Editorial

La réduction des risques encalminée ?

Mis en ligne le 17/10/2014

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L’entretien, dans ce numéro, avec François Beck, nouveau directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), est l’occasion de nous intéresser au contexte social des addictions.
Justement, aujourd’hui, comme hier, l’approche par la réduction des dommages est encore et toujours remise en cause. Le débat sur les salles de consommation traîne en longueur, alors que, dans 8 pays dans le monde, celles-ci permettent aux usagers de consommer leurs propres produits dans de bonnes conditions d’hygiène, sous la surveillance d’un personnel qualifié, et sans crainte de se faire épingler par la police. Pourtant évaluées positivement, ces expérimentations marquent le pas, entravées par trop de controverses idéologiques. De fait, il semble toujours insurmontable de remettre en cause le dogme de l’abstinence qui reste l’objectif et de promouvoir des solutions alternatives pour diminuer les dommages consécutifs à l’usage de drogues. En réalité, la dynamique de la réduction des risques, faite de pragmatisme et d’empathie, se heurte à l’idéalisme moralisateur et à l’électoralisme, forcément à courte vue… Elle est portée par un courant d’acteurs de terrain à l’écoute des personnes concernées, plutôt que par des intervenants relayant les objectifs définis au sommet des politiques en matière de drogues.
auteur
Dr Didier TOUZEAU
Dr Didier TOUZEAU

Médecin
Addictologie / toxicomanies et alcoologie
Groupe hospitalier Paul Guiraud, Villejuif
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Psychiatrie
Mots-clés