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Cancers familiaux du testicule : une étiologie polygénique

Mis en ligne le 26/09/2018

Auteurs : P. Beuzeboc

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En cas de cancer du testicule, les analyses de registre ont montré que les hommes jeunes au premier degré de la famille ont un risque multiplié par 4 à 8 de développer ce type de cancer. Selon le registre national suédois, chez environ 2 % des patients atteints d'une tumeur germinale du testicule, on retrouve un cas parmi les membres de la famille au premier degré (1). Ont été décrits également des formes familiales de cancer du testicule avec de multiples cas ainsi que des cas chez des jumeaux homozygotes, suggérant une base héréditaire (2).

Des analyses génomiques à large échelle (exome) ont permis de confirmer que le cancer du testicule n'était pas une maladie monogénique liée à des gènes à forte pénétrance (3). Dans les formes sporadiques, les études récentes pangénomiques ou GWAS (Genome-Wide Association Studies) ont identifié 49 loci indépendants associés au risque de cancer du testicule (4, 5). Jusqu'à présent, il n'a pas été démontré que les formes familiales étaient liées à un enrichissement de ces variants.

Pour explorer le rôle de la susceptibilité polygénique dans l'étiologie des formes familiales de tumeurs germinales du testicule, cette étude suédoise (6) a analysé le génotype de 236 cas familiaux et de 3 931 cas sporadiques ainsi que celui de 12 368 sujets contrôles d'une population en bonne santé. Les auteurs ont extrait des SNP (Single-Nucleotide Polymorphism) de 37 loci associés de façon robuste au risque de tumeurs germi­nales du testicule. Ils ont calculé un score de risque polygénique (PRS) combinant le nombre d'allèles à risque et leur effet taille.

Comparant les différents groupes, ils ont observé un enrichissement significatif d'allèles à risque dans les cas familiaux par rapport aux cas sporadiques (pour le nombre d'allèles, p = 0,0 001 ; pour le PRS, p = 0,0 001), le plus représenté étant le SNP rs3751 673 (situé sur le chromosome 16q24.2). Une majorité des cas familiaux (84 à 100 %) était attribuable à un enrichissement polygénique. Le PRS était plus élevé dans les familles présen­tant 3 cas ou plus comparativement à celles n'en comptant que 2.


Commentaire. Jusqu'à présent, on ne savait pas si les cas familiaux étaient dus à des facteurs génétiques seuls ou à des facteurs environnementaux. Cette étude montre clairement qu'ils sont liés, au moins en grande partie, à la présence élevée de mêmes variants génétiques.

Références

1. Swerdlow AJ, De Stavola BL, Swanwick MA et al. Risks of breast and testicular cancers in young adult twins in England and Wales: evidence on prenatal and genetic aetiology. Lancet 1997;350(9093):1723-8.

2. Hemminki K, Chen B. Familial risks in testicular cancer as aetiological clues. Int J Androl 2006;29(1):205-10.

3. Stone L. Testicular cancer: no major predisposition gene in TGCT. Nat Rev Urol 2018;15(4):202.

4. Litchfield K, Loveday C, Levy M et al. Large-scale sequencing of testicular germ cell tumour (TGCT) cases excludes major TGCT predisposition gene. Eur Urol 2018;73(6):828-31.

5. Wang Z, McGlynn KA, Rajpert-De Meyts E et al. Meta-analysis of five genome-wide association studies identifies multiple new loci associated with testicular germ cell tumor. Nat Genet 2017;49(7):1141-7.

6. Loveday C, Law P, Litchfield K et al.; UK Testicular Cancer Collaboration, The PRACTICAL Consortium, Reid A, Huddart RA, Houlston RS, Turnbull C. Large-scale analysis demonstrates familial testicular cancer to have polygenic aetiology. Eur Urol 2018;74(3):248-52.

Liens d'interêts

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auteur
Dr Philippe BEUZEBOC
Dr Philippe BEUZEBOC

Médecin
Radiothérapie
Hôpital Foch, Suresnes
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Oncologie urologie,
Urologie
thématique(s)
Testicule
Mots-clés