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Traitement par alirocumab et résultats cardiovasculaires après syndrome coronarien aigu

Mis en ligne le 20/03/2019

Auteurs : Rachel Desailloud

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Les patients ayant des antécédents de syndrome coronarien aigu ont un risque élevé de récidive d'événements ischémiques. Les auteurs ont étudié les effets de l'alirocumab, un anticorps monoclonal humain dirigé contre la proprotéine convertase subtilisine-kexine de type 9 (PCSK9), en association à une statine à haute dose ou à dose maximale tolérée, dans les 12 mois suivant un syndrome coronarien aigu.

L'essai multicentrique, randomisé, en double aveugle, contre placebo, a inclus 18 924 patients. Le taux de cholestérol LDL était ≥ 0,7 g/l, le non-HDL ≥ 1 g/l, le taux d'apolipoprotéine B était ≥ 0,8 g/l. Au cours de l'étude, 9 462 patients ont reçu l'alirocumab administré par voie sous-cutanée à une dose de 75 mg toutes les 2 semaines et 9 462 ont reçu le placebo. La dose d'alirocumab a été ajustée en aveugle pour cibler un taux de cholestérol LDL entre 0,25 et 0,5 g/l.

Le critère principal était composite : décès par cardiopathie coronarienne, infarctus du myocarde (IDM) non mortel, décès ou accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique ou angor instable nécessitant une hospita­lisation.

La durée médiane de suivi était de 2,8 ans. Parmi les patients sous alirocumab, 9,5 % contre 11,1 % des patients du groupe placebo (IC95 : 0,78-0,93 ; p < 0,001) ont présenté un événement du critère principal, 3,5 % contre 4,1 % sont décédés (RR = 0,85 ; IC95 : 0,73-0,98), et 10,3 % contre 11 % (p < 0,001) ont présenté le critère composite incluant les décès toutes causes, IDM et AVC non fatals. Le bénéfice absolu d'alirocumab par rapport au critère composite principal était plus élevé chez les patients ayant un taux de cholestérol LDL ≥ 1 g/l que pour ceux ayant un taux entre 0,7 et 1 g/l. L'incidence des événements indésirables était similaire dans les 2 groupes, à l'exception des réactions locales au site d'injection (3,8 % dans le groupe alirocumab contre 2,1 % dans le groupe placebo).

En conclusion, l'alirocumab en adjonction aux statines a un effet supplémentaire sur la morbimortalité. Il faut cependant rappeler qu'en France, fin janvier 2019, l'alirocumab n'est remboursé que chez les patients en prévention secondaire ayant une hypercholestérolémie familiale et des taux indiquant une LDL-aphérèse (soit < 2 g/l) sous traitement maximal supporté.

Références

• Schwartz GG, Steg PG, Szarek M et al. Alirocumab and cardiovascular outcomes after acute coronary syndrome. N Engl J Med 2018;379:2097-107.

Liens d'interêts

R. Desailloud déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Pr Rachel DESAILLOUD
Pr Rachel DESAILLOUD

Médecin
Endocrinologie et métabolismes
CHU, Amiens
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Endocrinologie