Dossier

Transplantation pour métastases d'origine colorectale

Mis en ligne le 19/11/2017

Auteurs : Maximiliano Gelli, René Adam

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Pendant plusieurs années, la transplantation hépatique (TH) a été considérée comme une option thérapeutique inadaptée à la prise en charge des métastases hépatiques d'origine colorectale au vu des résultats décevants des séries historiques et de la pénurie de greffons. Avec les progrès observés au cours de la dernière décennie dans les différents domaines de la transplantation et de la cancérologie, et sur la base des résultats encourageants d'une étude norvégienne récente, le rôle de la TH pour métastases hépatiques colorectales définitivement non résécables est redevenu d'actualité, en l'absence d'option thérapeutique à visée curative.

Une limite majeure est cependant représentée par le taux élevé de récidives précoces. Une meilleure définition des critères de sélection et une combinaison optimale entre TH et chimiothérapie périopératoire constituent probablement la meilleure voie pour statuer définitivement sur le rôle de la transplantation dans la prise en charge du cancer colorectal métastatique.

La résection chirurgicale à visée curative représente le traitement de référence des métastases hépatiques d'origine colorectale (MHCR) potentiellement résécables, en tant que seule option thérapeutique permettant une survie prolongée (survie à 5 ans > 40 %) [1] . Cependant, seuls 10 à 20 % des patients sont considérés comme initialement résécables et d'emblée éligibles à une chirurgie hépatique potentiellement curative. En cas de MHCR non résécable, grâce aux progrès de la chimiothérapie, la réponse tumorale est devenue l'objectif principal de la stratégie thérapeutique, pour convertir à la résection les métastases initialement non résécables et offrir des taux de survie légèrement inférieurs à ceux des métastases initialement résécables (survie à 5 ans de 33 %) [2] mais très nettement supérieurs à ceux de la chimiothérapie seule.

Lorsqu'une chirurgie macroscopiquement complète reste irréalisable, même en cas de réponse tumorale, le traitement actuel repose exclusivement sur la chimiothérapie, avec un pronostic sombre, caractérisé par une survie à 5 ans n'excédant pas 10 %, même en cas de maladie hépatique exclusive (3) .

Liens d'interêts

M. Gelli déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

R. Adam n’a pas précisé ses éventuels liens d’intérêts.

auteurs
Dr Maximiliano GELLI

Médecin, Chirurgie viscérale et digestive, Centre hépatobiliaire, AP-HP, hôpital Paul-Brousse, Villejuif, France

Contributions et liens d’intérêts
Pr René ADAM

Médecin, Chirurgie viscérale et digestive, Centre hépatobiliaire, AP-HP, hôpital Paul-Brousse, Villejuif, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Transplantation,
Oncologie digestif
thématique(s)
Cancer colorectal,
Foie
Mots-clés