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Le PSA, un “nouveau” marqueur diagnostique du syndrome des ovaires polykystiques ?

Mis en ligne le 31/12/2019

Auteurs : N. Chevalier

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L'équipe de Bicêtre a récemment montré que le dogme reliant hyperprolactinémie et SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) avait vécu, dès lors que les hyperprolactinémies modérées sont correctement explorées (second dosage, recherche d'une macro­prolactinémie ± IRM hypophysaire) (1).

Page aussitôt tournée (ou presque), un nouveau critère diagnostique est mis sur le devant de la scène : le PSA. Cette protéase n'est pas spécifique au sexe masculin et à sa prostate, on la trouve également dans des tissus féminins (ovaire, endomètre, sein) et dans certains fluides biologiques (lait, liquide amniotique). Beaucoup de tissus stéroï­dogéniques donc…

Une corrélation a précédemment été rapportée avec les taux de progestérone, de glucocorticoïdes et d'androgènes. PSA, prostate, androgènes : un pas de deux pour se diriger vers le SOPK ! Une équipe chinoise (2) a pu identifier dans la littérature 28 publications à propos du PSA et du SOPK, parmi lesquelles seulement 11 présentaient des données ­suffisantes pour réaliser une méta-analyse.

Sur un échantillon de 532 patientes (285 atteintes de SOPK et 247 témoins) relativement hétérogène (I2 = 63 %), Wu et al. ont mis en évidence une corrélation faible, mais existante, entre le PSA total ou le PSA libre et la présence d'un SOPK (différence standard médiane de 0,84 (IC95 : 0,49-1,19 ; p < 0,01) et de 0,76 (IC95 : 0,53-0,99 ; p < 0,01), respectivement). La sensibilité serait de 70 à 80 % et la spécificité de 80 à 85 %.

Si l'origine de ces taux plus élevés de PSA n'est pas expliquée par les auteurs, ils suggèrent que cette élévation pourrait être le reflet de l'action tissulaire de l'hyperandrogénie observée dans le SOPK, constituant donc un bon marqueur de l'activité du SOPK. Autre avantage supplémentaire du PSA : il n'y a pas de variation durant le cycle.

Si ces données se confirment, il ne faudra pas oublier de prévenir patientes et correspondants car les premières ordonnances en surprendront plus d'un(e)s.

Références

1. Delcour C et al. PCOS and hyperprolactinemia: what do we know in 2019? Clin Med Insights Reprod Health 2019;13:1-7.

2. Wu ZH et al. Prostatic-specific antigen (PSA) levels in patients with polycystic ovary syndrome (PCOS): a meta-analysis. J Ovarian Res 2019;12:94.

Liens d'interêts

N. Chevalier déclare ne pas avoir de liens d’intérêts en relation avec cet article.

auteur
Pr Nicolas CHEVALIER
Pr Nicolas CHEVALIER

Médecin
Endocrinologie et métabolismes
Hôpital de l’Archet, CHU, Nice
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Endocrinologie