Editorial

Chicago 2018 : entre désescalade des traitements conventionnels et progression de l'immunothérapie

Mis en ligne le 26/07/2018

Mis à jour le 01/08/2018

Auteurs : Pr Jean-François Morère

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La devise de ce congrès était Delivering discovery: Expanding the reach of precision medicine.

Si la médecine de précision a bien été abordée, ce sont cependant la désescalade des traitements conventionnels et le foisonnement de travaux concernant l'immunothérapie qui ont marqué cette réunion.

Sur le plan “épidémiologique”, voyons tout d'abord quelques chiffres qui vont nous planter le décor :

  • plus de 30 000 participants ;
  • 2 500 travaux présentés ;
  • le cancer bronchique est le thème dominant (50 % des travaux discutés), suivi du cancer du sein. Les autres thèmes ont paru être réduits à la portion congrue.

La désescalade des traitements a été particulièrement évidente dans le cancer du sein.

L'étude PERSEPHONE en est une bonne illustration. Dans celle-ci, 4 088 femmes atteintes d'un cancer du sein HER2+ à un stade précoce ont été traitées après randomisation soit par trastuzumab 12 mois, soit par trastuzumab 6 mois ; toutes avaient en outre reçu une chimiothérapie (fondée sur une anthracycline et/ou un taxane) à l'enrôlement dans l'essai.

Les résultats de cet essai démontrent que 6 mois de traitement ne sont pas inférieurs à 12 mois en termes d'efficacité. Mieux que cela, la tolérance à 6 mois est meilleure, avec moins d'insuffisances cardiaques (4 versus 8 %)… CQFD.

L'autre étude faisait effectivement appel à la médecine de précision, toujours dans le cancer du sein : l'étude TAILORx, “taillée à façon” au moyen d'un test pronostique de 21 gènes.

Dans cette étude de phase III, randomisée, 10 273 patientes opérées d'un cancer du sein RH+, HER2– ont été incluses. Selon J.A. Sparano, l'auteur principal, cette étude montre que l'on peut se passer de la chimiothérapie dans 70 % des cas au profit d'une hormonothérapie seule.

À l'inverse, dans le bouillon de culture immunothérapeutique, de nombreuses études plaidaient pour une escalade thérapeutique. Ces études proposaient, en effet, d'associer la chimiothérapie classique à l'immunothérapie chez nombre de patients atteints d'un cancer du poumon.

Grâce aux experts de La Lettre du Cancérologue, vous pourrez vous forger votre propre idée en ayant accès aux détails de ces études et à leur mise en perspective.

Vous trouverez également les Highlights de ce congrès dans les autres thématiques : chimiothérapie adjuvante du cancer du pancréas, absence d'effet de la néphrectomie dans les cancers du rein métastatiques, etc., autant d'études, en particulier françaises, remarquées.

Allez (aussi) les Bleus de la cancérologie !

Liens d'interêts

J.F. Morère déclare avoir des liens d’intérêts avec Roche et Pierre Fabre.

auteur
Pr Jean-François MORÈRE
Pr Jean-François MORÈRE

Médecin
Radiothérapie
CHU Paul Brousse, Villejuif
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Oncologie générale
Mots-clés