Editorial

De nouvelles molécules et de nouvelles stratégies pour les patients atteints de MICI

Mis en ligne le

Mis à jour le 26/09/2017

Auteurs : Laurent Peyrin-Biroulet

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Pendant près de 2 décennies, les molécules anti-TNF (infliximab, adalimumab, golimumab) étaient les seules biothérapies disponibles dans les maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI). Désormais, nous allons utiliser les molécules ­anti-TNF les moins chères puisque leur brevet est tombé (ou va tomber) dans le domaine public. L'infliximab a été le premier biosimilaire à obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans les maladies inflammatoires en Europe. Depuis, toutes les études de cohortes et les essais randomisés contrôlés ont démontré que les biosimilaires de l'infliximab pouvaient être prescrits en initiation ou en switch. Suivront l'adalimumab, dans quelques mois, puis le golimumab dans quelques années.

Le védolizumab et l'ustékinumab sont 2 anticorps monoclonaux qui ont obtenu récemment une AMM dans la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Le védolizumab fait actuellement face à des difficultés de remboursement dans la maladie de Crohn, et nous espérons que nos autorités de santé sauront revoir leur position en pensant plus aux patients qu'aux économies, certes substantielles, qui seront générées grâce à cette décision. En effet, même si notre arsenal thérapeutique s'accroît à la vitesse grand V depuis quelques années, de nombreux patients sont en échec de tous les traitements disponibles.

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Pendant près de 2 décennies, les molécules anti-TNF (infliximab, adalimumab, golimumab) étaient les seules biothérapies disponibles dans les maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI). Désormais, nous allons utiliser les molécules ­anti-TNF les moins chères puisque leur brevet est tombé (ou va tomber) dans le domaine public. L'infliximab a été le premier biosimilaire à obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans les maladies inflammatoires en Europe. Depuis, toutes les études de cohortes et les essais randomisés contrôlés ont démontré que les biosimilaires de l'infliximab pouvaient être prescrits en initiation ou en switch. Suivront l'adalimumab, dans quelques mois, puis le golimumab dans quelques années.

Le védolizumab et l'ustékinumab sont 2 anticorps monoclonaux qui ont obtenu récemment une AMM dans la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Le védolizumab fait actuellement face à des difficultés de remboursement dans la maladie de Crohn, et nous espérons que nos autorités de santé sauront revoir leur position en pensant plus aux patients qu'aux économies, certes substantielles, qui seront générées grâce à cette décision. En effet, même si notre arsenal thérapeutique s'accroît à la vitesse grand V depuis quelques années, de nombreux patients sont en échec de tous les traitements disponibles.

Nous utilisons les biothérapies depuis 20 ans dans les MICI, mais nous connaissons finalement assez mal leur profil de sécurité. Après CESAME, place à I-CARE, qui a déjà inclus plus de 7 000 patients à travers toute l'Europe !

Les stratégies du ­“treat-to-target” sont à la mode depuis quelques années et sont depuis peu renforcées par la présentation des premiers résultats de l'étude CALM.

Il n'est pas possible de répéter les endoscopies de façon rapprochée, surtout dans la maladie de Crohn. Le boom des outils de suivi non invasifs (IRM, calprotectine fécale, capsule) arrive donc au bon moment ! Le recours à la calprotectine fécale est de plus en plus fréquent et de mieux en mieux maîtrisé (seuil définissant
une cicatrisation muqueuse, conditions de prélèvement, etc.) ; son utilisation au domicile du patient grâce à des applications telles que IBDoc (laboratoires Buhlmann) pourrait changer la donne et ne faire qu'accélérer son emploi dans les MICI, même si le problème du remboursement persiste en France. Le Pr Bourreille prend quant à lui un malin plaisir à défendre une nouvelle fois la place de la capsule dans les MICI, un sujet qui le passionne depuis de nombreuses années. L'IRM de diffusion, développée il y a près de 10 ans (1), est une technique désormais utilisée en routine. Le score de Nancy est le seul score complètement validé qui en tire parti dans les MICI. Il est simple et facile à utiliser (il ne nécessite ni préparation orale, ni lavement, ni jeûne) en pratique clinique.

Le méthotrexate connaît un succès grandissant en monothérapie dans la maladie de Crohn mais surtout en combothérapie, quel que soit le type de MICI, depuis que CESAME a montré une augmentation accrue de certains cancers avec les thiopurines.

Enfin, la prise en charge des patients atteints de MICI s'est complexifiée et il est désormais difficile de ne pas inclure les patients dans un programme d'éducation thérapeutique, comme cela se fait pour d'autres maladies chroniques
telles que le diabète.

Bonne lecture !

Références

Référence

1. Oussalah A, Laurent V, Bruot O et al. Diffusion-weighted magnetic resonance without bowel preparation for detecting colonic inflammation in inflammatory bowel disease. Gut 2010;59(8):1056-65.



Liens d'interêts

L’auteur déclare avoir des liens d’intérêts avec Merck, AbbVie, Janssen, Genentech, Mitsubishi, Ferring, Norgine, Tillotts, Vifor, Pharmacosmos, BMS, UCB Pharma, Hospira, Celltrion, Takeda, Biogaran, Boehringer Ingelheim, Lilly, Pfizer, HAC Pharma, Index Pharmaceuticals, Amgen, Sandoz, Forward Pharma, Celgene, Biogen, Lycera, Samsung Bioepis.

auteur
Pr Laurent PEYRIN-BIROULET
Pr Laurent PEYRIN-BIROULET

Médecin
Gastro-entérologie et hépatologie
CHRU, Nancy
France
Contributions et liens d'intérêts

centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie
thématique(s)
MICI
Mots-clés