMR a un impact pronostique en cas de cancer du côlon de stade III.
»» Le statut tumoral BRAF a un impact pronostique défavorable en cas de CCRm ; la quadrithérapie FOLFOXIRIbévacizumab est alors une option de choix.
»» Le (double) ciblage HER2 est prometteur en cas de CCRm HER2+.
»» Le ciblage de MET est inefficace en cas d’adénocarcinome oesogastrique avancé.
D. Malka

Cancers bronchiques

Le nivolumab est le premier inhibiteur de PD-1 à améliorer la survie globale par rapport au docétaxel seul dans l’étude de phase III CheckMate 017, réalisée en seconde ligne chez des patients atteints de cancers épidermoïdes. De plus, dans une étude au schéma similaire, CheckMate 057, réalisée dans des tumeurs non épidermoïdes, on observe une réduction de 27 % du risque de progression ou de décès et un doublement de la médiane de survie.
Le profil de tolérance du nivolumab paraît plus favorable que celui du docétaxel.
Dans une étude de phase III menée en première ligne chez des patients porteurs de mésothéliomes pleuraux, l’association de bévacizumab et d’une chimiothérapie améliore la survie globale et la survie sans progression par rapport à la chimiothérapie seule.
D. Moro-Sibilot, P.J. Souquet, D. Planchard, N. Charbonnier, J. Cadranel

Cancers gynécologiques

Peu de réelles avancées thérapeutiques en oncogynécologie cette année au 51e congrès américain en oncologie clinique. C’est une année de consolidation des données acquises, notamment avec les inhibiteurs de PARP dans les cancers de l’ovaire : étude ARIEL2 évaluant l’efficacité du rucaparib selon le profil génomique, études sur les toxicités de l’olaparib.
Quelques pistes qui, espérons-le, tiendront leurs promesses : bévacizumab dans les cancers de l’endomètre, immunothérapie avec les anti-PD-L1 et anti-PD-1.
Enfin, des présentations de recherche translationnelle intéressantes ont permis de mieux identifier, au sein des différents cancers, les sous-groupes pouvant bénéficier des nouvelles approches thérapeutiques.
T. de la Motte Rouge, C. Dubot, F. Coussy, M. Rodrigues, O. Trédan

Cancers urologiques

À la suite des résultats de l’essai STAMPEDE, une chimiothérapie par 6 cycles de docétaxel doit être envisagée en plus du traitement hormonal chez les patients présentant un cancer de la prostate hormonosensible métastatique et en état de la recevoir.
En revanche, les hommes atteints d’un cancer localisé à haut risque M0 traités par une association radiothérapie + hormonothérapie ne doivent pas être traités par chimiothérapie en dehors d’essais cliniques, les données de l’essai RTOG-0521 n’étant pas assez robustes.
La combinaison d’une hormonothérapie courte à une radiothérapie de rattrapage améliore la survie sans progression à 5 ans par rapport à une radiothérapie seule dans l’étude GETUG-AFU 16.
P. Beuzeboc

Cancérologie cutanée

Lors du congrès américain en oncologie clinique de 2015, de nouvelles avancées thérapeutiques significatives ont pu être observées. Dans le domaine de l’immunothérapie, l’actualité a essentiellement porté sur l’intérêt de l’association ipilimumab + nivolumab. Une étude de phase III évaluant cette association a été présentée en séance plénière. Une actualisation des données de survie sans progression des associations dabrafénib + tramétinib et vémurafénib + cobimétinib a été présentée.
L. Mortier

Des “soins de support” au “Cancer Toxicity Management”

Le congrès américain en oncologie clinique 2015 a délivré son lot de nouveautés et de progrès dans la prise en charge des patients atteints d'un cancer. Un regard particulier a été porté sur la phase “après cancer”, la société préparant en janvier 2016, un congrès spécifique sur le “Survivor care”. Les troubles cognitifs, la fatigue et l’activité physique ont donc été des questions largement développées au cours de ce congrès, aux côtés des développements antiémétiques, des solutions contre la cachexie ou encore du schéma d’administration des biphosphonates. L’évolution conjointe des progrès des traitements anticancéreux, à commencer par les nouvelles immunothérapies, et des thérapeutiques de support engage l’avenir vers un renforcement du concept de prise en charge globale. Le travail interdisciplinaire est devenu incontournable, que ce soit pendant ou après la maladie, afin de contrôler les effets indésirables et les séquelles des traitements et ainsi assurer quantité et qualité de vie : place au “Cancer, toxicity, management”.
F. Scotté, S. Morin, C. Gervais, P. Leroy, M. Kfoury, C. Thibault, S. Oudard

L’hématologie en vedette américaine à Chicago…

»» L’adjonction d’élotuzumab à l’association de lénalidomide et de dexaméthasone dans le myélome en rechute fait passer la survie sans progression de 14,9 à 19,4 mois.
»» En association avec la dexaméthasone, le carfilzomib apporte un quasi-doublement de la survie sans progression par rapport au bortézomib et augmente les taux de réponse.
»» En association avec la bendamustine, l’obinutuzumab permet de surmonter la résistance au rituximab dans les lymphomes indolents en rechute.
»» Dans la leucémie lymphoïde chronique en rechute, l’association d’ibrutinib, de bendamustine et de rituximab augmente significativement la survie sans progression.
»» Dans la myélofibrose, le pacritinib réduit la splénomégalie, améliore l’état général, peut apporter une indépendance transfusionnelle et augmenter le taux de plaquettes.
M. Lenoble



LIENS UTILES CULTURE GENERALES INDEX BOUTIQUE CALENDRIER DES CONGRÈS