Mise au point

Statines et risque de diabète : réalité et prise en charge

Mis en ligne le 12/10/2017

Auteurs : B. Cariou

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Les statines sont les hypercholestérolémiants les plus utilisés en prévention cardiovasculaire. Des analyses post-hoc issues des essais cliniques randomisés contre placebo ont démontré récemment que leur usage était associé à une augmentation du risque de développer un diabète de type 2 (DT2). Ceci a été confirmé par la suite dans des études observationnelles, mais aussi par les analyses génétiques de randomisation mendélienne. Ce risque est plus marqué avec les fortes doses de statines et chez les patients à risque de DT2 (pré-diabétiques, syndrome métabolique, sujets âgés). Les mécanismes moléculaires sous-jacents demeurent largement incompris, même si des données suggèrent que les statines pourraient altérer la fonction β-cellulaire. Le risque diabétogène des statines ne doit pas limiter leur indication chez les patients à risque cardiovasculaire, car la balance bénéfice-risque demeure en faveur des statines. En revanche, il est important de dépister les patients à risque de DT2 afin de mettre en place une surveillance glycémique et de renforcer les règles hygiénodiététiques.

Les statines sont les hypolipémiants les plus prescrits à l'heure actuelle pour atteindre la cible optimale de LDL-cholestérol (LDL-c). Elles agissent en inhibant l'HMG-CoA réductase (HMGCR), ce qui a pour conséquence de diminuer la synthèse endogène de cholestérol et d'activer le facteur de transcription SREBP2 (Sterol Response Element Binding Protein 2), dont le rôle est de détecter les variations de la quantité de cholestérol dans les cellules. SREBP2 stimule ensuite la transcription du récepteur du LDL-c (LDLR) au niveau hépatique, ce qui permet le catabolisme du LDL-c (1). De nombreux essais cliniques randomisés ont démontré qu'abaisser le LDL-c via les statines permet de réduire les événements cardiovasculaires en prévention secondaire, mais aussi primaire (2). Par exemple, chaque diminution du LDL-c de 38,6 mg/dl (1 mmol/l) avec une statine est associée à une réduction significative de 21 % des événements cardiovasculaires, que les patients soient diabétiques ou non (2).

Liens d'interêts

L’auteur déclare avoir les liens d’intérêts suivants :

– honoraires pour des communications orales dans des symposiums et FMC pour des laboratoires pharmaceutiques : Amgen, AstraZeneca, Eli-Lilly, Pierre Fabre, MSD, Novartis, Novo Nordisk, Regeneron, Sanofi, Servier, Takeda ;

– participation comme investigateur à des études cliniques de phases II-III : Amgen, AstraZeneca, Boehringer-Ingelheim, BMS, Eli-Lilly, Genfit, GSK, Janssen, Lexicon, Merck, Novo Nordisk, Regeneron, Sanofi ;

– consultant, advisory boards : Amgen, MSD, Novo Nordisk, Sanofi.

auteur
Pr Bertrand CARIOU
Pr Bertrand CARIOU

Médecin
Endocrinologie et métabolismes
CHU, Nantes
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Cardiologie,
Endocrinologie
thématique(s)
Diabète
Mots-clés