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La curiethérapie prostatique

Mis en ligne le 01/07/2001

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La curiethérapie prostatique connaît un regain d’intérêt depuis quelques années, au vu des résultats publiés par plusieurs équipes américaines. Elle consiste à implanter, sous contrôle échographique, des grains radioactifs (iode 125 ou palladium). Ces grains sont implantés de manière définitive. Ils permettront de délivrer une dose élevée à l’ensemble du volume prostatique à très faible débit de dose. Les indications en sont bien précises : adénocarcinome prostatique localisé à la glande (T1c-T2), avec un PSA < 10 (pour certains <= 15) et un score de Gleason <= 7 (pour certains <= 6). Une résection transurétrale antérieure est une contre-indication à la méthode, car le risque d’incontinence urinaire post-curiethérapie est alors élevé. Sous couvert de ces critères de sélection, le résultat carcinologique à 10 ans est équivalent à celui des deux autres méthodes de traitement reconnues du cancer prostatique, la chirurgie ou la radiothérapie externe. Comme alternative thérapeutique, la curiethérapie possède plusieurs avantages : elle ne nécessite qu’une courte hospitalisation, les effets secondaires immédiats ne se résumant le plus souvent qu’à une dysurie temporaire. Celle-ci est cependant parfois sévère, avec des brûlures mictionnelles intenses allant jusqu’à la rétention vésicale complète, qui nécessite un sondage urinaire de quelques jours pour permettre à l’œdème prostatique de s’amender. Au vu des premières études publiées, la curiethérapie semble provoquer moins de séquelles que les autres méthodes : pas d’incontinence (s’il n’y a pas eu de résection prostatique), pas de troubles digestifs ni de rectite radique (si l'implantation a été réalisée de manière correcte). Enfin, la fonction sexuelle paraît préservée dans près de 80 % des cas, alors qu’elle ne l’est que dans 50 % des cas après radiothérapie externe et dans moins de 10 % des cas après chirurgie. Au total, si les indications sont respectées, la curiethérapie prostatique est une méthode rapide et efficace qui semble provoquer moins de séquelles à long terme (en particulier sexuelles) que les autres techniques. Elle nécessite cependant un équipement complexe et une équipe entraînée. De plus, le coût des grains d’iode radioactifs est de l’ordre de 30 000 francs par patient.
centre(s) d’intérêt
Oncologie générale