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Brèves - Réponses FMC

Mis en ligne le 01/09/2001

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Guinée : étude de la prise en charge à domicile des enfants atteints de paludisme Le paludisme, problème majeur de santé publique en Afrique subsaharienne, représente de 20 à 50 % de l'ensemble des consultations des centres de santé. C'est de loin la plus grande cause de mortalité dans les hôpitaux, estimée à deux millions par an, dont une grande majorité d’enfants. Pour réduire cette hécatombe, l’OMS a mis en place plusieurs programmes : établissement du diagnostic le plus rapidement possible, prescription précoce d’antimalariques chez tous les enfants fébriles (Diallo AB. Bull OMS 2001 ; 79 : 28-32). La fièvre est le plus souvent constatée à domicile par la mère, qui donne les premiers soins. En Guinée, une étude a été effectuée en zone rurale pour évaluer les traitements antipaludiques à domicile. Sur 784 enfants examinés de moins de 5 ans (376 garçons et 408 filles), 23 % étaient fébriles (>= 37° C), et plus de 50 % présentaient un frottis positif à Plasmodium, dont 95,3 % à P. falciparum, 1,4 % à P. ovale et P. malariae et 1,9 % à l’association P. falciparum et P. malariae. Il est intéressant de comparer les enfants fébriles et non fébriles. Un frottis positif était deux fois plus fréquent chez les enfants fébriles que chez les non fébriles. De même, une densité supérieure à 4 000 parasites par microlitre était quatre fois plus fréquente chez les enfants fébriles que chez ceux qui n’avaient pas de fièvre. L’autotraitement par la chloroquine a été donné à 34 % des enfants, et celui par les produits traditionnels à 21 %, en sachant que seulement 7 % des mères savaient lire et écrire. D’après cette étude, les mères ont toujours une certaine difficulté à reconnaître le diagnostic et à donner le bon traitement. Aussi l’OMS est-elle assez pessimiste en ce qui concerne l’autotraitement et la réduction rapide de la morbidité et la mortalité des jeunes enfants tant que l’éducation des mères n’aura pas atteint un niveau minimal. Néanmoins, ce pessimisme est contredit par les résultats d’une étude similaire faite en Éthiopie dans vingt-quatre départements, qui ont bien montré que le simple enseignement dispensé aux mères sur les bonnes indications et les posologies correctes de la chloroquine a permis de diminuer de 38 % la mortalité infantile due au paludisme (Kidane G et al. Lancet 2000 ; 356 : 550-5). Une prise en charge correcte des accès simples de paludisme de l’enfant à domicile par une mère avertie semble être une assez bonne alternative à l’impossibilité de pouvoir consulter dans un centre de soins, qui reste la référence obligatoire s’il s'agit d’un accès pernicieux. P. Bourée
centre(s) d’intérêt
Infectiologie