Editorial

Le prélèvement d’organe chez les donneurs décédés après arrêt circulatoire : est-ce une bonne voie pour augmenter le nombre de transplantations ?

Mis en ligne le 15/10/2015

Auteurs :

Lire l'article complet (pdf / 237,52 Ko)

Augmenter le nombre de donneurs d’organes pour répondre à la demande croissante des patients en attente de transplantation reste un défi pour notre société. Pour cela, les modifications apportées à la loi de bioéthique en 2011 élargissent le cadre des donneurs vivants avec, en plus de la famille et du conjoint, la possibilité de don entre personnes ayant un lien affectif étroit, stable et avéré depuis au moins deux années. Les transplantations rénales ABO incompatibles et, encore marginales car débutantes, les transplantations à partir de dons croisés, contribuent à l’augmentation du nombre de greffes. En France, l’activité globale de transplantation à partir de donneurs vivants progresse (+12,3 % en 2013 par rapport à 2012), mais ne représente que 13 % de l’activité de greffe rénale (contre 8 % en 2008). En parallèle, les actions concernant le don à partir de donneurs en état de mort encéphalique (DDME) se poursuivent. L’amélioration du recensement et la baisse du taux d’opposition exprimée par les proches (35 % environ des donneurs prélevables, 1 000 refus par an, dont 700 liés au refus des proches en l’absence des positions connues du défunt) restent toujours parmi les principaux objectifs d’amélioration de l’Agence de la biomédecine (ABM). Le développement de la perfusion des greffons rénaux est aussi un axe en développement dans le but d’améliorer la qualité des organes prélevés chez les donneurs dits à critères étendus, et ainsi diminuer le nombre des greffons écartés (10,7 % de reins prélevés non greffés en 2013). Malgré cela, les possibilités d’augmentation du nombre des DDME semblent limitées (24,7 donneurs prélevés par million d’habitants [pmh] en 2013) comme dans de nombreux pays qui nous entourent et qui voient un plafonnement de ce mode de prélèvement.

auteur
Pr Jacques DANTAL
Pr Jacques DANTAL

Médecin
Néphrologie
CHU, Nantes
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Transplantation