Congrès/Réunion

124e Congrès de la Société française d'ophtalmologie 2018
5-8 mai 2018, Paris

Mis en ligne le 22/10/2018

Auteurs : A. Lecleire-Collet

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Facteurs pronostiques de réponse au traitement par implant de dexaméthasone chez des patients ayant un œdème maculaire diabétique naïf

(d'après Lereuil T et al., abstr. 216)

Il s'agit d'une étude rétrospective multicentrique française (cohorte de l'étude NAVEDEX) ayant inclus 129 yeux (107 patients) atteints d'un œdème maculaire diabétique (OMD) naïf de traitement intravitréen. Le suivi moyen a été de 17 mois. L'acuité visuelle (AV) initiale moyenne était de 54 lettres. Les yeux pseudophakes représentaient 54 % des cas. Le gain moyen d'AV à 2 ans était de +7 lettres. La présence d'une altération de la ligne des photorécepteurs, de points hyperréflectifs ou de DRIL (Disorganization of Retinal Inner Layers) était significativement associée à une AV finale plus basse, mais pas au gain d'AV. Les patients ayant ces lésions à l'OCT tirent donc aussi un bénéfice des injections. Les autres facteurs (statut cristallinien, liquide sous-rétinien, exsudats centraux, antécédent de laser focal, panphotocoagulation rétinienne complète) n'étaient significativement associés ni à l'AV finale ni au gain d'AV.

Sensibilité de l'OCT-angiographie pour la détection des néovaisseaux associés aux décollements de l'épithélium pigmentaire

(d'après Cohen SY et al., abstr. 350)

Voici une étude monocentrique rétrospective incluant des cas consécutifs de décollements de l'épithélium pigmentaire (DEP) vascularisés (diagnostiqués en imagerie multimodale, dont OCT-angiographie [AngioPlex®]), naïfs ou non de traitement. La sensibilité de l'OCT-­angiographie pour détecter les néovaisseaux (NV) de type 1 avec un DEP < 250 µm (37 yeux étudiés) a été de 89 % en cas de segmentation automatique (analysée par un premier lecteur) et de 100 % en cas de segmentation manuelle (analysée par un second lecteur). En cas de DEP > 250 µm (57 yeux étudiés), elle a été de 40 % en cas de segmentation automatique et de 56 % en cas de segmentation manuelle (différence très significative en fonction de la hauteur du DEP). La détection des NV de type 1 devient positive au fil du suivi sous traitement pour 9 yeux sur 18. La faible sensibilité de détection des NV dans les DEP vascularisés > 250 µm semble corrélée à des difficultés de segmentation liées aux contours de l'EP surélevé ou à une atténuation du signal liée au DEP (pigment de l'EP, composante séreuse du DEP). Le taux de détection est plus bas sur les yeux naïfs de traitement (maturation des NV sous anti-VEGF ?).

En conclusion, les images d'OCT-angiographie avec segmentation automatique doivent être interprétées avec prudence dans les DEP vascularisés, et les expertises de l'orthoptiste et de l'ophtalmologiste sont requises (amélioration de la détection par segmentation manuelle).

L'épaisseur choroïdienne, un nouveau marqueur d'activité en pathologie maculaire ?

(d'après Dot C et al., SFRétine)

Le but de cette étude prospective bicentrique menée sur 9 mois était d'évaluer l'épaisseur choroïdienne en OCT-Spectral Domain en mode EDI (Enhanced Depth Imaging) en dehors (T0) et lors des récidives (T1) de DMLA exsudative ou d'OMD (atteinte unilatérale).

Respectivement 119 et 60 épisodes complets (T0/T1) ont été analysés pour les patients atteints de DMLA exsudative et d'OMD.

Une augmentation significative de l'épaisseur choroïdienne lors des récidives de DMLA exsudative et d'OMD et une diminution significative de l'épaisseur choroïdienne au cours du suivi ont été notées. La choroïde apparaît comme un tissu cinétique hautement réactif. L'épaisseur choroïdienne semble être un facteur associé à la récidive, voire peut-être un précurseur de la récidive.

Rapport SFO 2018 : “Urgences en ophtalmologie”

(J.L. Bourges)

Le nombre de demandes de soins non programmés ophtal­mologiques (DSNPO) a été estimé selon B. Rottier et al. à environ 10 millions par an. Environ 5 millions seraient vues par les pharmaciens, 3 millions par les généralistes, 800 000 par les ophtalmologistes libéraux, 500 000 par les systèmes d'urgences institutionnels, et le reste serait de l'automédication. Ainsi, un(e) Français(e) consultera 4 fois dans sa vie pour une DSNPO. La traumatologie représente actuellement 1 urgence ophtalmologique sur 5, et sa part a considérablement diminué depuis l'an 2000. En revanche, les accidents sous lentilles et les kératites infectieuses augmentent.

Rougeur, douleur, altération ou baisse visuelles et larmoiement constituent environ 80 % des symptômes présentés par les patients en DSNPO. La conjonctivite est la première cause de DSNPO.II


Liens d'interêts

A. Lecleire-Collet déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Amélie LECLEIRE-COLLET
Dr Amélie LECLEIRE-COLLET

Médecin
Ophtalmologie
Clinique Mathilde, Rouen
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Ophtalmologie