Mise au point

Brèves…

Mis en ligne le 01/02/2001

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L’effet d’une diététique hypolipidique varie selon le niveau initial du cholestérol HDL Un grand nombre d’accidents coronariens surviennent chez des sujets ayant une diminution du cholestérol HDL (< 0,35 g/l). Une réduction des apports lipidiques, et en particulier des acides gras saturés fréquemment recommandés chez les coronariens, entraîne une diminution du cholestérol LDL mais aussi du cholestérol HDL. Chez les sujets normolipidémiques ayant initialement un cholestérol HDL bas, le profil des HDL est surtout représenté par une diminution de la sous-population HDL-α&sub1/sub; de grande taille ne contenant que de l’apo A;&sub1/sub; (LpA;&sub1/sub;) correspondant approximativement à la fraction HDL&sub2/sub;, alors que la sous-population HDL-α&sub3/sub; de plus petite taille et correspondant approximativement aux particules HDL&sub3/sub; prédomine, comparativement aux sujets normolipidémiques. La question est donc de savoir quel est l’effet d’une diététique hypolipidique chez les sujets ayant un cholestérol HDL bas ou normal (> 0,35 g/l). Soixante-seize hommes ont été sélectionnés pour suivre pendant six semaines, dans un essai randomisé, en aveugle et en cross over, trois types de diététique :
  • standard : 37 % de lipides ;
  • step 1 : 28 % de lipides ;
  • step 2 : 24 % de lipides, avec le même pourcentage d’acides gras polyinsaturés.
Sous diététique hypolipidique (step 2), on observe une augmentation du nombre de sujets avec cholestérol HDL bas. La comparaison de la réponse sous diététique hypolipidique est identique pour les deux groupes en ce qui concerne le cholestérol total et le cholestérol LDL, alors que les triglycérides ont augmenté. Mais dans le groupe avec un cholestérol HDL bas, le CHDL et l’apo A;&sub1/sub; n’ont pas diminué, alors qu’ils ont diminué dans le groupe cholestérol HDL normal. De sorte que le rapport cholestérol LDL/cholestérol HDL a diminué significativement dans le groupe cholestérol HDL bas, mais non dans l’autre groupe. Comparativement au groupe cholestérol HDL normal, on observe une diminution de la sous-population des HDL-α&sub1/sub;, particules ne contenant que de l’apo &A;&sub1/sub;. Sous diététique hypolipidique (step 2), la distribution de la concentration de la sous-population des HDL-α&sub1/sub; montre une déviation vers des valeurs plus basses pour l’ensemble des sujets. Cette diminution concerne en fait les sujets ayant un cholestérol HDL normal. En conclusion, chez des sujets normolipidémiques, il semble que le bénéfice d’une diététique hypolipidique ne se manifeste que dans le groupe de sujets avec cholestérol HDL bas. Cela montre également qu’une alimentation modérément hyperglucidique chez les sujets non hypertriglycéridémiques avec cholestérol HDL bas, malgré une petite augmentation des triglycérides, améliore le profil lipidique. Il semblerait donc qu’une diététique hypolipidique n’entraîne pas de profil lipidique favorable chez les sujets ayant un cholestérol HDL normal. Mais, bien que les sujets aient un poids normal, il n’y a pas d’information sur le morphotype de répartition des graisses, qui peut contribuer pour une part importante au profil des HDL. Par ailleurs, la signification d’une baisse du cholestérol HDL, de l’apo A;&sub1/sub;, de la distribution des HDL chez des sujets normolipidémiques n’est pas connue sur le plan physiopathologique ni sur le plan du risque cardiovasculaire réel. En tout état de cause, il n’est sans doute pas nécessaire de réduire l’apport lipidique chez le sujet normolipidémique à cholestérol HDL normal. Mais le rôle du type d’acides gras doit encore être précisé. Cette analyse doit également être faite dans d’autres populations (femmes, sujets en surpoids, hypertriglycéridémiques, sujets à cholestérol HDL élevé, etc.). On s’achemine cependant de plus en plus, en théorie du moins, vers une adaptation individuelle des recommandations nutritionnelles. Dépense énergétique liée aux activités