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Nivolumab dans les carcinomes métastatiques du rein non à cellules claires

Mis en ligne le 07/07/2018

Auteurs : P. Beuzeboc

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Les carcinomes non à cellules claires représentent 15 à 25 % des cancers du rein. Ils forment un groupe hétérogène incluant les cancers papillaires, chromophobes, des tubes collecteurs, avec translocation Xp11, médullaires et inclassables. Ces différents sous-types histologiques ont des caractéristiques pathologiques et moléculaires spécifiques. Une importante méta-analyse portant sur 49 études et 1 244 cas de carcinomes non à cellules claires a montré des taux de réponses aux antiangiogéniques et aux ­anti-mTOR plus faibles, ainsi qu'une survie sans progression (SSP) et une survie globale (SG) plus courtes (1). Des essais randomisés ont mis en évidence que les anti-mTOR étaient inférieurs aux antiangiogéniques (2, 3). Du fait du peu d'essais prospectifs, les stratégies thérapeutiques sont souvent extra­polées à partir des essais des cancers à cellules claires (4).

Le nivolumab, un anticorps anti-PD-1 récemment agréé en deuxième ligne dans les carcinomes à cellules claires à la suite des résultats de l'essai de phase III CheckMate 025 (5), est-il efficace dans les sous-types histologiques non à cellules claires ? Ces derniers peuvent exprimer PD-L1 (6).

Cette étude multicentrique de 6 institutions américaines (7) a analysé rétrospectivement l'efficacité et la tolérance de ce traitement dans une cohorte de 41 patients traités entre décembre 2015 et juin 2017. L'âge médian était de 58 ans (33-82 ans), et 71 % des sujets étaient des hommes. La répartition sur le plan histologique était la suivante : 16 papillaires, 14 non classés, 5 chromophobes, 4 des tubes collecteurs, 1 avec une translocation Xp11, 1 MTSCC (Mucinous Tubular and Spindle Cell Carcinoma).

Sur les 35 patients évaluables, 7 (20 %) ont présenté une réponse objective. Les réponses ont été observées dans les sous-types inclassable, papillaire et des tubes collecteurs. Le suivi médian est de 8,5 mois. La durée médiane de traitement est de 3 mois, et le nombre médian de doses de nivolumab reçues est de 7. La médiane de SSP est de 3,5 mois.

La médiane de durée de réponse n'était pas atteinte chez les répondeurs, ni la médiane de SG.

Les principaux effets indésirables sont la fatigue (12 %), la fièvre (10 %), les rashs cutanés (10 %), l'hypothyroïdie (7 %) et un cas de détresse respiratoire, comme cela était attendu et avait été rapporté récemment dans l'étude NIVOREN, conduite par le GETUG et exposée à l'ASCO® GU 2018.

Cette étude prospective, monobras et multicentrique avait pour objectif d'évaluer la tolérance et l'efficacité du nivolumab chez des patients plus proches de la “vraie vie” que ceux de l'essai CheckMate 025. Sur le plan de l'efficacité, le taux de réponses globales est de 18,5 %. La SSP médiane est de 4,0 mois (IC95 : 2,9-4,6), avec un taux de SSP de 35,1 % (extrêmes : 31,0-39,3) à 6 mois et de 23,7 % (extrêmes : 19,8-27,7) à 12 mois.

Commentaire. On peut conclure que l'étude multicentrique américaine montre pour la ­première fois que le nivolumab a dans une population hétérogène une certaine efficacité, obtenant un taux de réponses de 20 %, proche de ce qui est observé dans les carcinomes à cellules claires.

Références

1. Vera-Badillo FE, Templeton AJ, Duran I et al. Systemic therapy for non-clear cell renal cell carcinomas: a systematic review and meta-analysis. Eur Urol 2015;67(4):740-9.

2. Tannir NM, Jonasch E, Albiges L et al. Everolimus versus sunitinib prospective evaluation in metastatic non-clear cell renal cell carcinoma (ESPN): a randomized multicenter phase 2 trial. Eur Urol 2016;69(5):866-74.

3. Armstrong AJ, Halabi S, Eisen T et al. Everolimus versus sunitinib for patients with metastatic non-clear cell renal cell carcinoma (ASPEN): a multicentre, open-label, randomised phase 2 trial. Lancet Oncol 2016;17(3):378-88.

4. Malouf GG, Joseph RW, Shah AY, Tannir NM. Non-clear cell renal cell carcinomas: biological insights and therapeutic challenges and opportunities. Clin Adv Hematol Oncol 2017;15(5):409-18.

5. Motzer RJ, Escudier B, McDermott DF et al. Nivolumab versus everolimus in advanced renal-cell carcinoma. N Engl J Med 2015;373(19):1803-13.

6. Choueiri TK, Fay AP, Gray KP et al. PD-L1 expression in nonclear-cell renal cell carcinoma. Ann Oncol 2014;25(11):2178-84.

7. Koshkin VS, Barata PC, Zhang T et al. Clinical activity of nivolumab in patients with non-clear cell renal cell carcinoma. J Immunother Cancer 2018;6(1):9.

Liens d'interêts

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auteur
Dr Philippe BEUZEBOC
Dr Philippe BEUZEBOC

Médecin
Radiothérapie
Hôpital Foch, Suresnes
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Oncologie urologie,
Urologie
thématique(s)
Rein
Mots-clés