Dossier

Top 3 des articles de 2017 portant sur les carcinomes hépatocellulaires

Mis en ligne le 02/07/2018

Mis à jour le 05/07/2018

Auteurs : S. Manfredi

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Plusieurs études intéressantes consacrées au traitement du carcinome hépatocellulaire ont été publiées en 2017. La sélection présentée ici concerne plusieurs approches thérapeutiques. La première étude rapporte les résultats d'une deuxième ligne de traitement après échec du sorafénib, la deuxième étude présente les résultats du traitement locorégional par radioembolisation et la troisième se consacre aux résultats de l'immunothérapie. Ces 3 études enrichissent notre arsenal thérapeutique dans cette pathologie où les progrès sont rares. Les données françaises issues du PMSI mettant en évidence les disparités départementales et régionales de prise en charge thérapeutique sont également abordées.

Étude RESORCE (1)

Cette étude multicentrique internationale randomisée a comparé, chez les patients atteints d'un carcinome hépatocellulaire avancé, Barcelona Clinic Liver Cancer Group (BCLC) B ou BCLC C, Child Pugh A, OMS 0-1, dont la maladie progressait après traitement par sorafénib mais ayant toléré le traitement (exclusion des patients ayant arrêté le sorafénib pour intolérance), un traitement de seconde ligne par régorafénib 160 mg/j, 3 semaines sur 4, à un placebo. Les patients étaient majoritairement BCLC C (> 85 %). La randomisation était 2:1 (379 patients ont été traités par régorafénib contre 194 par placebo). L'objectif principal était la survie globale. L'objectif principal est atteint avec une survie médiane de 10,6 mois dans le bras régorafénib versus 7,8 mois pour le bras placebo (p < 0,0001), ce qui correspond à une réduction du risque de décès de 37 %. Cet effet est observé dans tous les sous-groupes, quels que soient l'âge, le sexe, le continent, le taux d'alphafœtoprotéine, la présence ou non d'une thrombose porte tumorale, la cause de la cirrhose et l'extension extrahépatique. Le régorafénib offre donc la possibilité d'une seconde ligne de traitement après progression sous sorafénib, chez des patients encore en bon état général ayant bien toléré cette molécule.

Étude SARAH (2)

Dans cette étude multicentrique française, 467 patients atteints d'un carcinome hépato­cellulaire localement avancé ou non résécable, en échec de traitement par au moins 2 cures de chimioembolisation, Child Pugh A ou Child Pugh B7, OMS 0-1, ont été randomisés entre radioembolisation par SIR-Spheres® Y90 et sorafénib. Les patients étaient majoritairement BCLC C (deux tiers). L'objectif principal était la survie globale. Cette étude est négative quant à son objectif principal, puisque les courbes de survie sont strictement superposables. Il est cependant à noter le maintien d'une meilleure qualité de vie en cas de radioembolisation, ce qui permet de suggérer aux auteurs qu'elle peut être considérée comme une ligne supplémentaire de traitement après échec de la chimioembolisation, avant traitement systémique par sorafénib, en cas de carcinome hépatocellulaire localement évolué.

Étude CheckMate 040 (3)

Il s'agit d'une étude de phase I-II, non comparative, d'escalade de dose, d'immunothérapie par nivolumab, pour le traitement du carcinome hépato­cellulaire avancé. Cette publication rapporte les résultats de la phase I d'escalade de dose et les résultats de la phase d'expansion avec, au total, 214 patients traités à la dose de 3 mg/kg. Cette étude a retrouvé de bons résultats en termes de durée de réponse, quels que soient l'origine de la cirrhose et le traitement antérieur. La durée médiane de réponse était de l'ordre de 10 mois, non atteinte pour certains sous-groupes, avec des survies globales de 83 % à 6 mois et 74 % à 9 mois. Comme pour d'autres cancers, l'immunothérapie est efficace dans un certain nombre de cas et entraîne majoritai­rement des réponses prolongées.

Données PMSI françaises (4)

Cette étude française rapporte les données du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI) se rapportant au carcinome hépato­cellulaire. Elle montre d'importantes disparités d'incidence, mais aussi de traitement entre les différents départements et régions. Cette étude questionne sur l'équité d'accès aux traitements des patients atteints d'un carcinome hépatocellulaire sur notre territoire.

Conclusion

Ces 3 études montrent les progrès réalisés dans la prise en charge des carcinomes hépatocellulaire. Ces progrès sont pour l'instant modestes, mais ouvrent des perspectives prometteuses. À l'avenir, ces progrès devraient être disponibles pour l'ensemble de nos patients.■

Références

1. Bruix J, Qin S, Merle P et al. Regorafenib for patients with hepatocellular carcinoma who progressed on sorafenib treatment (RESORCE): a randomised, double-blind, placebo-controlled, phase 3 trial. Lancet 2017;389(10064):56-66.

2. Vilgrain V, Pereira H, Assenat E et al. Efficacy and safety of selective internal radiotherapy with yttrium-90 resin microspheres compared with sorafenib in locally advanced and inoperable hepatocellular carcinoma (SARAH): an open-label randomised controlled phase 3 trial. Lancet Oncol 2017;18(12):1624-36.

3. El-Khoueiry AB, Sangro B, Yau T et al. Nivolumab in patients with advanced hepatocellular carcinoma (CheckMate 040): an open-label, non-comparative, phase 1/2 dose escalation and expansion trial. Lancet 2017;389(10088):2492-502.

4. Goutté N, Sogni P, Bendersky N et al. Geographical variations in incidence, management and survival of hepatocellular carcinoma in a Western country. J Hepatol 2017;66(3):537-44.

Liens d'interêts

S. Manfredi déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteur
Dr Sylvain MANFREDI
Dr Sylvain MANFREDI

Médecin
Gastro-entérologie et hépatologie
CHU, Dijon
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Oncologie générale,
Oncologie digestif
Mots-clés