Dossier

Hyperéosinophilies chroniques inexpliquées

Mis en ligne le 26/11/2015

Auteurs :

Lire l'article complet (pdf / 1,28 Mo)

Toute hyperéosinophilie (HE), symptomatique ou non, impose systématiquement une enquête étiologique approfondie, toujours associée à un bilan du retentissement viscéral propre à l'éosinophilie. La découverte d'anomalies génétiques récurrentes de la lignée éosinophile ou de dysfonctionnements de la lignée lymphoïde dans des HE jusqu'à présent inexpliquées ont permis le développement de thérapies ciblées, dont certaines ont révolutionné le pronostic, autrefois péjoratif, de ces maladies.

La découverte d'une hyperéosinophilie (HE) sanguine requiert une démarche systématique et méthodique d'investigation. Même modérée (< 1,5 × 109/l), elle peut être le signe d'appel de maladies graves associées (maladies systémiques, tumeurs malignes solides, etc.), mais aussi de causes plus fréquentes et facilement curables (hypersensibilité médicamenteuse, même en l'absence d'éruption cutanée, parasitoses). Si les progrès de la biologie moléculaire ont permis d'identifi er de nombreuses anomalies moléculaires à l'origine de néoplasies myéloïdes ou lymphoïdes responsables d'une HE, on rappellera ici que les causes les plus fréquentes sont les HE médicamenteuses, parasitaires, l'atopie (pour les HE modérées > 1 500/mm3), tumorales, ou des maladies à éosinophiles restreintes à un organe (gastro-entérite à polynucléaires éosinophiles [PNE], pneumopathie à PNE). Les hémopathies dont il sera question dans cet article ne doivent être envisagées qu'après l'élimination des causes mentionnées ci-dessus ou devant un tableau très évocateur.

auteur
Dr Jean-Emmanuel KAHN

Médecin
Médecine interne
Hôpital Foch, SURESNES
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Hématologie,
Oncologie hématologie
Mots-clés