Dossier

Cancer de la prostate
métastatique : quelle place pour l'hormono-chimiothérapie ?

Mis en ligne le 12/12/2018

Mis à jour le 14/12/2018

Auteurs : D. Borchiellini

Avec les résultats positifs des études CHAARTED et STAMPEDE, on sait désormais que le docétaxel est un des nouveaux standards en association avec la déprivation androgénique chez les patients ayant un cancer de la prostate d'emblée métastatique qui commencent un traitement, notamment pour les maladies à haut volume tumoral. Malgré les résultats plus nuancés de l'étude GETUG-AFU 15, la méta-analyse de ces 3 essais de phase III confirme le bénéfice en survie globale de l'hormono-chimio thérapie (docétaxel 75 mg/m 2 /21 jours sans prednisone en continu, 6 cycles) par rapport à l'hormonothérapie seule (HR = 0,77 ; IC 95 : 0,68-0,87 ; p < 0,0 001). Des questions restent cependant en suspens sur les critères de sélection des patients (notamment le volume tumoral, mais également l'âge, le score de Gleason, le site des métastases ou le traitement antérieur local de la tumeur prostatique), ainsi que sur le rapport bénéfice/risque lié à la toxicité immédiate de la chimiothérapie. Ces données doivent également être mises en perspective avec les résultats récents des essais LATITUDE et STAMPEDE, qui montrent un bénéfice en survie globale de l'adjonction de l'abiratérone + prednisone à la déprivation androgénique chez des patients atteints d'un cancer de la prostate d'emblée métastatique à haut risque, dont la définition recoupe fortement celle du haut volume tumoral de l'essai CHAARTED. Il n'existe pas pour l'instant de critère formel permettant de choisir entre ces 2 options validées autre que la discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire, le profil de toxicité, la préférence du patient et, à une échelle médico -économique plus large, le coût du traitement. D'autres molécules ou des associations de ces différents traitements sont en cours d'évaluation et devraient apporter un nouvel éclairage dans les années à venir.

Liens d'interêts

D. Borchiellini déclare avoir des liens d’intérêts avec Janssen, Sanofi, Astellas, Ipsen.

auteur
Dr Delphine BORCHIELLINI
Dr Delphine BORCHIELLINI

Médecin
Oncologie
Centre Antoine-Lacassagne, Nice
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Oncologie urologie,
Urologie
thématique(s)
Prostate
Mots-clés