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Niveaux de testostérone pendant la grossesse chez des femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques : étude “Odense Child Cohort”

Mis en ligne le 20/03/2019

Auteurs : Rachel Desailloud

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Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) s'accompagne le plus souvent d'une hyperandrogénie biologique. Pendant la grossesse, l'effet de la testostérone est limité par l'augmentation de la TeBG (Testosterone-estradiol Binding Globulin) liée à l'hyperestrogénie. L'objectif de l'étude danoise Odense Child Cohort était de comparer les taux de testostérone totale (TT), de testostérone libre (FT) et de TeBG ou SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin) de femmes enceintes atteintes du SOPK à ceux de témoins au troisième ­trimestre de grossesse afin d'établir des normes pour les SOPK et les contrôles.

Des échantillons de sang à jeun ont été prélevés à la 28e semaine de gestation. Les taux plasmatiques ont été mesurés par chromatographie en phase liquide-spectrométrie de masse chez 145 femmes présentant un SOPK et 1 341 témoins. Le SOPK était diagnostiqué par le biais d'un questionnaire et/ou au vu du dossier. Les taux de TT (2,4 versus 2,0 nmol/l) et de FT (0,005 versus 0,004 nmol/l) étaient plus élevés, et les taux de TeBG ou SHBG étaient plus bas chez les femmes atteintes de SOPK que chez les témoins (447 versus 477 nmol/l ; p = 0,001).

Les intervalles chez les femmes atteintes de SOPK et les témoins se chevauchaient, rendant difficile la décision de normes ; cela s'explique possiblement par la méthode de diagnostic du SOPK qui était peu spécifique. En régression multiple, les niveaux de testostérone étaient positivement associés au diagnostic de SOPK et à l'indice de masse corporelle (IMC) et inversement associés à l'âge et à la parité. Le sexe fœtal n'était pas prédictif des taux de TT et de FT chez la mère, rendant l'hypothèse d'une association de la sécrétion fœtale liée non plausible.

En conclusion, il y a une hyperandrogénie relative fœtale au troisième trimestre chez les enfants de mère ayant un SOPK. Cette hyperandrogénie relative confère un risque de syndrome métabolique et d'hyperandrogénie future par programmation fœtale chez l'enfant à naître et peut poser la question de la “transmission épigénétique” du SOPK. La relation positive avec l'IMC doit nous encourager à maîtriser le poids avant et pendant la grossesse.

Références

• Glintborg D, Jensen RC, Bentsen K et al. Testosterone levels in third trimester in polycystic ovary syndrome: Odense Child Cohort. J Clin Endocrinol Metab 2018;103:3819-27.

Liens d'interêts

R. Desailloud déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Pr Rachel DESAILLOUD
Pr Rachel DESAILLOUD

Médecin
Endocrinologie et métabolismes
CHU, Amiens
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Endocrinologie