Quid des inhibiteurs de la voie proximale du complément dans les HPN hémolytiques ?

Le Pr Risitano explique en premier lieu le mécanisme d’hémolyse extravasculaire des patients sous éculizumab, responsable au moins en partie de la persistance d’une anémie chez certains malades traités. En effet, l’éculizumab bloque le complément au niveau de la fraction C5, mais n’empêche pas la fixation du C3 en amont à la surface des cellules, responsable de la destruction partielle des globules rouges dans le foie et la rate (macrophages). Ensuite, le Pr Risitano détaille 3 nouvelles molécules en développement qui permettront de bloquer le complément au niveau de la fraction C3 et donc d’empêcher cette hémolyse extravasculaire, et possiblement d’améliorer la réponse. Le premier traitement est un anti-C3 par voie sous cutanée (pegcétacoplan développé par le laboratoire Apellis) qui a montré une supériorité par rapport à l’éculizumab dans une étude de phase III randomisée internationale présentée à l’EHA. Les 2 autres sont des traitements oraux qui inhibent le facteur B (iptacoplan développé par le laboratoire Novartis) et le facteur D (danicopan développé par le laboratoire Alexion). Ces 2 médicaments ont montré des résultats très intéressants en phase II, rapportés à l’EBMT pour le premier et à l’EHA pour le deuxième. Des études de phase III débutent pour confirmer l’intérêt de ces 2 molécules et des études à long terme seront de toute façon nécessaires pour les 3 médicaments afin de vérifier que l’efficacité est maintenue dans le temps.