Revue de presse (RDP)/Actualités Recherche

Le retour du romiplostim dans la prise en charge des syndromes myélodysplasiques de bas risque

Mis en ligne le 07/03/2018

Auteurs : M. Meunier

Lire l'article complet (pdf / 1,49 Mo)

La thrombocytopénie est présente chez environ 50 % des patients atteints d'un syndrome myélodysplasique (SMD) de faible risque selon l'IPSS, et elle est associée à un risque accru de transformation en leucémie aiguë myéloïde (LAM). De nombreuses études suggèrent que le romiplostim pourrait améliorer la thrombocytopénie chez ces sujets. Cependant, des études de phase II ont été interrompues en raison d'un excès de blastes et de proportions élevées de transformation en LAM après le début du traitement. Dans cette nouvelle étude multicentrique de phase II conçue spécialement pour analyser le risque de transformation en LAM, 250 patients ont été inclus pour recevoir soit un placebo soit le romiplostim 1 fois par semaine pendant 58 semaines. Un suivi de 5 ans était prévu. Quatre-vingt quatre pour cent des patients inclus ont pu être suivis pendant 5 ans. À la fi n du suivi, 12 % des sujets du groupe romiplostim, contre 11 % de ceux du groupe placebo, ont développé une LAM (p = 0,88) ; il n'y a pas de différence significative non plus concernant le nombre de patients décédés (p = 0,89).

Malgré les inquiétudes initiales concernant l'augmentation de la transformation en LAM, ce suivi à long terme a montré que le traitement par romiplostim n'avait aucun impact négatif significatif sur la transformation en LAM ou la survie.

Commentaire

Le traitement par romiplostim en monothérapie montre son efficacité en termes de réduction des transfusions plaquettaires. Cette étude permet de rassurer la communauté scientifique sur l'absence de surrisque de transformation en LAM dans les cas de SMD de bas risque traités par romiplostim. Par ailleurs, l'utilisation de romiplostim en association avec l'azacitidine, la décitabine et le lénalidomide a été évaluée dans des études de phaseII sur de faibles effectifs. De nouvelles études seraient nécessaires pour évaluer de manière plus complète la place du romiplostim en association avec les thérapeutiques utilisées actuellement pour traiter les SMD de bas risque. Le protocole EUROPE est la suite logique de cette étude.

Références

• Kantarjian HM, Fenaux P, Sekeres MA et al. Long-term follow-up for up to 5 years on the risk of leukaemic progression in thrombocytopenic patients with lower-risk myelodysplastic syndromes treated with romiplostim or placebo in a randomised double-blind trial. Lancet Haematol 2018 [Epub ahead of print].

Liens d'interêts

L'auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Mathieu MEUNIER

Interne
Hématologie
CHU Grenoble-Alpes, Grenoble
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Hématologie,
Oncologie hématologie
thématique(s)
Syndromes myélodysplasiques
Mots-clés