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Étude SAUL : atézolizumab dans les cancers avancés ou métastatiques urothéliaux et non urothéliaux du tractus urinaire

Mis en ligne le 30/06/2019

Auteurs : P. Beuzeboc

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L'atézolizumab est un anticorps anti-PD-L1 approuvé aux États-Unis dans les cancers urothéliaux localement avancés ou métastatiques en première ligne chez les patients inéligibles au cisplatine. Il cible PD-L1 et inhibe son interaction avec les récepteurs PD-1. Il bloque aussi la fixation de PD-L1 avec B7-1 (CD80), une interaction qui permet d'inhiber la signalisation des lymphocytes T. Il a montré dès l'étude de phase I des résultats prometteurs (1).

L'étude de phase II IMvigor 210 comprenait 2 cohortes. La médiane de survie globale (SG) était de 15,9 mois pour les 119 patients inéligibles au cisplatine, traités en première ligne (2), et de 79,0 mois pour les 311 patients en progression après une chimiothérapie à base de cisplatine.

L'essai de phase III IMvigor 211 après au moins 1 ligne de chimiothérapie à base de platine n'a pas montré d'avantage significatif par rapport à une chimiothérapie par taxane ou vinflunine pour des tumeurs avec une expression de PD-L1 ≥ 5 % (3). La médiane de survie était de 8,7 mois.

L'étude internationale SAUL, réalisée en Europe, Asie, Amérique du Sud, Australie et Canada (4), a évalué l'atézolizumab dans une plus grande population de patients de la “vraie vie”, prétraités et inéligibles dans l'étude de phase III pivotale IMvigor 211.

Entre novembre 2016 et mars 2018, l'essai SAUL a inclus 1 004 patients en progression après 1 à 3 lignes de traitement. Trente-cinq présentaient une pathologie auto-­immune (dont 15 psoriasis, 4 polyarthrites rhumatoïdes, 3 thyroïdites). Ils ont été traités à la dose de 1 200 mg tous les 21 jours jusqu'à progression ou toxicité inacceptable. Il faut noter que la prévalence de l'expression de PD-L1 IC2/IC3 était similaire : 26 versus 25 % dans IMvigor 211.

Avec un suivi médian de 12,7 mois, la durée médiane de traitement était de 2,8 mois (5 cycles), avec un taux de réponse de 13 %, une médiane de survie sans progression de 2,2 mois et un taux de survivants à 6 mois de 60 %. Il faut signaler que 26 % des patients ont reçu 12 cycles ou plus, 13 % 18 cycles ou plus et 4 % 24 cycles ou plus. L'arrêt du traitement a été décidé dans la majorité des cas du fait d'une progression tumorale. Des effets indésirables imputables au traitement de grade ≥ 3 ont été rapportés dans 13 % des cas.

Commentaire

Pour les patients dont les critères d'inclusion étaient comparables à ceux de l'essai IMvigor 211 (environ les deux tiers), la médiane de SG était de 10 mois. On peut conclure que les résultats constatés sont similaires à ceux des patients sélectionnés dans les essais thérapeutiques reposant sur des critères plus drastiques.

Références

1. Petrylak DP et al. Atezolizumab (MPDL3280A) monotherapy for patients with metastatic urothelial cancer: long-term outcomes from a phase 1 study. JAMA Oncol 2018;4(4):537-44.

2. Balar AV et al. Atezolizumab as first-line treatment in cisplatin-ineligible patients with locally advanced and meta­static urothelial carcinoma: a single-arm, multicentre, phase 2 trial. Lancet 2017;389(10064):67-76.

3. Balar AV et al. Atezolizumab (atezo) in first-line cisplatin-ineligible or platinum-treated locally advanced or meta­static urothelial cancer (mUC): long-term efficacy from phase 2 study IMvigor 210. ASCO® 2018 : abstr. 4523.

4. Sternberg CN et al. Primary results from SAUL, a multinational single-arm safety study of atezolizumab therapy for locally advanced or metastatic urothelial or nonurothelial carcinoma of the urinary tract. Eur Urol 2019 Mar 22. [Epub ahead of print]

Liens d'interêts

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auteur
Dr Philippe BEUZEBOC
Dr Philippe BEUZEBOC

Médecin
Radiothérapie
Hôpital Foch, Suresnes
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Oncologie urologie,
Urologie
thématique(s)
Vessie