Mise au point

La réduction des risques, c'est aussi l'affaire de la tabacologie

Mis en ligne le 17/03/2016

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Deux observations de réduction de consommation de tabac, faites dans 2 cadres différents, nous aident à réfléchir à plusieurs thèmes : les bénéfices sanitaires que l'on peut en attendre, la part active du patient dans les soins de sa maladie chronique, qu'elle soit addictologique et/ou somatique, l'apport d'un suivi long chez des patients que l'on perdrait de vue sans cette proposition de stratégie de prise en charge, ses effets positifs sur la qualité de vie et leur ressenti de bien-être, l'opportunité d'élargir nos propositions de soins en addictologie… En un mot : la prise en compte de la réduction des risques en tabacologie, avec toutes ses interrogations et implications.

  • Mme H. est en soins de suite et de réadaptation addictologique (SSRA), dans un établissement accueillant un public exclusivement féminin, pour un séjour de 3 mois. Notre patiente est âgée de 46 ans. Elle perçoit l'AAH (allocation adulte handicapé) pour un trouble bipolaire  actuellement stabilisé. Dans ses antécédents personnels, nous notons une dépendance ancienne au cannabis. Sa dépendance à l'alcool − à l'origine de son admission − aprovoqué des dommages à type de polynévrite des membres inférieurs, et une fibrose hépatique débutante. Sans compter les multiples cicatrices cutanées et osseuses faisant suite à des chutes et à des violences graves subies sous l'emprise du produit alcool de la part d'un ex-conjoint actuellement incarcéré.
  • Le cas d'Hervé, 45ans, est plus douloureux. Il rencontre la tabacologue pour la première fois en septembre 2013, à la demande de son pneumologue, très patient et persuasif qui a, enfin, réussi à lui faire prendre ce rendez-vous, non désiré. Hervé souffre d'une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) post-tabagique sévère, avec emphysème (volume expiratoire maximal par seconde [VEMS] : 30 % de la valeur théorique), depuis longtemps, sans jamais avoir envisagé d'arrêter de fumer. Son CO expiré est de 24 ppm, 1 heure après la dernière cigarette, avec 15 cigarettes/jour.
auteurs
Dr Jacqueline KERJEAN

Médecin, Addictologie / toxicomanies et alcoologie, Centre hospitalier de Bretagne-Sud, Lorient, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Addictologie
thématique(s)
Tabagisme
Mots-clés