Dossier

Perfusion hypothermique du greffon hépatique

Mis en ligne le 14/12/2016

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Le recours de plus en plus fréquent à des greffons marginaux ou provenant de donneurs décédés d'un arrêt cardio-circulatoire (DDAC) a conduit les équipes de transplantations à développer des moyens d'optimiser la préservation du greffon. Dans ce contexte, la perfusion ex vivo, de l'organe, avant implantation, à l'aide d'une machine dédiée, a regagné de l'intérêt. La première série de patients transplantés avec des greffons perfusés en hypothermie non oxygénée date de 2010. Il apparait que, comparé à un groupe de patients appariés, la perfusion est associée à une diminution des retards de reprise de fonction et de l'intensité du syndrome de reperfusion. Des travaux expérimentaux ont démontré que l'oxygénation passive de la perfusion hypothermique, c'est-à-dire sans transporteur de l'oxygène, protège l'intégrité mitochondriale, et permet de diminuer les lésions d'ischémie reperfusion. Ce protocole appelé HOPE (Hypothermic Oxygenated PErfusion), a fait la preuve de son innocuité en transplantation chez l'homme. Appliqué à des greffons de DDAC, HOPE améliore significativement la survie du greffon en diminuant l'incidence des cholangiopathies. À ce jour, quelques machines de perfusion hépatique ont obtenu le marquage CE (conformités aux normes européennes. La perfusion du greffon hépatique est un domaine en pleine évolution, dont l'impact médico-économique doit être évalué.

Les machines de perfusion (MP) de greffons sont en réalité un outil ancien, utilisé lors des premières transplantations rénales chez l'homme, avant le développement des solutions de préservations statiques. Le perfusât, composé principalement de plasma frais congelé, était oxygéné. Des durées de perfusion allant jusqu'à 17 heures ont même été rapportées. Cependant l'approche par conservation statique (CS) hypothermique, permise grâce à la mise au point des premières solutions de préservation au début des années 1970, a conduit à l'abandon de ces MP ex vivo, trop complexes, moins efficaces et plus risquées. La pénurie d'organes a contraint les équipes de transplantation à élargir les critères d'acceptation des greffons et à envisager l'utilisation de greffons issus de donneur décédés d'un arrêt cardio-circulatoire (DDAC). Le recours à de tels greffons, ayant par définition souffert d'ischémie chaude, est possible, mais s'associe à un risque accru de non-fonction et de sténose biliaire non anastomotique, entraînant une diminution significative de la survie du greffon comparativement aux greffons de donneurs en état de mort encéphalique.

Liens d'interêts

M.A. Allard déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

R. Adam n’a pas précisé ses éventuels liens d’intérêts.

auteurs
Dr Marc-Antoine ALLARD

Médecin, Chirurgie générale, Centre hépatobiliaire, Hôpital Paul-Brousse, Villejuif, France

Contributions et liens d’intérêts
Pr René ADAM

Médecin, Chirurgie viscérale et digestive, Centre hépatobiliaire, AP-HP, hôpital Paul-Brousse, Villejuif, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Hépatologie,
Transplantation
thématique(s)
Foie
Mots-clés