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Chimiothérapie intra-artérielle hépatique : un apport important pour le traitement des métastases hépatiques des cancers colorectaux - Actualités aux 26es FFCD

Mis en ligne le 15/11/2015

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La chimiothérapie intra-artérielle hépatique (CIAH) prend une place de plus en plus importante dans les stratégies thérapeutiques des patients ayant des métastases hépatiques non résécables limitées ou prédominantes au foie. L'utilisation de l'oxaliplatine et sa combinaison avec des polychimiothérapies systémiques ont permis de doubler les taux de réponse et d'augmenter les taux de résection secondaire et la survie des patients, et semblent également présenter un intérêt dans le traitement adjuvant des patients à haut risque de récidive hépatique. Parallèlement, le développement des techniques radiologiques de pose et de corrections secondaires a permis de diminuer les complications de la CIAH. Bien que très hétérogènes, ces données incitent à mener des essais prospectifs pour valider les meilleures stratégies.

Les cancers colorectaux (CCR) se compliquent de métastases hépatiques (MH) limitées ou prédominantes au foie chez 30 à 60 % des patients, et sont rarement résécables d'emblée. Il y a donc une justification à intensifier les traitements locaux. La vascularisation des MH étant principalement artérielle, l'administration de chimiothérapie par voie intra-artérielle hépatique (CIAH) permet d'exposer préférentiellement les MH tout en épargnant le foie sain vascularisé à 60 % par la veine porte. De plus, la pharmacologie des antinéoplasiques à forte clairance hépatique plaide pour l'utilisation des CIAH, augmentant l'exposition des tumeurs en limitant l'exposition systémique. Le développement de la CIAH a longtemps été limité par l'utilisation de la floxuridine (5-fluoro-2'-déoxyuridine [FUDR]). En effet, son efficacité a beaucoup été discutée. Une méta-analyse, réalisée à partir de 10 études de phase III, montrait un net bénéfice en termes de réponse objective (RO), mais sans amélioration significative de la survie. Toutefois, ces analyses étaient faites sur des études avec crossover souvent autorisés ; de plus, une des causes d'échec de la CIAH était le développement de métastases extrahépatiques, alors que les associations CIAH + chimiothérapies par voie intraveineuse (i.v.) efficaces n'étaient pas encore utilisées.

auteurs
Dr Simon PERNOT

Médecin, Gastro-entérologie et hépatologie, Hôpital européen Georges Pompidou, Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Olivier PELLERIN

Médecin, Imagerie médicale, Hôpital européen Georges Pompidou, Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
M jacques TAIEB

Médecin, Médecine générale, paris, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie,
Hépatologie,
Oncologie digestif
thématique(s)
Cancer colorectal
Mots-clés