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Réponse cérébrale au sucre et adolescents à risque d'obésité

Mis en ligne le 20/03/2019

Auteurs : Jean-Michel Lecerf

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Avoir un apport en calories plus important que ce que l'on dépense, de façon prolongée, va positiver la balance énergétique et faire prendre du poids. Les aliments plaisants, hyperpalatables, sont à risque élevé de surconsommation. Les aliments gras et sucrés sont hyperpalatables. Pourquoi sont-ils surconsommés ? Sont-ils davantage consommés par les enfants et les adolescents à risque d'obésité ? Cela pourrait rendre compte d'un des mécanismes de la transmission de l'obésité via l'attirance pour le goût sucré en raison de ses effets hédoniques. Le statut pondéral ne modifierait-il pas également la réponse cérébrale à des stimuli alimentaires (visuels ou gustatifs) ?

Cette étude a inclus 108 adolescents de poids normal, ayant un indice de masse corporelle (IMC) de 20,9 ± 1,9 kg/m2 ; 53 étaient à risque d'obésité en raison du statut parental (les 2 parents en surpoids ou obèses) et 55 présentaient un risque moindre d'obésité (1 ou les 2 parents de poids normal). L'imagerie fonctionnelle par résonance anagénétique a été utilisée avec la mesure de la réponse à des stimuli alimentaires. Les stimuli comportaient : 4 milk-shakes ayant des teneurs variables en sucre et en graisses – comparés à une solution neutre, fade, pauvre en calories – des images d'aliments appétissants et des verres d'eau.

Comparativement aux adolescents présentant un moindre risque d'obésité, les adolescents à risque d'obésité avaient une plus grande réponse en imagerie fonctionnelle dans les zones corticales somatosensorielles du goût et de l'oralité avec les milk-shakes qu'avec des solutions neutres, ce qui avait déjà été mis en évidence. En particulier, les adolescents à risque d'obésité (mais pas en surpoids) montraient de plus fortes réponses somato­sensorielles avec les milk-shakes riches en sucre, comparativement aux solutions neutres et fades. Cependant, il n'y avait pas d'effet du statut avec risque d'obésité pour les milk-shakes riches en lipides.

En revanche, les réponses en imagerie fonctionnelle à la suite des stimuli d'images d'aliments appétissants n'étaient pas du tout influencées par le statut du risque d'obésité.

Ainsi, cette étude confirme que l'hérédité pondérale pourrait déterminer la préférence puis l'attirance et la consommation d'aliments riches en sucre, en activant plus fortement certaines zones du cortex cérébral, ce qui pourrait participer à la transmission de l'obésité. Dans les familles à risque d'obésité, il faut à la fois limiter l'exposition à ce type d'aliments et apprendre à les manger avec modération plutôt que les interdire.

Références

• Shearrer GE, Stice E, Burger KS. Adolescents at high risk of obesity show greater striatal response to increased sugar content in milkshakes. Am J Clin Nutr 2018;107:859-66.

Liens d'interêts

J.M. Lecerf déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Jean-Michel  LECERF
Dr Jean-Michel LECERF

Médecin
Endocrinologie et métabolismes
Institut Pasteur, Lille
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Endocrinologie
thématique(s)
Nutrition