Cas clinique

Grand Prix MICI 2017 - 2e lauréat - Une maladie difficile à avaler

Mis en ligne le 14/11/2017

Auteurs : Nassim Hammoudi, M. Maillet, A.L. Audrain-Cathala, M. Allez, J.M. Gornet, M.L. Tran-Minh

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L'atteinte oesophagienne de la maladie de Crohn est rare (0,2 % des patients) et son traitement, non codifié. Nous décrivons le cas d'un patient ayant développé une oesophagite ulcérée sévère secondaire à une maladie de Crohn.

Un patient, âgé de 23 ans, sans antécédent, consulte en octobre 2006 pour douleurs abdominales, diarrhée, aphtose buccale, aphagie et amaigrissement de 8 kg. Le diagnostic de maladie de Crohn est posé devant une valvule de Bauhin ulcérée, des ulcérations aphtoïdes pancoliques avec des intervalles de muqueuse saine à la coloscopie. La gastroscopie retrouve un vaste ulcère oesophagien creusant à 34 cm des arcades dentaires (figure 1) , avec granulomes à l'histologie. Après l'échec des traitements par acide 5-aminosalicylique (5-ASA), corticothérapie, nutrition parentérale et 6-mercaptopurine, un traitement par infliximab en bithérapie est introduit fi n 2007 permettant une amélioration clinique après l'induction puis une perte de réponse précoce, malgré une optimisation à 10 mg/kg. Un nouveau bilan est réalisé : l'endoscopie retrouve un ulcère hémicirconférentiel oesophagien creusant (figure 2) et le scanner thoracique, un épaississement localisé de l'oesophage au contact de l'aorte. Compte tenu de la gravité clinique, endoscopique et de l'échec du traitement médical, une intervention chirurgicale est discutée, mais il est finalement décidé d'optimiser l'infliximab à 15 mg/kg toutes les 6 semaines. Ce traitement  a permis une rémission clinique prolongée et une cicatrisation endoscopique sur un mode sténosant (figure 3) nécessitant 2 séances de dilatation début 2009 (figure 4) . Il n'y avait pas de signe d'activité inflammatoire. Après désescalade progressive, l'infliximab est arrêté en mai 2010, avec poursuite du 6-mercaptopurine seul, lui-même arrêté en septembre 2016. Le patient est toujours en rémission clinique.

Liens d'interêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

auteurs
Dr Nassim HAMMOUDI

Médecin, Gastro-entérologie et hépatologie, Hôpital Saint-Louis (AP-HP), Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Marianne MAILLET

Médecin, Gastro-entérologie et hépatologie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Anne-Laure AUDRAIN-CATHALA

Médecin, Gastro-entérologie et hépatologie, Hôpital Saint-Louis, Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr Jean-Marc GORNET

Médecin, Gastro-entérologie et hépatologie, Hôpital Saint-Louis, AP-HP, Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
Dr My-Linh TRAN-MINH

Médecin, Gastro-entérologie et hépatologie, Hôpital Saint-Louis, AP-HP, Paris, France

Contributions et liens d’intérêts
centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie
thématique(s)
Maladie de Crohn,
MICI
Mots-clés