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L'interface : La rougeole, un virus hépatotrope !

Mis en ligne le 04/07/2012

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L’épidémie récente de rougeole a permis de confirmer que celle-ci est un virus hépatotrope, du fait de la fréquence non négligeable des atteintes hépatiques dans cette infection. Après la présentation du cas d’un jeune patient ayant eu une rougeole avec hépatite, nous détaillerons les aspects épidémiologique, clinique, biologique et histopathologique de l’atteinte hépatique secondaire à la rougeole.
Observation :
Un homme de 19 ans, sans antécédent personnel ou familial, était hospitalisé en mars 2011 pour un exanthème maculopapuleux dans un contexte de syndrome pseudogrippal avec fièvre.
À l’interrogatoire, on notait initialement une asthénie avec fièvre, céphalées et myalgies. À J4 apparaissait une conjonctivite. Un traitement par oxacilline et paracétamol était instauré. À J6 survenait un rash maculopapuleux diffus. Le patient était alors hospitalisé. À l’examen clinique, on notait une éruption morbilliforme touchant le tronc, les 4 membres et les paumes (figures 1 et 2), un énanthème avec signe de Koplik, un érythème conjonctival avec larmoiements et des adénopathies cervicales bilatérales mobiles. L’auscultation pulmonaire était claire. Le patient décrivait des diarrhées non glairo-sanglantes, avec un abdomen souple, indolore, sans hépatosplénomégalie. Il n’y avait pas de syndrome méningé ni de signe de localisation neurologique.
Sur le plan biologique, il existait une thrombopénie avec 117 000 plaquettes/mm3 et des perturbations du bilan hépatique, avec des ASAT à 72 UI/l (2 × N), des ALAT à 168 UI/l (4 × N), des GGT à 194 U/l (4 × N), des phosphatases alcalines à 119 UI/l (1,5 × N) et une bilirubine totale normale. Les LDH étaient augmentés à 795 UI/l (2 × N). La radiographie thoracique ne montrait ni syndrome interstitiel ni foyer.
Le diagnostic suspecté de rougeole était confi rmé par la sérologie, avec présence d’IgM et absence d’IgG, et par la RT-PCR (Reverse Transcription Polymerase Chain Reaction) positive dans la salive. Le patient n’avait jamais été vacciné contre la rougeole.
Devant les perturbations du bilan hépatique, les sérologies VHB, VHC, VHA, EBV, CMV et TPHA (Treponema Pallidum Hemagglutination Assay)-VDRL (Venereal Disease Research Laboratory) étaient réalisées. Elles se révélaient toutes négatives.
Un traitement symptomatique par antipyrétiques était prescrit. L’évolution était favorable, avec une régression de l’éruption et de l’hyperthermie permettant la sortie d’hospitalisation. Le bilan hépatique se normalisait en 15 jours.
centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie
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