Dossier

La neuromodulation S3

Mis en ligne le 01/12/2001

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Lutilisation de stimulations électriques en pathologie urologique n’est pas un sujet récent. Différentes techniques ou sites de stimulation ont été étudiés pour des pathologies aussi diverses que les vessies neurologiques des spina bifida, l’instabilité idiopathique du détrusor, les pollakiuries rebelles ou les rétentions urinaires. Des sites aussi variables que le plancher périnéal, les racines sacrées, la moelle épinière, le détrusor par voie endovésicale ou le nerf dorsal de la verge ont été utilisés pour moduler le comportement vésicosphinctérien et favoriser soit la miction, soit les mécanismes de continence. La plupart des études publiées rapportent des effets intéressants mais qui ont souvent été limités par la faisabilité technique de ces traitements à long terme. C’est à Schmidt et Tanagho, au cours des années 60, que l’on doit les premiers travaux de validation de l’effet d’une stimulation chronique de la racine sacrée S3. Cette technique thérapeutique s’est considérablement développée depuis les années 80, avec l’apparition d’une solution technologique à la fois de stimulation transitoire pour valider l’efficacité intra-individuelle de la stimulation et d’un stimulateur implantable pour la stimulation chronique. La littérature sur ce sujet est très large et hétérogène, et l’on observe souvent que les opinions médicales sur cette nouvelle technique sont divergentes et passionnées. Certains reprochent à cette technique des mécanismes d’action encore peu clairs, des indications tellement variées qu’elles font passer la technique pour un traitement “miracle”. Il est cependant impossible pour les cliniciens qui utilisent cette technique de nier son intérêt pour des patients qui sont parfois transformés, et chez qui la participation d’un effet placebo n’est pas discutable. Pour y voir plus clair, nous allons aborder successivement la place de cette technique dans différentes indications que sont les troubles vésicosphinctériens d’origine neurologique, urologique et anorectale, ainsi que les aspects techniques de la méthode.
centre(s) d’intérêt
Gynécologie et obstétrique