physiques non volontaires Le niveau habituel d’activité physique est actuellement considéré comme un facteur essentiel dans le gain de poids et le développement de l’obésité. Des résultats du groupe de Jensen et al. (Mayo Clinic), publiés en 1999 dans Science, avaient suggéré l’importance de la dépense énergétique liée à l’activité physique non volontaire (nonexercise activity thermogenesis, NEAT) dans la résistance au gain de poids et de masse grasse en situation de suralimentation (Levine et al. Science 1999 ; 283 : 212-4). Cette activité physique “non volontaire” correspond à toutes les activités de la vie courante en dehors des activités physiques de type sportif et comprend en particulier les mouvements involontaires dits de “fidgeting” (par exemple, mouvements des bras ou des jambes accompagnant la parole et/ou liés au maintien de la posture). Pour mieux comprendre le rôle de ce composant de la dépense énergétique qui reste mal connu, ces auteurs ont mesuré par calorimétrie indirecte la dépense énergétique chez 24 adultes (48 à 109 kg) dans les situations suivantes (20 minutes chacune) : au repos strict sans bouger, assis sans bouger, assis avec mouvements spontanés, debout sans bouger, debout avec mouvements spontanés, marche sur tapis roulant à 1,6, 3,2 puis 4,8 km/h avec mouvements spontanés. En moyenne, par comparaison avec la dépense énergétique de repos, la dépense énergétique lors de toutes les activités réalisées avec mouvements de type “involontaire” était significativement augmentée (de 54 % pour la position assise à 292 % pour la marche à 4,8 km/h). Au niveau individuel, pour les positions assise et debout, la dépense énergétique était également augmentée chez chaque sujet lors de la réalisation des mouvements “involontaires” par rapport à la situation sans bouger, avec toutefois une grande variabilité interindividuelle de réponse. Cette augmentation de dépense énergétique pourrait donc expliquer, au moins en partie, les effets de l’activité physique non volontaire en termes de résistance au gain de poids. Cette approche, assez simple mais originale, est importante car, dans les sociétés industrialisées, l’essentiel du temps passé en dehors du sommeil correspond à peu près à ce genre de situations d’activité d’intensité faible à modérée. Toutefois, sur le plan quantitatif, les augmentations constatées restent en moyenne d’amplitude plutôt faible (au maximum 3 fois la dépense de repos), et l’impact physiologique de telles variations reste à démontrer. Un nouveau locus de susceptibilité pour la maladie de Basedow commun à plusieurs maladies auto-immunes La maladie de Basedow est une maladie auto-immune de la thyroïde caractérisée par la présence d’autoanticorps dirigés contre le récepteur de la TSH. Ces autoanticorps stimulent la thyroïde d’une façon similaire à la TSH. La prévalence de la maladie est importante dans la population caucasienne. Le tropisme familial est bien connu. Des études sur des jumeaux monozygotes et dizygotes ont montré que la maladie de Basedow était multifactorielle et certainement polygénique. Le risque relatif (&lambda ;) de développer la maladie est proche de 10. De nombreuses études ont montré une étroite association avec plusieurs polymorphismes du HLA classe II et le gène CTLA-4. Ces résultats ont été confirmés par liaison génétique dans des familles. Néanmoins, les risques relatifs dus à chacun de ces gènes restent modérés et justifient la recherche des autres loci de susceptibilité. Actuellement, trois autres loci ont été caractérisés par cartographie du génome sur les chromosomes 14, 20 et X. La localisation sur le chromosome 14 est proche mais différente de la localisation du gène du récepteur de la TSH. La survenue d’une maladie de Basedow et d’un diabète de type 1 chez le même patient est une situation connue qui suggère que ces deux maladies pourraient partager des facteurs génétiques communs. Vaidya et al. ont testé cette hypothèse sur 67 familles multiplexes (au moins deux membres de la famille atteints ; 152 