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La stéatose hépatique non alcoolique pendant le premier trimestre de la grossesse et ses conséquences sur le développement du diabète gestationnel

Mis en ligne le 20/03/2019

Auteurs : Bertrand Duvillié

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On sait qu'il existe des liens entre la maladie du foie gras non alcoolique ou stéatose hépatique non alcoolique (Non Alcoholic Fatty Liver Disease [NAFLD]) et l'homéostasie glucidique, mais aucune étude clinique n'avait été réalisée pendant la grossesse. L'objectif de ce travail était de rechercher un lien de causalité entre la NAFLD pendant le premier trimestre de la grossesse et l'apparition d'un diabète gestationnel. Il s'agissait d'une étude prospective multicentrique, incluant des femmes coréennes entre 10 et 14 semaines de grossesse. La NAFLD était détectée grâce à une analyse par ultrasons. L'index graisseux du foie (Fatty Liver Index [FLI]) et l'index de stéatose hépatique (Hepatic Steatosis Index [HSI]) ont été déterminés. De plus, les concentrations d'adiponectine et de sélénoprotéine P ont été mesurées. On a ensuite évalué si les patientes développaient un diabète gestationnel à 28 semaines de grossesse.

Sur les 608 femmes incluses dans l'analyse finale, 18,4 % étaient atteintes de NAFLD, et 5,9 % ont développé un diabète gestationnel. Parmi l'ensemble des patientes ayant un diabète gestationnel, 55,6 contre 16,1 % (p < 0,001) avaient une plus forte prévalence de stéatose (détectée par analyse radiologique), et des scores FLI et HSI plus élevés (respectivement, 40 versus 17 % ; p < 0,001 et 35,5 versus 29 % ; p < 0,001). Le risque de développer un diabète gestationnel était significativement augmenté chez les participantes ayant une NAFLD et était positivement corrélé à la sévérité de la stéatose. Lorsqu'un ajustement en relation avec les risques métaboliques, dont la résistance à l'insuline, était réalisé, la relation entre NAFDL et diabète gestationel restait significative. De plus, les niveaux d'adiponectine et de sélénoprotéine P dans le plasma de la mère étaient aussi corrélés à la NAFDL et au risque de développer un diabète gestationnel.

Il résulte de cette étude que la NAFLD représente un risque de diabète gestationnel. L'adiponectine semble être un bon marqueur pour prédire l'apparition de diabète gestationnel chez les femmes enceintes.

Références

• Lee SM, Kwak SH, Koo JN et al. Non-alcoholic fatty liver disease in the first trimester and subsequent development of gestational diabetes mellitus. Diabetologia 2018 [Epub ahead of print].

Liens d'interêts

B. Duvillié déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Bertrand DUVILLIÉ
Dr Bertrand DUVILLIÉ

Médecin
Endocrinologie et métabolismes
Institut Curie, Inserm U1021, Orsay
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Endocrinologie
thématique(s)
Diabète