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Le piège : Une hépatite sexuellement transmissible

Mis en ligne le 04/07/2012

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Un malade de 37 ans consultait en avril 2001 pour une fièvre oscillante à prédominance vespérale évoluant depuis 3 semaines et une éruption cutanée.
Observation
Ce patient homosexuel avait pour principaux antécédents une hépatite B guérie, un condylome anal opéré, une consommation excessive d’alcool (environ 100 g/j entre 1985 et 1987). L’interrogatoire ne notait aucun signe fonctionnel associé à la fi èvre en dehors d’une asthénie. Il n’y avait aucune prise médicamenteuse, aucun séjour à l’étranger, pas de toxicomanie. L’examen clinique notait une hépatomégalie mousse, une éruption papuleuse palmoplantaire (fi gures 1 et 2) et une ulcération labiale inférieure (fi gure 3). Il n’y avait pas d’ictère, ni de signe d’insuffi sance hépatocellulaire. Les aires ganglionnaires étaient libres. Il n’existait pas d’ulcération génitale. Le bilan hépatique notait une discrète cytolyse prédominant sur l’alanine aminotransférase (ALAT) à 2 fois la normale (N), une cholestase anictérique avec une activité de la gammaglutamine transférase (GGT) à 3 N et des phosphatases alcalines à 1,6 N, ainsi qu’une hyper-gammaglobulinémie à 20 g/l. L’échographie abdominale montrait une hépatomégalie homogène sans splénomégalie ni adénopathie profonde. La numération formule sanguine était normale. Les sérologies des hépatites A et B montraient des infections anciennes et guéries ; la sérologie de l’hépatite E était négative. La sérologie et la recherche d’ARN du virus de l’hépatite C étaient négatives. Les sérologies concernant les Herpes Viridae (Epstein-Barr, Herpes Simplex, cytomégalovirus) montraient une immunité ancienne. Le bilan auto-immun (anticorps anti-mitochondries, antimuscles lisses, anti-nucléaires et anti-coagulants circulants) était négatif. La sérologie de la syphilis, demandée en raison des lésions cutanées, montrait un TPHA (Treponema pallidum haemagglutination assay) à 1/20 480 (N << 1/80), un VDRL (Venereal disease research laboratory) positif (1/16) et un FTA (Fluorescent treponemal antibody) au 1/3 200 (N << 1/200).
Le diagnostic de syphilis secondaire était confi rmé par la mise en évidence du tréponème sur les lésions cutanées après examen au microscope à fond noir.
L’évolution était rapidement favorable après traitement par la pénicilline G benzathine (2,4 millions d’unités en intramusculaire, 2 injections à une semaine d’intervalle). L’apyrexie était obtenue en 48 heures et les lésions cutanées disparaissaient en quelques jours. Le bilan hépatique s’est normalisé en un mois.
centre(s) d’intérêt
Gastroentérologie
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