Comment gérer un traitement à long terme par abrocitinib dans la dermatite atopique

JPM : Pr Blauvelt, vous avez présenté dans la session des late breaking abstracts, une étude de phase 3b sur la gestion à long terme de l'abrocitinib dans la dermatite atopique.

Le design de cette étude est très innovant et apporte des réponses concrètes aux patients qui souhaitent arrêter le traitement. Pouvez-vous nous en dire plus ?

AB : comme vous l’avez souligné, il s’agit d’une étude de phase III mais pas de l’étude pivot où nous l’avons comparé au placebo ce qui est nécessaire pour en établir l’efficacité. L’objectif de cette étude est de s’intéresser au traitement d’entretien et le schéma est le suivant. 100 % des patients ont reçu le traitement par abrocitinib 200 mg/j, inhibiteur sélectif de JAK 1, pendant 12 semaines puis les patients bon répondeurs (score IGA 0-1 et réponse EASI 75) – 65 % des patients – étaient re-randomisés en 3 bras pour une période de maintenance jusqu’à la semaine 52 : poursuite de l’abrocitinib à la même dose de 200 mg/j, abrocitinib 100 mg/ jour et placebo. Les patients ont été suivis jusqu’à S52 afin d’évaluer le taux de rechute. Les patients rechuteurs des deux derniers bras étaient mis à nouveau sous abrocitinib 200 mg/j.

JPM : merci de nous avoir précisé le schéma de l’étude, quels en sont les résultats ?

AB : ces résultats sont très intéressants puisque la majorité des patients restés sous abrocitinib n’ont pas présenté de rechute au cours de cette période de suivi de 40 semaines. 81 % des patients ayant continué à recevoir le dosage le plus élevé n’ont pas présenté de rechute. Pour ceux ayant reçu la dose réduite à 100 mg/j, la majorité est restée indemne de rechute soit 57 % des patients. En revanche, pour les patients ayant reçu le placebo, la rechute est bien plus fréquente (81 %) mais on remarque quand même que 19 % des patients ayant reçu le traitement à dose complète pendant 12 semaines ne présentent pas de rechute à l’arrêt du traitement sur les 40 semaines de suivi ultérieur. Ce sous-groupe particulier de patients n’a donc pas nécessité de traitement d’entretien alors qu’un autre sous-groupe, resté sous la dose la plus élevée, a pourtant présenté une rechute : les pourcentages sont comparables, de l’ordre de 20 %. On peut donc imaginer que 20 % des patients pourraient ne pas nécessiter de traitement d’entretien après une 1ère réponse alors qu’un pourcentage similaire de patients vont rechuter malgré tout sous traitement. Ces résultats sont très intéressants car ils nous apportent des informations sur des possibles choix d’utilisation de l’abrocitinib en pratique quotidienne.