L'embolie pulmonaire (EP) reste,
dans les pays développés, l’une
des principales causes de mortalité
maternelle pendant la grossesse et le
post-partum. Au Royaume-Uni, où elle
est la première cause de mortalité maternelle,
plusieurs études ont été récemment
effectuées afin de mieux en comprendre
les causes.
Leurs résultats mettent en exergue
2 points majeurs : d’une part, il existe
un retard diagnostique, probablement lié,
au moins en partie, à la crainte infondée
des cliniciens de réaliser les examens
nécessaires pour confirmer ou infirmer
le diagnostic d’EP pendant la grossesse ;
d’autre part, les traitements anticoagulants
utilisés sont parfois mal adaptés,
des doses infrathérapeutiques d’anticoagulants
étant notamment utilisées
sous le prétexte que la femme est
enceinte, avec la crainte d’un risque
éventuel pour la mère et le foetus. De plus,
les recommandations du traitement
anticoagulant préventif ne sont pas
toujours bien appliquées.
F. Parent
»» L’embolie pulmonaire est la première cause de décès maternel dans les pays développés.
»» La grossesse est associée à un état d’hypercoagulation, majorée principalement par les thrombophilies
familiales et la période du post-partum, surtout lors d’un accouchement par césarienne.
»» Le diagnostic est essentiel et, si les D-dimères sont positifs, il a été établi que l’angioscanner pulmonaire
était l’outil diagnostique le plus efficace et sans danger pour la mère comme pour l’enfant, s’il n’y a pas
de thrombose veineuse profonde proximale.
»» Le traitement repose sur les héparines de bas poids moléculaire et doit être maintenu jusqu’à 6 semaines
après l’accouchement, pour une durée totale de 6 mois.
»» Le traitement prophylaxique doit être décidé au cas par cas en fonction des antécédents et des facteurs
de risque de maladie thromboembolique veineuse de la patiente.
M. Gosset-Woimant, O. Sanchez, A. Roux, G. Meyer
»» L’immunothérapie spécifique avec extraits allergéniques naturels garde une efficacité limitée et présente
des effets indésirables non négligeables. Les stratégies de recherche dans ce domaine visent à améliorer
l’immunogénicité en diminuant l’allergénicité des produits administrés.
»» L’utilisation de peptides synthétiques reconnus par les cellules T et ne réalisant pas la liaison croisée avec
les IgE spécifiques permet de réduire les effets médiés par les IgE et d’induire des cellules T régulatrices
spécifiques protectrices dans l’allergie.
»» Le développement des allergènes recombinants permet, d’une part, de pallier le manque de qualité des extraits
allergéniques naturels et, d’autre part, de concevoir un hypoallergène ayant une capacité réduite de liaison aux IgE.
»» D’autres voies de recherche comme l’utilisation d’immunostimulants Th1 ou la vaccination par ADN
semblent prometteuses.
A. Tissot, A. Magnan
»» MAC est la principale mycobactérie non tuberculeuse isolée en France, responsable de 3 formes cliniques
pulmonaires : pneumopathie d’hypersensibilité, forme bronchectasiante et forme cavitaire classique.
»» Entre 41 et 67 % des patients ayant au moins un prélèvement à MAC ont une réelle infection selon
les critères ATS/IDSA 2007. Il importe de toujours éliminer un diagnostic plus probable que le diagnostic
d’infection à MAC avant de commencer un éventuel traitement. Il faut toujours vérifier la sensibilité de la
souche à la clarithromycine (seule molécule avec laquelle les données in vitro et in vivo sont corrélées).
»» Les recommandations ATS/IDSA 2007 préconisent : clarithromycine 1 000 mg/j en 2 prises, rifampicine
10 mg/kg/j (600 mg/j maximum) et éthambutol 15 mg/kg/j, ± aminosides en début de traitement.
C. Andréjak
Le surfactant est un composé unique comprenant des phospholipides et des protéines spécifiques qui
permettent de diminuer la tension de surface à l’interface air-liquide, évitant ainsi le collapsus des alvéoles
en fin d’expiration. Le déficit primaire en surfactant chez le nouveau-né prématuré est responsable de la
maladie des membranes hyalines. Une autre entité, la protéinose alvéolaire, résulte de l’accumulation de
surfactant dans les alvéoles par défaut de résorption et est fréquemment associée à un dysfonctionnement
macrophagique. Plus récemment, des pathologies associées à des mutations codant pour la protéine C (SP-C)
ou des protéines nécessaires à la synthèse du surfactant ont été décrites chez des nourrissons, des enfants
et également chez des adultes. L’accumulation intra-alvéolaire de protéines due au dysfonctionnement
du métabolisme du surfactant est alors responsable de symptômes associant toux, hypoxie et anomalies
radiologiques à type de verre dépoli ou de lésions kystiques intrapulmonaires.
F. Flamein, R. Borie, R. Epaud
Du monoxyde d’azote (NO) est produit à tous les étages des voies
aériennes. Le NO est un gaz radicalaire généré dans l’organisme
par des enzymes (les NO-synthases) à partir de substrats (la
L-arginine et l’oxygène). En raison de son caractère radicalaire,
sa demi-vie biologique est courte, et sa mesure est le reflet de
l’équilibre production/dégradation “du moment”. L’augmentation
de la concentration de NO dans les voies aériennes est
due principalement à une augmentation de sa production par
les NO-synthases. Cette situation est rencontrée dans l’atopie,
et est due pour partie à la présence dans les voies aériennes de
polynucléaires éosinophiles. Un abaissement de sa concentration
peut être lié à une baisse de la production (diminution des
NO-synthases à la suite de l’administration de corticoïdes, par
exemple), de l’activité enzymatique (tabagisme) ou de la
biodisponibilité du substrat (activité des arginases).
B. Degano
» La virothérapie antitumorale propose une approche thérapeutique prometteuse puisqu’elle permet
de cibler les cellules tumorales sans atteindre les cellules saines et d’induire une activation du système
immunitaire qui pourrait compléter son efficacité cytotoxique.
» Le vaccin contre la rougeole, utilisé depuis plus de 60 ans sans avoir montré d’effets délétères ni de
modifications génomiques, se prête principalement aux tumeurs localisées, comme peuvent l’être les
cancers de l’ovaire ou le mésothéliome.
» Les stratégies sont immédiatement applicables pour le mésothéliome pleural malin, et un essai vient
d’être engagé à la Mayo Clinic.
» Le mésothéliome reste généralement limité à la cavité pleurale (et/ou péritonéale), ce qui en fait, comme
le cancer de l’ovaire, une cible thérapeutique parfaitement adaptée à ce type d’approche par virothérapie.
M. Grégoire, N. Boisgerault, J.B. Guillerme, J.F. Fonteneau