Congrès/Réunion

News San Antonio 2019 – SABCS, San Antonio (Texas), 4-8 décembre 2018

Mis en ligne le 29/03/2019

Auteurs : O. Trédan

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Pour les cliniciens, la nouvelle la plus importante de cette année à San Antonio aura été la publication des données de l'étude KATHERINE (1). Tout d'abord, cette étude va changer les pratiques, mais, surtout, elle va permettre de bien positionner la réponse histologique comme un paramètre important des stratégies thérapeutiques. En effet, dans cette étude où près de 1 500 patientes ont été incluses, la question posée était celle du changement du traitement anti-HER2, en cas d'absence de réponse complète histologique. Les patientes présentaient donc un carcinome avec surexpression de HER2 (revue de façon centralisé) et étaient traitées en situation néoadjuvante par au moins 9 perfusions de paclitaxel hebdomadaire et du trastuzumab. Les patientes présentant une maladie résiduelle après cette chimiothérapie néoadjuvante étaient randomisées entre la poursuite du trastuzumab (standard) et un traitement par T-DM1. La survie sans maladie invasive (IDFS) était augmentée avec le traitement par T-DM1, avec un HR à 0,5 (IC95 : 0,39-0,64 ; p < 0,0001). L'IDFS à 3 ans était de plus 88 % dans ce groupe de patientes (contre 77 % dans le groupe contrôle). Le T-DM1 va donc probablement devenir un standard de traitement en situation postopératoire, si la chimiothérapie néoadjuvante à base de trastuzumab ne permet pas l'obtention de la réponse complète histologique.

Une nouvelle arme thérapeutique est aussi en train d'émerger : l'inhibition de l'isoforme α de la sous-unité catalytique de la PI3K. En effet, les données de SOLAR-1 ont à nouveau été présentées. L'alpélisib permet d'augmenter la survie sans progression d'une population de patientes (n = 572) prétraitées par inhibiteur de l'aromatase (randomisation entre fulvestrant + placebo et fulvestrant + alpélisib). Dans l'ensemble de la population avec des tumeurs ayant une mutation du gène PIK3CA, le HR est de 0,65, en faveur de l'alpélisib, avec une amélioration de la médiane de survie sans progression (SSP), qui passe de 5,7 à 11 mois. De façon très intéressante, lorsque les patientes sont sélectionnées sur la présence de la mutation de PIK3CA dans l'ADN tumoral circulant, le bénéfice de l'alpélisib est encore plus net (HR = 0,55). Cette étude ouvre donc la porte à la sélection des médicaments par l'ADN tumoral circulant. Sous pression de sélection par les traitements (hormonothérapie ou thérapies ciblées), peuvent émerger des clones tumoraux d'intérêt (avec mutation d'ESR1, de PIK3CA, d'AKT, etc.), ce qui permettra sans doute une optimisation des stratégies thérapeutiques.■

Références

1. Geyer, Jr. CE et al. Phase III study of trastuzumab emtansine (T-DM1) vs trastuzumab as adjuvant therapy in patients with HER2-positive early breast cancer with residual invasive disease after neoadjuvant chemotherapy and HER2-targeted therapy including trastuzumab: Primary results from KATHERINE. SABCS 2018, abstr. GS1_10.

Liens d'interêts

O. Trédan déclare avoir des liens d’intérêts avec les laboratoires Roche, Novartis, AstraZeneca, Pfizer, Lilly, BMS et MSD.

auteur
Dr Olivier TRÉDAN
Dr Olivier TRÉDAN

Médecin
Oncologie
Centre Léon-Bérard, Lyon
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Onco-théranostic,
Vie professionnelle
thématique(s)
Education thérapeutique