malades) pour la maladie de Basedow. Ils ont utilisé une stratégie non paramétrique, qui augmente la puissance de la méthode, car elle ne prend pas en compte le modèle génétique de la maladie. Plusieurs loci sont maintenant décrits pour le diabète de type 1. Ces loci ont été testés un par un. Ils ont étudié des frères et sœurs malades en utilisant un marqueur spécifique de chaque loci testé. Une liaison significative a été trouvée pour le loci IDDM6 (D18S46). Ce résultat a été confirmé avec plusieurs marqueurs de la région 18q12-q22. Le lod score obtenu est de 3,09, significatif car supérieur à 3. Ces auteurs estiment que ce loci situé sur le chromosome 18 participe à moins de 25 % du total des facteurs génétiques de susceptibilité pour la maladie de Basedow. En plus du diabète de type 1, cette région du génome a déjà été impliquée dans la polyarthrite rhumatoïde et le lupus érythémateux disséminé. Ces résultats suggèrent donc qu’il existe un gène de susceptibilité sur le bras long du chromosome 18 commun à ces quatre maladies auto-immunes. La spécificité de la réaction auto-immune pourrait dépendre d’un ou plusieurs gènes modificateurs. Pour la maladie de Basedow, le gène du récepteur de la TSH a déjà été éliminé par liaison génétique et des études d’association. Ghréline : nouvelle hormone d’anabolisme lipidique ? La ghréline, peptide de 28 acides aminés, est le ligand endogène du récepteur GHS (Growth Hormone Secretagogue(s)). L’activation du récepteur GHS hypothalamique induit une sécrétion dose dépendante de GH aussi bien in vitro qu’in vivo. Ainsi que cela a déjà été mentionné précédemment par V. Contesse dans nos colonnes (Métabolismes Hormones Nutrition, août 2000), les récepteurs de la ghréline ne sont pas exclusivement localisés à l’hypothalamus. Nombre de tissus périphériques, au premier rang desquels se place le tissu adipeux, expriment ces récepteurs. Par ailleurs, la source essentielle de ghréline est l’estomac et non l’hypothalamus. La ghréline pourrait donc être, à la fois, un des maillons endocriniens du contrôle de la sécrétion de GH et exercer, per se, des effets hormonaux et/ou métaboliques propres. C’est cette hypothèse qu’on testée M. Tschöp et al. sur des modèles murins. Ils démontrent en premier lieu que le taux plasmatique de ghréline du rat, mesurable, est plus élevé en période de jeûne. L’alimentation ou l’apport oral de glucose en abaissent le taux plasmatique, effet qui n’est pas observé uniquement par la dilatation gastrique induite par l’ingestion d’eau seule. Par extrapolation à l’homme, cela pourrait être un des mécanismes de l’effet freinateur physiologique de la charge orale en glucose sur la sécrétion de GH. Alors que l’injection intracérébrale de ghréline stimule la prise alimentaire et accroît consécutivement le poids de l’animal, l’administration sous-cutanée du peptide est également suivie d’une prise de poids par élévation de la masse grasse. L’augmentation observée du quotientrespiratoire est le témoin de l’accroissement de l’utilisation des hydrates de carbone, alors que l’activité locomotrice et la dépense énergétique de l’animal sont inchangées. Des résultats similaires sont obtenus chez des rats nains déficitaires en GH, écartant ainsi un rôle de la GH dans la médiation des effets observés. Le neuropeptide Y (NPY) est un des plus puissants stimulants de la prise alimentaire orientée sur les glucides. Afin de déterminer si les boucles NPYergiques étaient impliquées dans les phénomènes observés, les auteurs ont répété leurs expérimentations sur des souris déficitaires en NPY. Avec ou sans NPY, la ghréline a des effets comparables en termes de poids et de masse adipeuse. Les relais NPYergiques n’apparaissent donc pas en tant que relais obligatoires des effets observés. Ainsi, par son action de stimulant connu de la sécrétion de GH, la ghréline apparaît de plus en plus comme un nouvel élément à considérer dans les relations complexes neuroendocriniennes liant axe somatotrope et balance énergétique.
centre(s) d’intérêt
Endocrinologie